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45e Gala de l’ADISQ, en salle de presse

Entretiens en coulisses du Gala de l’ADISQ

Daniel Bélanger et Alexandra Stréliski Adisq 2023
Crédit photo : Auréa Gamboa/Mattv

Par Marie-Hélène Amyot (La-Complice)

Ce 45ᵉ Gala de l’ADISQ, dédié à Karl Tremblay des Cowboys Fringants, fut festif. Dans la Salle Wilfrid-Pelletier, et aussi, en salle de presse. C’est là que j’ai eu la chance d’heureux récipiendaires.

Entretiens avec les récipiendaires

Ginette Reno

Crédit photo : Auréa Gamboa/Mattv

Mattv : Sur votre album, C’est tout moi, quelle chanson vous représente le mieux et pourquoi ?

Ginette Reno : Poursuis ton chemin. Parce que j’ai écrit cette chanson-là pour mon père. Mon père, je lui ai demandé une seule et unique fois de me bénir. Il ne savait pas comment. Il était sur son lit de mort, puis je lui ai dit : « Papa, bénis-moi.» Il a dit : « Comment on fait ça ? » «Je vais me mettre à genoux, et tu fais Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, puis tu me bénis. » Donc, c’est un être dont j’ai senti l’amour. De tous les hommes que j’ai eus dans ma vie, mon père, c’est de lui que j’ai senti le plus d’amour. Et on dit que lorsqu’une femme sent l’amour de son papa, elle peut réussir dans la vie, pas nécessairement sa vie, mais dans la vie. 

Kanen

Crédit photo : Auréa Gamboa/Mattv

Mattv : Quelles valeurs, importantes pour toi, tes chansons te permettent-elles de partager avec le public ?

Kanen : Je pense, la fierté. La fierté, pour moi, c’est quelque chose que j’essaie encore de construire en moi. La fierté d’être une femme autochtone. C’est quelque chose que j’essaie de toujours propager, de toujours être fière de notre identité. La fierté, l’identité. Même si je trouve, elle n’est pas comme ce que les gens pensent (connaître) d’un artiste autochtone, je pense que c’est important de dire que, peu importe le genre de musique qu’on fait, le genre de message qu’on porte, il y a cette réalité de notre vie, comment on a passé notre vie à dire que qu’est-ce que c’est une personne autochtone aujourd’hui qui veut maintenant faire de l’alternatif ou du hip hop. C’est un peu ce message-là que j’ai dans ce projet-là. 

Mattv : Parlant de fierté, quel aspect de ta culture autochtone te rend la plus fière ?

Kanen : Je pense que c’est la résilience. Je pense qu’on le dit souvent. Je pense que c’est quelque chose que je suis contente de voir. Je pense qu’on a tellement été dans l’ombre, qu’aujourd’hui, tu sais, il y a cette idée de personnes résilientes, c’est quelque chose que j’aime beaucoup entendre. C’est le plus beau compliment pour moi. 

Alexandra Stréliski

Crédit photo : Auréa Gamboa/Mattv

Mattv : Qu’est-ce qui te touche le plus de recevoir le Félix pour l’artiste féminine de l’année ?

Alexandra Stréliski : Bien, c’est les gens. Je veux dire, c’est un prix du public alors c’est… On ne voit jamais ça. Moi j’ai grandi, c’était Marie-Mai, Marie-Mai, Marie-Mai. (rires) C’était tout le temps des chanteuses. Le fait qu’il n’y ait pas de paroles, qu’il n’y ait pas de voix sur ma musique, ce prix-là pour moi… Je veux dire, je fais le saut à chaque fois, je ne comprends rien de ce qui m’arrive, mais écoute, je peux juste être reconnaissante envers les gens. Je vis tellement d’amour, mon public est tellement magnifique. Ce sont eux qui me portent jusque-là, alors c’est plein de gratitude. 

Mattv : Par rapport au public justement, et au prix reçu pour Artiste de l’année – Rayonnement international, est-ce qu’il y a un public qui t’a étonné particulièrement ?

Alexandra Stréliski : Euh… Bonne question. Les Allemands, il faut que tu les amènes. Il faut que tu ailles les chercher, quand même. (rires) Ils sont habitués à une tradition de la musique classique, aussi, qui est vraiment présente, et moi, je fais des blagues sur scène, alors il faut que j’aille les chercher un petit peu. Mais sinon, moi, j’habite aussi aux Pays-Bas, puis les Néerlandais, eux autres, c’est le fun, on s’amuse beaucoup. Puis sinon, c’est au Québec, j’ai du fun au Québec. J’étais au Saguenay l’autre jour puis je me suis éclatée. 

Salebarbes

Crédit photo : Auréa Gamboa/Mattv

Mattv : Gin à l’eau salée, qu’est-ce que ça représente pour vous ?

Salebarbes – Éloi Painchaud : C’est le retour à la maison, c’est le retour chez soi. C’est une grande nostalgie de là d’où tu viens, puis c’est l’urgence de te retrouver avec les tiens. 

Salebarbes – Kevin McIntyre : Ça représente un album aussi. C’est une chanson, mais c’est aussi un album qui a été fait pendant la pandémie. Puis tout d’un coup, on s’est retrouvé à travers cet album-là, puis la chanson porte l’album, puis c’est comme un tout. 

Mattv : Quels sont les premiers mots qui vous sont venus en tête, quand vous avez entendu que c’était votre chanson qui remportant le Félix ? 

Salebarbes – Jonathan Painchaud : What the bip, bip, bip ! (rires) C’est une surprise. Cette chanson-là, c’est une chanson qui n’a pas été marketée.  C’est une chanson qui a été tirée du même album. Good Lord, qui a quand même été un single radio, avec un clip puis toute la patente. Puis cette chanson-là, c’est une chanson qui a juste un peu vécu sa vie de façon organique et qui est allée trouver les gens via nos spectacles et via les albums, qui les font vivre dans la vie de tous les jours, dans les partys de tous les jours, puis dans les jam-sessions, de coin de feu de camp, puis tout ça, tu sais. C’est la surprise rend ça d’autant plus savoureux. 

Louis-José Houde

Crédit photo : Auréa Gamboa/Mattv

Mattv : De quoi es-tu le plus fier de ces 18 années-là d’animation ? 

Louis-José Houde : Mon Dieu… C’est dur à quantifier, ce n’est pas vraiment tangible, mais de peut-être avoir mis un peu de lumière sur la chanson, sur la musique québécoise. D’avoir amené, peut-être, mon public qui me suivait, à les avoir encouragés à regarder ce gala-là. Encore là, comme je dis, ce n’est pas quelque chose que je peux mesurer. Mais avoir amené mon humour dans l’univers musical, pour lui donner un peu de visibilité lors de cette soirée-là. Qui existe même quand je ne suis pas là, elle existant avant, je n’ai pas inventé le gala, mais d’avoir été au service de cette industrie-là pendant presque vingt ans. 

Mattv : Par quels hobbies vas-tu occuper tes temps libres, maintenant que tu vas peut-être en avoir un peu ?

Louis-José Houde : Hum… Écoute… (rires) Il y en a beaucoup. Moi, je suis toujours batteur amateur et là, je veux vraiment prendre du temps pour parfaire ma technique. Je suis dans le jazz en ce moment, ce n’est pas évident. Sinon, j’ai quand même beaucoup d’écriture sur scène. Avec l’âge, ce qui est le fun, c’est de plus en plus agréable d’écrire. C’est moins épeurant qu’au début. Je me trouve plus productif que quand j’avais vingt-cinq ans. Avec l’expérience, on accepte mieux les erreurs. On est meilleurs pour prendre des chances, donc pour ce qui est du professionnel, je suis très stimulé par ça encore, donc je veux mettre plus de temps là-dessus.

Gagnant.es du gala de l’ADISQ 2023

  • Spectacle de l’année :  Le tour du bloc – Michel Rivard
  • Album de l’année – Succès populaire :  C’est tout moi – Ginette Reno
  • Révélation de l’année : Kanen
  • Artiste de l’année – Rayonnement international : Alexandra Streliski
  • Auteur ou compositeur de l’année : Daniel Bélanger pour Mercure en mai 
  • Artiste autochtone de l’année : Kanen
  • Artiste masculin de l’année : Daniel Bélanger
  • Artiste féminine de l’année : Alexandra Streliski
  • Groupe ou duo de l’année : Les Cowboys Fringants
  • Chanson de l’année : Gin à l’eau salée – Salebarbes

Crédit photos : Auréa Gamboa/Mattv

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