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La chronique littéraire : Raté

Un nouveau roman percutant pour Hugo Meunier

Couverture Raté
© editionsstanke.groupelivre.com

Par : Johanne Mathieu

Après Le patron et Olivia Vendetta, Hugo Meunier signe un troisième roman percutant avec Raté, publié chez les Éditions Stanké.

Christian, un comédien, un verbomoteur extraverti qui a un besoin viscéral de voir des gens et d’être vu, décide de mettre fin à ses jours, mais rate son suicide. Alors que sa vie d’avant est derrière lui, il devra affronter, encore plus que la mort, la vie. La vie d’après. Même s’il est accueilli comme un survivant et un miraculé, cet acte désespéré laissera des marques profondes. Il en conservera de graves séquelles.

L’homme devra réapprendre à vivre, mais son plus grand défi sera de recoller les morceaux de sa relation avec son fils, Robin, qui se révolte du fait que son père ait voulu l’abandonner. Quant à Marilyn, son ex, elle se retrouve bien malgré elle dans le rôle de proche aidante naturelle. Comment reprendre le cours de sa vie après avoir tenté de se l’enlever?

Il a beau s’être longtemps menti à lui-même en camouflant la réalité derrière l’image du papa cool excentrique, Christian ne peut pas se duper lui-même.

Hugo Meunier gros plan
© Julien Fougère/editionastanke.groupelivre.com

Raté raconte l’histoire d’un homme qui a tout pour être heureux, qui croit avoir raté sa vie jusqu’à tout perdre vraiment. L’histoire d’une débâcle intérieure, d’une insécurité croissante, d’un amour et d’une famille qui se dégradent. Pour Christian, le processus sera long pour regagner une certaine autonomie. Cette vie d’après sera tout de même ponctuée d’espoir, d’acceptation, de rencontres inattendues et prendra un sens qu’il n’avait pas envisagé.

Hugo Meunier creuse dans les ombres de l’âme humaine, mais aussi dans la lumière. Cette histoire en est une sur la perte, le deuil, la colère et l’incompréhension, mais aussi sur l’amour, la bienveillance et le pardon.

L’auteur dépeint la réalité telle qu’elle est – ici celle d’un homme devenu tétraplégique – dans un langage franc, direct et poignant. En plus du thème du suicide, il aborde le sujet de la dépression, des proches aidants naturels et de l’itinérance. Ici et là, on retrouve également des extraits de vie imaginés de personnalités qui ont mis fin à leurs jours, comme Virginia Woolf, Kurt Cobain, Nelly Arcan ou Anthony Bourdain. À certains moments, ce roman prend aussi des allures de fable. Une fable moderne, une fable humaine sur la souffrance, la mort, la vie. La vie, telle qu’on la voit, telle qu’on voudrait qu’elle soit, parfois à tort, telle qu’elle devient.

Bouleversant et percutant, oui, ce livre l’est. Mais ces qualificatifs ne lui rendent pas totalement justice. Un roman puissant autant dans son authenticité, que dans l’émotion et la réflexion qu’il suscite.

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La chronique littéraire : Olivia Vendetta

Raté, de Hugo Meunier (2022), Éditions Stanké, Montréal, 343 pages.

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