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21e Francouvertes : soir deux

Maxime Auguste, Projet Coyote, Juste Robert

Francouvertes © Jean-François LeBlanc

Les Francouvertes se poursuivaient lundi soir au Lion d’Or alors que trois nouveaux projets musicaux tentaient de déloger le premier top 3 établi. Maxime Auguste, Projet Coyote ainsi que Juste Robert ont foulé les planches afin de démontrer ce qu’ils avaient à offrir au public. Alors que la semaine dernière, je connaissais les trois artistes en performance, cette semaine, j’étais plutôt en mode découverte.

On a tout d’abord fait place à l’ex de la soirée, Benoit Pinette, alias Tire le Coyote. C’était bizarrement la première fois que je le voyais sur scène après avoir tellement entendu parler de lui. Il nous rappelle qu’il avait fait courte carrière aux Francouvertes 2010, ne s’étant même pas rendu aux demi-finales. Mais sept ans et trois albums plus tard (et un quatrième à venir en septembre), on se rend compte que cet « échec » ne lui aura pas vraiment fait de tort.

Francouvertes© Jean-François LeBlanc

Il était alors accompagné de son complice Shampouing (Benoit Villeneuve). On apprend que les deux s’étaient justement rencontrés lors des Francouvertes 2010 alors qu’ils présentaient chacun leur projet respectif. Ensemble, ils nous ont offert un 15 minutes fort avec des titres tels que Calfeutrer les failles, Jolie Anne et Chainsaw. On a également profité de l’occasion pour casser une chanson, Pouvoir de glace, inspirée très librement par La Reine des neiges (que l’on soupçonne être le film préféré de sa petite fille, mignon). Cette chanson figurera d’ailleurs sur le prochain album.

MAXIME AUGUSTE

Le premier concurrent de la soirée, Maxime Auguste, un être de Côte-St-Paul arborant un style nous rappelant un peu Bernard Adamus, prend la scène. Quoiqu’il nous avait été présenté comme étant arrogant, je n’ai pourtant pas décelé cela dans sa personnalité de scène. Il avait même un côté plutôt charmant, un peu débraillé, où il dosait d’humour des pièces assez chargées d’émotions.

Francouvertes© Jean-François LeBlanc

Je n’ai pas embarqué tout de suite, mais dès qu’il a entonné Kevin Steve, chanson dédiée à son deuxième enfant hypothétique suivi de Cinéma l’Amour, j’étais un peu plus intéressée. Sur Jouer du fusil, on a eu droit à de belles harmonies. Il a terminé avec une pièce dont j’ai malheureusement manqué le titre et qui me rappelait énormément Avec pas d’casque.

Sans briser des plafonds d’originalité, Maxime Auguste nous a offert une performance honnête qui avait sa place dans les préliminaires des Francouvertes. Il nous a chanté l’amour et la solitude à Montréal en mode country-folk. Il démontrait aussi une aisance sur scène qui démontre qu’il aura quand même appris beaucoup de ses 15 années d’expérience.

PROJET COYOTE

Ce trio rock garage a été présenté selon les odeurs qui supposément émaneraient de leurs instruments : une contrebasse qui sent la bière, une guitare au parfum du printemps et une batterie à l’odeur de curry. Déjà, on ose penser que Projet Coyote ferait un peu dans la musique de party? Que l’on ne les verra pas nécessairement faire la tournée des auditoriums?

Francouvertes© Jean-François LeBlanc

En les voyant arriver sur scène, je fais encore dans les stéréotypes, les gars m’ont l’air timide. Mais pourtant, ils ont vite enclenché avec un rock assez mouvementé, tellement que le chanteur en perdait ses lunettes. Ils nous ont proposé des tounes inspirées du Lac-Saint-Jean, la région natale de deux des membres du groupe. D’une ode à l’hiver saguenéen, on nous chante ensuite les contrées verdoyantes du printemps.

Si le groupe semblait un peu moins expérimenté, il affichait quand même une fougue et une spontanéité qui nous faisait pardonner le manque d’expérience. J’aimais la voix du chanteur David Fortin, mais il gagnerait à serrer davantage son articulation, car certains propos se perdaient un peu dans tout cela. Mais ce dernier, qui est aussi guitariste, est quand même un excellent musicien tout comme le bassiste François Potvin et le batteur Mathieu Gauthier. La finale bluesée fut très réussie. À suivre…

JUSTE ROBERT

Je suis arrivée pile-poil avec les premières notes de Juste Robert qui avait la tâche de clore la soirée. J’ai manqué l’introduction où l’on nous présentait le projet comme étant du papa rock. Peut-être parce que les membres démontraient un âge un brin plus élevé que les précédents?

Francouvertes© Jean-François LeBlanc

Jean-Robert Drouillard, qui est aussi sculpteur de métier, s’est présenté couronné et cravaté en papier avec un groupe de musiciens épatants. On apprécie les efforts. On plonge le Lion d’Or dans le noir et dans une mise en scène au degré d’intensité assez élevé. Il dédie parfois sa poésie à sa ville, Québec, avec une voix nasillarde à « l’accent spécial » qui le rend difficile à localiser. Il prend le temps de citer Winnie l’ourson en nous affirmant qu’« aujourd’hui était son jour préféré… car il va chanter ».

Tout au long de la prestation, j’avais de la difficulté à me faire une idée par rapport à Juste Robert. Je ne détestais pas, mais je n’étais pas vendue non plus. J’avais parfois l’impression que c’était surjoué, mais des moments d’authenticité et poignants musicalement me le faisait parfois oublier. En sondant autour de moi, il semblerait que je suis la seule perplexe, alors qu’on a soit aimé ou soit qu’on a décroché. Pour ma part, ça a piqué ma curiosité.

RÉSULTATS DES PRÉLIMINAIRES

Malgré de bons efforts, aucun des concurrents n’aura réussi à déloger le top 3 initial. Voici donc le top 6 après cette deuxième soirée. On vous rappelle que neufs projets se rendront en demi-finales en avril prochain.

  1. Shawn Jobin
  2. Antoine Lachance
  3. Mélanie Venditti
  4. Juste Robert
  5. Projet Coyote
  6. Maxime Auguste

Photo de couverture : © Jean-François LeBlanc

Texte révisé par : Johanne Mathieu

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