Plume Latraverse

D’hier à aujourd’hui

© François Daoust/MatTv.ca

En me dirigeant vers la Cinquième salle de la Place des arts ce mercredi 23 octobre, j’étais quelques peu fébrile d’aller à la rencontre du grand chansonnier Plume Latraverse qui avait, jadis, fait partie de ma vie de cégepienne. L’époque de scander ses chansons à caractères de contre-culture québécoise nous apportait un sentiment de marginalité. L’âge même où j’ai subtilement compris le deuxième sens du parolier. Une initiation qui heurtait parfois mon éducation, mais qui rendait lucide ma vision du peuple québécois de cette époque.

Pour sa tournée Séquelles?, l’auteur-poète urbain qui nous métaphore sa vision crue n’a rien perdu de son dialecte. Roulant toujours ses « r », il s’exprime encore avec sa singulière langue qui le caractérise si bien. « Dépêchez-vous! Silence! Couché! ». Une invitation à la Plume aux retardataires à prendre place pour que le show débute, enfin.

C’est à la gauche de la scène que nous le retrouvons, guitare à la main, accompagné de ses comparses : Jean-Claude Marsan et Grégoire Morency. Toutefois, pour que le trio soit parfaitement complet, il faudra ajouter une main de plus, puisque Jean-Claude s’étant blessé au doigt, ils ont dû faire appel à Donald Meunier pour prêter main-forte à l’éclopé et ainsi obtenir un total d’une guitare et demie.

Un 90 minutes de spectacle regroupé sous forme de medley en première partie. Survolant ses vieux succès au grand plaisir de l’auditoire qui ne peuvent s’empêcher de se mouvoir sous les coups de guitare et paroles connues. Un public qui en redemande constamment. Passant par La ballade des 24, La bienséance, Les pauvres, La piste cyclable, bien d’autres sont venus agrémentées cette première partie.

Il prend peu, voire pas de pauses entre ses chansons afin de permettre de condenser son temps qu’il s’est alloué avec le nombre d’interprétations qu’il a choisi d’offrir. Le concept est bon. Ça ne laisse pas de place aux moments d’attentes. Nous aurions aimé l’entendre davantage nous parler entre les chansons, se permettant que quelques écarts sur la politique vécue cette semaine.

Son facial est toujours autant expressif ouvrant de la sorte son regard profond pour exprimer l’intensité de ses propos.

La deuxième partie nous a apporté un Plume plus meurtri par le temps. Bien que son répertoire passe les années sans heurts, notre parolier trouvait le moyen de rire de sa main sur son manche de guitare qui ne lui obéit plus comme autrefois. Ses doigts sur les cordes se souviennent des déplacements, mais une certaine douleur, muette durant les partitions, s’est fait ressentir à la fin de chacune de ses prestations. L’obligeant du coup à couper deux chansons prévues à la soirée. Lors des reprises de son instrument, il retrouvait sa fougue de jouer jusqu’au prochain arrêt pour, inlassablement, s’étirer les doigts pour retrouver la souplesse perdue.

Les mauvais compagnons, Niaiseries, Jonquière se sont entre autre succédé avant de nous présenter Enweye Emma et finir sa soirée Dans la piaule de Louis.

Somme toute, un Plume à voir, à revoir pour les nostalgiques, les vrais fans ou encore pour découvrir l’univers du plus grand contre-culture que porte le Québec. Pour la liste de sa tournée de Séquelles?, c’est ici.

Crédit photo : © François Daoust/MatTv.ca

Texte révisé par : Johanne Mathieu

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