Les pièces de début de l’automne

Une soirée au théâtre pour se changer les idées

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Par Jean-Baptiste Henry

La Vénus au vision : du 11 septembre au 19 octobre 2013 au théâtre Duceppe

La pièce est mise en scène par Michel Poirier et ses deux interprètes, Helene Bourgeois-Leclerc et Patrice Robitaille, qui nous offre une prestation de haute qualité.

C’est l’histoire d’un auteur et metteur en scène, Thomas  qui adapte pour le théâtre le roman de Leopold Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure. Le dramaturge est à la recherche du rôle féminin de sa pièce, une jeune femme à l’image du 19e siècle à la fois profonde et puissante. Désespéré et épuisé par les auditions, Vanda une jeune actrice débarque et bien déterminée à obtenir le rôle.

Elle plonge directement dans le rôle, invitant Thomas a rentré dans son jeu d’interprétation. Les deux personnages rentrent dans une interaction intellectuelle qui mêle des réflexions sur la séduction, le pouvoir, l’amour, le couple et les rapports de force hommes / femmes. C’est alors qu’une simple audition se transforme en une rencontre captivante, entre un auteur et une actrice, avec des inversions des forces à chaque instant.

Les deux acteurs habitent la pièce sans nul doute, avec une parfaite maitrise de la situation. Ils mêlent aussi l’art du langage passant du québécois familier à un français international. Ils prennent plaisir sur scène et cela se sent dans leurs dialogues, leurs attitudes et postures, assurant une grande cohérence à l’ensemble.

La Vénus au Vision est un véritable coup de cœur de cette rentrée, qui nous plonge la tête baissée vers les travers de la fragilité humaine et de nos désirs.

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L’Ouest solitaire : du 17 septembre au 5 octobre 2013 au théâtre Prospero

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©Andree-AnneBrunet

Lucien Bergeron et Marc-André Thibault sont réunis pour jouer cette pièce, mise en scène par Sébastien Gauthier.

C’est l’histoire de deux frères, liés par la haine aussi féroce qu’infantile, qui est devenue leur moteur de vie. La pièce débute lorsqu’ils viennent d’enterrer leur père, mort d’un « accident » avec un fusil. Dans leur maison, peu de visites à l’exception du curé (Frédéric-Antoine Guimond) et une fille de 17 ans (Marie-Eve Milot) qui vend de l’alcool de contrebande.

Les deux acteurs principaux ne ménagent pas leur énergie car il faut jouer vite, presque manger les mots du texte pour être au plus proche des pulsions des personnages. C’est un vil jeu de tensions permanentes entre les deux frères, ce qui alimente le parfum de haine, de misérable et de pathétique, qui entoure cette comédie noire. A chaque instant, tout pourrait basculer à l’inévitable entre les deux frères. Comme échappatoire à cette ambiance morbide, le texte prévoit des touches d’humour noir.

L’Ouest solitaire, c’est une parfaite illustration d’un monde étouffant, un monde débordant de violence.

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La Carnivore pourpre : du 18 septembre au 5 octobre 2013 au théâtre Denise Pelletier

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©Frédéric Millaire Zouvi

C’est l’histoire d’un moine (Jean Maheux) et de son assistante (Tania Kontoyanni), sur un fonds historique des années 1930 au Québec, mise en scène par Maryse Pelletier.

Les deux scientifiques sont dans un laboratoire, cloitrés, partageant leur passion commune de la botanique et de la flore québécoise à travers l’élaboration d’un ouvrage. Rapidement, les désirs humains prennent le dessus sont l’intérêt scientifique.

La pièce était prometteuse, en mettant en perceptive l’histoire religieuse du Québec. Mais l’intérêt disparaît au profit des échanges lubrique du frère Edmont et de son assistante, créant ainsi des incompréhensions, parfois de l’ennui. La mise en scène y est aussi pour quelque chose, le spectateur se perd dans la pièce. Tel un match de tennis, le public doit suivre les acteurs qui se déplacent d’un bout à l’autre de l’espace scénique. Globalement, il y a un gros manque de fluidité, de la mise en scène au jeu des acteurs.

Cependant, il est toujours intéressant d’aller  voir une interprétation du contexte historique des engagements religieux et des mœurs du Québec à la fin des années 1930.

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