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Chantons Noël avec Rafael Payare : le public au cœur de l’OSM

Critique du concert Chantons Noël de l’OSM

OSM
Crédit photo : Antoine Saito

Par : Annie Dubé

Je ne sais pas si les Montréalais prennent entièrement conscience de la chance inouïe qu’ils ont d’ouïr l’Orchestre symphonique de Montréal, dirigée par le métronome de génie qu’est Rafael Payare. Voilà la question que je me suis posée à la Maison symphonique, lors de cet incroyable concert que fut Chantons Noël, en compagnie du Chœur de l’OSM, des Petits Chanteurs du Mont-Royal et des jeunes musiciens de La musique aux enfants.

Cet événement spécial, à la surprise de plusieurs, invitait le public à participer aux chants en se levant lors de certaines pièces. C’était à mon avis une forme d’expérience des plus intéressantes et audacieuses, en ces temps festifs, post-confinements. Quoi de mieux pour communier ensemble que de se réunir en voix plutôt que de s’obstiner sous une publication Facebook avec ces mêmes étrangers?

Chantons Noël
Crédit photo : Antoine Saito

Parmi les multiples œuvres remarquablement jouées par l’orchestre, notons Réjouissances, Suite pour orchestre sur des airs traditionnels québécois de Gilles Bellemare, dans une efficace magie musicale qui nous donnait parfois l’impression de galoper dans un rigodon classique formidable.

La Symphonie des jouets de Leopold Mozart, avec la participation d’enfants venus interpréter avec candeur et préparation exemplaire les bruits rigolos de l’univers des jouets, donnant pour résultat une performance ludique, peut-être un peu longue, mais ravissante et ovationnée de tout cœur.

Symphonie des jouets
Crédit photo : Antoine Saito

Dans une éphémère féérie digne de la Fée Clochette, la puissance et la douceur du temps des Fêtes se sont exprimées sous leur meilleure forme depuis la scène de l’OSM.

À noter, la présence habitée du premier violoniste, Andrew Wan, qui s’est surpassé dans la passion et le plaisir qu’on lit sur ses mouvements d’archets enthousiastes. Contagieuse énergie, on croyait assister à une danse du coude.

Le public a même eu droit à deux rappels. Des instructions non verbales ont été transmises par le chef d’orchestre pour que le public applaudisse de manière parfois pianissimo, parfois en véritable explosion de claquements de mains. C’était un exercice d’humilité et de communication charmant et divertissant.

Vraiment, on en a de la chance de l’avoir en ville, pour mettre sa touche unique sur la vie culturelle de Montréal. Un privilège que je qualifierais de mondial. Les émotions étaient au rendez-vous encore une fois, lors de ce concert particulièrement humain.

Rafael Payare
Crédit photo : Antoine Saito

Les points à améliorer seront donc très personnels… concernant ma propre performance! Manque de souffle, voix trop aiguë comme une bouilloire qui siffle, manque de coordination, confusion dans les refrains, regards perdus dans le livret de paroles, maîtrise très approximative des prononciations latines : cette chanteuse n’était pas la soprano attendue par mes voisins de sièges! Mais pour tout dire, j’ai bien ri tout au long, et la plupart des spectateurs ont joué le jeu malgré une timidité certaine.

Et pourtant, je ne dois pas être la seule à sentir un réel privilège d’être dirigée avec le public par le chef Payare. Ses interactions sont toujours sympathiques et efficaces, malgré les défis d’improvisations agiles de cet homme qui semble savoir où il s’en va.

Quel plaisir c’était de se tenir debout en se dandinant nerveusement pour mieux suivre la parade vocale.  On faisait tous, en quelque sorte, partie de l’OSM malgré le manque flagrant de talents de chanteuse, en ce qui me concerne.

OSM Maison symphonique
Crédit photo : Antoine Saito

Les généreux chœurs et musiciens nous auront fait ce cadeau : s’effacer un peu pour donner une voix à ceux qui ont l’habitude d’amener leurs deux oreilles!

Merci pour ce présent de Noël, OSM. On ne l’oubliera pas de sitôt, tout comme les vers d’oreille qui nous suivent depuis quelques jours.

 

Crédit de couverture : Antoine Saito

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