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Emi Jeen – Entrevue dans les coulisses de la salle Le Ministère

Un style unique

Crédit photo: Facebook officiel

Par Lucia Cassagnet

Emi Jeen, Emilie Bernier de son nom de naissance, était de passage mercredi soir sur le boulevard Saint-Laurent dans la salle Le Ministère. Environ une heure avant son spectacle, la jeune artiste alt-pop s’est assis avec MatTv pour une entrevue.

Son nom d’artiste qui fait une référence évidente à son prénom, est aussi un hommage subtil à sa mère.

« Quand j’étais jeune, genre sept ans, j’ai commencé à chanter avec elle dans les bars, donc c’est un peu en honneur à ma mère. Je voulais prendre son nom de famille, qui est Jean, donc Jeen pour que ça se dise bien en anglais et en français. »

En plus, après avoir « tout essayé avec Bernier, il n’y avait vraiment rien… » elle a ajouté.

Avec un style qui fait rebelle et féminine, les influences viennent d’une anecdote propre à son village d’origine, Saint-Jean-Port-Joli.

« Quand j’étais jeune, dans mon petit village, il y avait une friperie. On n’allait pas beaucoup à Québec donc j’ai vraiment été inspirée de cette mode. Il y avait plein de mixes, ça a un peu commencé comme ça. Je prenais ce qu’il y avait, » explique Emi Jeen.

En ce qui trait aux cheveux – soit en deux hautes couettes aux côtés ou en tresses – l’artiste admet que le style a rencontré le confort. « C’est chaud sur la scène, je bouge beaucoup et c’est très pratique. »

Les autres influences qui l’ont définie provenaient de sa famille. En grandissant, son frère écoutait Metallica et Nirvana, sa mère Céline Dion et Whitney Houston – « les divas » – et elle-même écoutait beaucoup de Christina Aguilera.

Malgré avoir vécu dans un village « super francophone » pendant longtemps, l’anglais était toujours présent dans son univers musical.

« Mon son, mon teint de voix, c’est en anglais que je voyais ça. J’ai appris l’anglais à l’école et à Montréal, en immersion pendant six mois à Hawaï, et en faisant un bac à Concordia. C’était un peu comme un calling pour moi, » avoue Emi Jeen.

Toutefois, ceci n’empêche pas des projets en français dans le futur…

Une femme dans un monde d’hommes

« Je trouve qu’on ne voit pas assez de femmes dans l’industrie. J’essaye dans mon équipe d’avoir le plus de femmes possibles. Ce n’est pas toujours facile. Par exemple, ce soir, l’éclairagiste, la personne qui s’occupe des écrans, ma co-gérante, c’est toutes des femmes » partage Emi.

Dans l’intimité de sa loge, elle m’a avoué qu’elle adore ses boys mais parfois elle aimerait ça avoir une guitariste si Hubert ne peut pas…

Partageant l’influence de la grande artiste féminine alt-pop qui a ouvert le chemin, Avril Lavigne, Emi Jeen reconnaît que la place occupée par les femmes commence à se développer. « Ça commence à y aller, ça s’en vient. »

« Il commence à avoir beaucoup de femmes dans l’alt-pop et ça fait du bien. C’est vraiment le fun. Je trouve qu’à Toronto il y a vraiment une belle communauté aussi. On nous supporte beaucoup. »

Par contre, selon l’artiste, il y a quand même du chemin à parcourir. Surtout, dans les grands évènements. « Des fois on voit des festivals, c’est fou, il n’y a presque pas de femmes! » exclamait Emi Jeen.

En ce qui trait aux collaborations de rêve, à l’international Halsey est sa préférée, mais aussi, une collaboration « duo français de filles » avec nulle autre que Marie-Mai serait un mélange qui la rendrait fière.

Même ses influences musicales du moment, soit Halsey, Avril Lavigne, Bishop Briggs et Lolo – originaire de Toronto – représentent des figures féministes de l’industrie musicale.

Dans le futur, un défi à relever qui la forcerait hors de sa zone de confort serait de créer un évènement dans son village.

« Je suis tellement fière de venir de Saint-Jean-Port-Joli. Je garde ce village dans mon cœur. J’aimerais faire un évènement de style Emi Jeen and friends où on apporterait plein de monde. Je pense qu’il y a des jeunes qui aimeraient voir quelque chose d’autre, de plus pop rock, de plus jeune. »

Ses chansons s’inspirent de ses propres expériences, utilisent son parcours musical comme une forme de thérapie. Emi Jeen inclut aussi des histoires partagées par ses proches. Parfois même, ces derniers se reconnaissent et lui en glissent un mot…

Une tournée qui touche à sa fin

Crédit photo: Facebook officiel

Partageant la scène du Le Ministère avec Kin Crew, un alt-pop duo de Halifax, les spectateurs qui étaient présents mercredi soir ont été gâtés.

Kin Crew, qui avait un nouveau batteur depuis une semaine, a présenté des chansons originales qui rappellent un style entre Simple Plan et Twenty One Pilots.

Le sérieux des émotions qui vibraient à travers les refrains remplis était un peu brisé par le chandail rose et turquoise avec des sourires que portait un des chanteurs. Toutefois, le groupe débutant a su bien réchauffer la scène avant l’arrivée de l’artiste principale.

Finalement, Emi Jeen a débarqué avec une veste en cuir pleine de brillants, exhibant son style typiquement dynamique, puis elle a offert un concert de style « short and sweet » qui mettait en valeur ses talents et ses chansons.

Sa voix, aussi bonne en personne qu’en chanson enregistrée, a su naviguer ses différentes tounes. Seule au piano pour interpréter Runaway, l’intimité de la salle qu’offre Le Ministère embaumait cette performance de sérosité.

« Le spectacle, le but c’est que les gens oublient leurs problèmes, il y a des revirements, on ne sait pas à quoi s’attendre, » m’avait partagé l’artiste plus tôt dans la soirée.

Emi Jeen a monté un bon spectacle, divertissant qui a égayé les spectateurs par son énergie, même si la pluie grise battait dehors sur le boulevard Saint-Laurent.

Crédit photo de couverture: Facebook officiel.

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