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Coup d’envoi d’Actoral

Le festival débute par 4 spectacles à l’Usine C ce soir et demain

Aneckxander Bart Grietens

© Bart Grietens (Aneckxander)

Par : Sébastien Bouthillier

Actoral, le Festival international des arts et des écritures contemporaines francophones, réunit des artistes émergents au regard inédit ou singulier. Arts visuels, performance, danse, théâtre et littérature se déploient jusqu’au 5 novembre. Ce soir et demain, l’Usine C présente quatre premiers spectacles, sans compter le stationnement souterrain où campe le décor sinistre de Radio Vinci Park, plus qu’un show de boucane.

Son cou démesurément long lui vaut le surnom d’Aneckxander. Ses bras aussi, des bras interminables, impossibles à soustraire au regard. C’est pourtant ce que recherche l’acrobate et danseur Alexander Vantournhout en explorant la plasticité de son corps dans sa nudité sculpturale. Sur les trois variations d’un morceau de piano d’Arvo Pärt et muni de quelques objets, cet homme procède à son autoportrait bizarre, mais captivant par son originalité. Son sens du sacrifice motive-t-il ses acrobaties?

Le chorégraphe Lorenzo de Angelis se déclare Haltérophile, celui qui prend en charge. Il soulève le poids de l’animal public et de la fragilité qui émerge de sa carapace, qu’il casse.  Les spectateurs se trouvent près de lui sur scène, en cercle disjoint, ce qui isole chacun des autres et leur offre une perspective unique sur l’animal dansant. Dans son improvisation, de Angelis aguiche le public par ses jeux d’adresse, quelques paroles ou le silence.

Haltérophile CHAproduction © CHA Production (Haltérophile)

Lorenzo de Angelis déambule ensuite dans les rayons de Médail Décor, un magasin de tissus d’ameublement. Il dédouble Vincent Thomasset, qui retisse les liens avec l’enfant qu’il a été. Ce dernier réussit le défi de parler des choses sans les évoquer grâce à sa démarche aussi expressionniste qu’humoristique. La finesse de la trame sonore sélectionnée pour cette séquence biographique pudique restaure l’ambiance nostalgique de l’enfance, le garçon maintenant jeune homme savait qu’il deviendrait artiste et rien d’autre.

Fire of Emotion Flavie Leleu

 © Flavie Laleu (Fire of emotions)

Avec ingénuité, Pamina de Coulon relie Pytagore, Einstein, la science-fiction et la « sorcellerie capitaliste » dans un déluge effervescent de paroles dont jaillit Fire of emotions : Genesis. Parce qu’elle désire voyager dans le temps, elle retient les aspects irrationnels de la science pour soulever le doute sur les narrations acceptées de notre réalité, qui exercent un monopole sur notre vision du monde. Pour son voyage cosmique, elle monte en classe comique : dans la bouche de Pamina de Coulon, le jargon scientifique s’entend comme si elle récitait une fantaisie.

Aneckxander, Haltérophile, Fire of emotions : Genesis et Médail Décor, les 25 et 26 octobre à l’Usine C.

Crédit photo : Bart Grietens (Aneckxander), CHA Production (Haltérophile) et Flavie Laleu (Fire of emotions)

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