Lancement virtuel d’Inventer des falaises de Fred Labrie

Un lancement en band (à distance) réussi pour Fred Labrie


© Photo de courtoisie

Par : Myriam Bercier

Fred Labrie roule sa bosse de concours à concours depuis des années, offrant au passage un EP et deux albums depuis 2012. Le dernier album en date, Inventer des falaises, devait voir le jour le 15 avril au Ministère, mais le coronavirus a envoyé en l’air ce plan. Le musicien a donc décidé de repousser le lancement au 18 juin, en direct du Studio Madame Wood. Il explique cette décision ainsi : « Je ne voulais pas le lancer en envoyant l’album et en faisant des vidéos de chez moi tout seul dans mon salon parce que l’état du confinement était très sévère, c’était pas possible de jouer avec un band et je connais pas assez la technologie pour faire ça dans mon salon non plus. […] C’est un album qui a été enregistré en band, qui sonne quand même assez band et qui a besoin de tous ses instruments. » Il a donc lancé le tout dans l’univers, entouré de ses musiciens Andrew Beaudoin (batterie), Jean-Thomas Boulianne (basse électrique), Nicolas Godmaire (guitare électrique) et Marjolaine Morasse (chœur).

La soirée s’est ouverte doucement, sur un préambule poétique de Labrie dépeignant les falaises de son quotidien. La joie des musiciens de jouer ensemble, après tous ces mois à ne pas pouvoir le faire, est palpable, même s’ils sont à 2 m les uns des autres. Pour chacune de ses chansons, l’artiste prend la peine de tisser une introduction de quelques phrases, juste et pertinente à mon sens.


© Photo de courtoisie

Pour trouver l’inspiration de cet album, il s’est mis à réécouter les groupes plus rock alternatif et punk-rock de son adolescence, et cela paraît rapidement. La majorité des chansons déménagent, outre quelques-unes plus douces qui offrent une belle vue sur l’intériorité et les angoisses du chanteur. Ces dernières offrent également des moments assez beaux et vulnérables, notons par exemple La mort du courage et Satellite notamment.

Sa formation musicale de niveau collégial et universitaire lui ont appris à explorer sa guitare, c’est pourquoi à presque chacune des chansons, il prend le temps de désaccorder sa guitare pour ainsi offrir une plus grande richesse de son. Il a dû le faire lui-même, n’ayant pas encore de technicien d’instrument. « À Noël, je veux un technicien d’instrument emballé sous mon sapin! », a-t-il lancé à la blague.


© Jean-François LeBlanc, Francouvertes 2017

Pour conclure son spectacle, il y est allé d’une tradition bien à lui : le rap des remerciements. Le concept est simple : pour remercier chaque personne grâce à qui le disque et le spectacle ont pu avoir lieu, il lui rappe une phrase ou deux.

Je dois avouer que c’était mon premier spectacle musical depuis la crise sanitaire qui nous touche, je ne savais donc pas à quoi m’attendre. Le son serait-il bon? Est-ce que le manque d’applaudissements entre chaque chanson rendra ça étrange? Est-ce que le déroulement se fera sans anicroche informatique ou puis-je m’attendre à des bugs? Finalement, le son ne m’a aucunement déçue et le spectacle a roulé comme sur des roulettes. Évidemment, le manque de réaction de la foule entre les chansons rendent cela un peu étrange, mais pour écouter de la musique en direct, je suis prête à faire ce genre de sacrifice.


© Pochette de l’album Inventer des falaises de Fred Labrie

Au plaisir de pouvoir aller écouter Fred Labrie en vrai bientôt, dans une salle de spectacle près de chez nous. Si vous en avez l’occasion, vous aussi, lancez-vous sur les billets, vous ne le regretterez pas si vous aimez la musique québécoise poétique.

Texte révisé par : Johanne Mathieu

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