Rentrée montréalaise de Daniel Boucher

Retour marqué pour le chansonnier

IMG_1735©RenaudVinet-Houle/MatTv.ca

Par Maxime D.-Pomerleau

Mercredi soir marquait le retour sur scène de l’auteur-compositeur-interprète Daniel Boucher, après une longue pause de création. Le chansonnier urbain ayant été très occupé ces dernières années, multipliant les projets parallèles et la recherche d’un nouveau discours à mettre en musique, se produisait dans le cadre du festival Coup de cœur francophone. Le rockeur à la voix chaude était en grande forme devant un Club Soda rempli de fans qui le suivent depuis plusieurs années, venu y présenter Toutte est temporaire, son premier album en huit ans, qu’il a lui-même réalisé.

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Il faut lui donner cela : Daniel Boucher ne fait pas les choses à moitié. Il prend un soin méticuleux à choisir ses mots pour créer des chansons à la fois simples, authentiques, riches et imagées. Il en a va de même avec la mise en scène originale du spectacle, qui nous sort des lancements d’album classiques. Tout d’abord, au lieu des traditionnels Est-ce que ça va bien Montréal?! il s’est adressé à la foule avec quelques mots projetés sur un écran : On commence-tu ça là? Vous êtes sûrs? OK, on y va. La chanson La langue, un remix d’un discours nationaliste d’Yvon Deschamps, a prouvé que Daniel Boucher, grand défenseur de la langue française, était à jour dans les tendances musicales. Il a aussitôt pris d’assaut la scène avec Embarques-tu, premier extrait de l’album.

La piasse est morte, À ma place et Granby sont au nombre des pièces fortes que le chanteur a présenté au public. C’est seul, baigné d’une lumière orange, qu’il a interprété la vibrante Toutte est temporaire, pièce-titre de l’album, qui se veut plus intime et contemplatif que ses précédents opus. Pour désamorcer la chute de larmes potentielles causée par la touchante pièce, Daniel Boucher s’est lancé dans un medley de ses plus grands succès, à commencer par La désise. Deviens-tu c’que t’as voulu?, Aidez-moi, Boules à mite, Poète des temps gris, Chez nous, La patenteLe vent soufflait mes pellicules se sont enchaînées, pour revenir à la légendaire chorégraphie de La désise. Un pot-pourri de 20 minutes qui a ravi les spectateurs!

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Visiblement heureux d’être là, c’est sur le blues lascif de Qu’est-ce qui reste à faire? que la fin du spectacle s’est amorcée. Après avoir projeté les noms des membres de son équipe sur écran en guise de remerciements, Daniel Boucher a invité le public à quitter, allant même jusqu’à le reconduire à la sortie. L’initiative du chanteur de traverser le parterre du Club Soda jusqu’aux portes de la salle, n’a pas eu l’effet escompté! Personne n’a quitté la salle; tous ont attendu le retour du chanteur pour clore en bonne et due forme la soirée. Après avoir fait le tour du bloc dans les travaux, il est réapparu sur scène, guitare à la main, alors que le batteur Sylvain Clavette et le bassiste Jean-François Déry n’avaient cessé de jouer.

« Vous avez pas compris la première fois » a-t-il lancé. On recommence, pis là vous partez. On a fait toutes les tunes de l’album! » C’est donc après une seconde traversée parmi la foule, en direction de la sortie, que la musique s’est doucement estompée. Aussi cliché que cela puisse paraître, c’est pourtant la vérité : si les spectacles comme celui offert par Daniel Boucher mercredi à Coup de cœur francophone sont des moments éphémères, tous ceux présents s’en souviendront longtemps.

#CCF14

Crédit photo: ©RenaudVinet-Houle

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