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Stabat Mater ouvre la saison des Grands Ballets

Un double spectacle à couper le souffle

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© Gabriel Talbot/MatTv.ca

Par : Alizée Calza

Le Théâtre Maisonneuve était plein, mercredi le 11 octobre, à la première du nouveau spectacle présenté par Les Grands Ballets. Le public était venu en nombre pour découvrir le programme double Stabat Mater qui ouvrait la saison 17/18, en réunissant le Stabat Mater de Pergolèse, par le chorégraphe roumain, Edward Clug, et la Symphonie no 7 de Beethoven, par le chorégraphe allemand, Uwe Scholz.

Alors que le public s’installe, que l’orchestre s’accorde, les danseurs prennent lentement place sur scène comme inconscients du bruit ambiant. Habillés de noir et de blanc, les danseurs prennent place sur les deux grands blocs blancs du décor. Puis, lorsque les lumières de la salle disparaissent, ils s’animent pour entamer une chorégraphie d’ensemble, où la lumière, composée de quelques spots blancs, souligne le moindre de leurs mouvements, leur donnant un ton dramatique.

Cette pièce, qui symbolise la profonde affliction de la Vierge devant son fils crucifié, animée par un orchestre très réduit, enchaîne à la perfection les grands tableaux de groupe et ceux de couple où l’on retrouve juste le Christ et sa mère. La scène de naissance, où le danseur principal, Constantine Allen, enfouit son visage dans la robe de sa mère pour ne former qu’une seule entité au ventre proéminent, est tout simplement hypnotique.

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© Gabriel Talbot/MatTv.ca

Dans l’ensemble de la pièce, si certaines scènes sont difficilement compréhensibles, comme le défilé de mode où les danseuses se pavanent sur un podium en talons hauts, les autres scènes sont bouleversantes d’expressivité, malgré la mise en scène très sommaire. La scène de la mort du fils est tout simplement bouleversante et on a envie de joindre notre tristesse à celle de la mère affligée.

Avec Stabat Mater, le chorégraphe roumain, Edward Clug, établit un dialogue très moderne avec l’œuvre du compositeur, Giovanni Battista Pergolèse. Une pièce poignante soutenue par 24 excellents danseurs et deux cantatrices aux voix profondes.

Pour la deuxième partie de ce programme double, Les Grands Ballets proposaient un spectacle plus classique, mais néanmoins savoureux. Dans une mise en scène colorée et lumineuse, une quarantaine de danseurs suivaient l’orchestre, dirigé par Daniel Myssyk, dans des chorégraphies énergiques et enthousiastes.

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© Gabriel Talbot/MatTv.ca

Pour suivre les quatre mouvements de la Symphonie no 7 de Beethoven, le chorégraphe, Uwe Scholz, proposait quatre tableaux formant une succession de danses, de couleurs et de rythmes différents qui suivaient à merveille l’orchestre. Dans les mouvements des danseurs, on entend le grandiose de la symphonie de Beethoven, on suit les accents, les respirations et les silences de la partition. Les notes semblent dessiner les mouvements des danseurs.

Pour cette pièce plus joyeuse, les lumières restaient dans les tons chauds, sauf dans le deuxième mouvement de cette symphonie, moins enjoué que les trois autres. Les spots formaient alors quatre rectangles de lumière démultipliant ainsi les ombres des couples de danseurs pour un tableau d’une beauté à couper le souffle.

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© Gabriel Talbot/MatTv.ca

Pour ce premier spectacle de la saison, Les Grands Ballets et leur nouveau directeur artistique, Ivan Cavallari, proposaient un programme double bouleversant et fascinant. Stabat Mater nous plonge au cœur des passions humaines dans une mise en scène moderne et distinguée, et la Symphonie no 7 de Beethoven propose un spectacle plus classique, mais tout aussi soigné. Un premier ballet réussit qui nous fait voyager de la tristesse à la joie.

© Gabriel Talbot/MatTv.ca

Texte révisé par : Johanne Mathieu

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