La chronique littéraire : Olivia Vendetta

V pour vengeance

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Par : Johanne Mathieu

Chez les Éditions Stanké, l’auteur et journaliste Hugo Meunier a fait paraître un deuxième roman en carrière : Olivia Vendetta. Une histoire percutante d’intimidation. Une histoire avec un grand V. V pour vengeance.

Olivia reçoit une invitation pour la tenue d’un conventum soulignant les vingt ans de la fin de son secondaire, invitation à laquelle elle répond présente. L’événement marquera ainsi son retour d’exil et l’occasion de renouer avec de vieux amis, mais aussi le retour de douloureux souvenirs, toujours bien ancrés dans sa mémoire. La jeune femme ne profitera pas de cette réunion pour retrouver ceux et celles qu’elle a autrefois côtoyés, mais plutôt pour enfin régler ses comptes et mettre à exécution un plan mûrement réfléchi. Ce roman de Hugo Meunier raconte la violence de l’adolescence et ses répercussions, l’histoire d’un voyage initiatique décisif et le récit d’une vengeance soigneusement orchestrée, la nostalgie des années 90 en trame de fond.

Cette fois, c’est moi qui trône au sommet de la chaîne,
toute-puissante comme jamais auparavant.

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Dans Olivia Vendetta, le personnage d’Olivia ne traversera pas la vie et les traumatismes qu’elle a subis à l’adolescence de manière indemne. Son passé est d’autant plus lourd à porter, puisqu’elle a toujours été en quête de son identité. Le périple que celle qui s’appelait autrefois Étienne décide d’entreprendre, notamment en Inde, permettra de lui ouvrir les yeux sur qui elle est vraiment. Elle y vivra des moments déterminants de sa vie. Mais voilà, pour espérer tirer un trait sur son passé et chasser ses vieux démons, s’exiler ne suffit pas, car chaque souffrance vécue n’est pas un artefact oublié. En prenant part au conventum réunissant ses anciens camarades de classe, elle réserve une surprise à ses anciens bourreaux. Elle se vengera ainsi non seulement pour tout ce qu’elle a dû supporter, mais accomplira cette « mission » également pour ses vieux amis qui, eux aussi, ont été tour à tour victimes d’intimidation. Humiliations, manipulations, agressions verbales, physiques, psychologiques et sexuelles… Olivia punira chacun de ces sévices.

Hugo Meunier ne réserve pas de happy end traditionnel à son récit, mais donne cependant la possibilité à la protagoniste de boucler la boucle sur cette période de son existence qu’elle n’a jamais pu mettre de côté, peu importe le chemin emprunté pour y arriver. Il met à l’avant-plan la difficulté de se remettre et de surmonter les traumatismes de l’enfance. L’auteur parle aussi de l’acceptation de soi et de la différence, des relations familiales difficiles, du jugement des autres, de l’amitié franche, solide et sans jugement, de l’empathie. On fait aussi une incursion dans l’univers des hijras, cette communauté de l’Inde qui revendique la reconnaissance d’un « troisième genre », ces femmes trans nées dans le corps d’un homme, mais qui se considèrent femmes. Au fur et à mesure que cette histoire très bien construite évolue, l’auteur nous maintient sur le qui-vive, dans une certaine aura de mystère. C’est poignant, c’est violent et totalement subjuguant à la fois.

Olivia Vendetta, de Hugo Meunier (2021), Éditions Stanké, Montréal, 304 pages.

 

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