Rentrée montréalaise d’Ariane Moffatt

On a besoin de toi, c’est comme ça

ariane_moffatt-11

©Kristina Servant/MatTv.ca

Par Maxime D.-Pomerleau

C’est devant un Métropolis bondé que la chanteuse Ariane Moffatt se produisait vendredi dernier, le 22 mai, à l’occasion du lancement de son cinquième album, 22:22. Le spectacle marquait aussi le coup d’envoi de sa tournée qui s’arrêtera dans plusieurs villes du Québec cet été. Retour sur la soirée concept de l’artiste aux multiples facettes.

L’ambiance était intimiste, malgré les 2000 spectateurs présents, qui formaient parfois un chœur désordonné mais toujours senti sur certaines chansons. Elle a entamé le spectacle avec la pièce titre de son album, sans rompre l’aura de musique électronique sur laquelle le fantastique duo Milk & Bone nous avait laissé auparavant. La chanteuse Laurence Lafond-Baulne est d’ailleurs restée sur scène comme choriste, accompagnée de Jérôme Dupuis-Cloutier à la batterie et Jonathan Dauphinais, à la basse pour une deuxième tournée. Depuis MA, Ariane Moffat est revenue à des grooves plus organiques, mettant les synthétiseurs et la batterie électronique au premier plan.

Clin d’œil à ses 15 ans de carrière musicale comme auteure-compositrice-interprète, Ariane Moffat a subtilement glissé dans le pacing la chanson Hasard, de son premier album Aquanaute, dont la refonte électronique se fondait parfaitement avec les ambiances planantes de 22:22. Après Rêve et Tireurs fous, qui a produit un fort effet avec les projections minimalistes et abstraites en arrière-plan (conçues par la dramaturge Marie Brassard), la chanteuse s’est éclatée en offrant au public des versions plus rock de Je veux tout et L’homme dans l’automobile.

ariane_moffatt-1

Ariane Moffatt a ensuite pris place au piano pour un moment plus introspectif avec la chanson Domenico, inspirée de la mort d’un sans-abri du Mile End bien connu de la musicienne. Elle a d’ailleurs interprété l’émouvante pièce au dernier gala des Jutra pour l’hommage aux disparus. Nous sommes restés dans le ton avec Hôtel Amour, qui a donné la chair de poule et des frissons d’échine à la foule dans cette version dénudée au piano, appuyée par les voix sensuelles de Milk & Bone. Elle est ensuite revenue dans un rythme plus rock-électro pour la reprise suave de In the Air Tonight de Phil Collins. Franchement une excellente interprétation, vibrante et triste à la fois.

Puis ce fût au tour de l’excellente pièce Mon corps, premier extrait de son quatrième album MA. Moffatt nous réservait une autre surprise car le rappeur Eman a bondi sur scène au milieu de la chanson, maniant adroitement les rimes et le rythme RnB de cette nouvelle version. Pour marquer le coup, à 22:22, Soleil Chaleur s’est transformée en Eye of the Tiger, pour enchaîner ensuite avec Réverbère, Debout et Miami, dernier segment qui a transformé la salle en gigantesque plancher de danse.

Au rappel, on a eu droit à une version acoustique avec une simple guitare du classique Point de mire (que la foule a toutefois eu un peu de mal à chanter au complet!) et Montréal, accompagnés de sifflements plus ou moins sur la note! Ces interprétations réussies étaient une preuve de plus que l’artiste se renouvelle sans cesse, sur disque comme en spectacle. Elle amène une couleur différente aux compositions populaires de son registre, qui surprennent et charment l’auditoire. La soirée s’est close sur Toute sa vie, dont les boucles électroniques se sont atténuées longtemps après que les musiciens soient sortis de scène.  Avec ce spectacle, le public a une fois de plus eu l’occasion de voir l’étendue du talent d’Ariane Moffat. Pour connaître les dates de sa tournée, visitez le site officiel de l’artiste. En attendant, on sait qu’on pourra danser à nouveau sur ses compos dans quelques semaines à Osheaga!

©Kristina Servant/MatTv.ca

Vous pourriez aussi aimer...