On vous présente : Laroie

Laroie, de la moitié de Heartstreets à artiste complète


© Zacharie Lavertu

Par : Myriam Bercier

MatTv vous offre encore et toujours la chronique On vous présente, qui a pour objectif de vous présenter des artistes qui passent sous le radar de la musique populaire. Cette semaine, c’est Laroie qu’on vous présente!

 

Laroie, c’est le projet solo de Gabrielle Godon, qui est la moitié du duo Heartstreets, l’autre moitié étant Emma Beko. En tant qu’artiste solo, on a pu voir l’artiste participer à des festivals comme Osheaga, le Festival international de jazz de Montréal, la Canadian Music Week (CMW) à Toronto et le festival NXNE. Sa voix  douce et claire transporte une techno pop colorée, complexe et aérienne qui transpire des influences RnB et de soul. Elle a lancé son premier EP éponyme le 28 août dernier, un an et demi après le dernier album de Heartstreets Why make sense. Robert Robert, un auteur-compositeur-interprète montréalais de la scène électro, a joué un rôle considérable dans la création de ce EP.

 


© Zacharie Lavertu

Ce mini-album est né dans une résidence d’écriture et s’est complété dans un studio montréalais avec Robert Robert. Pour ses textes, l’artiste puise ses inspirations dans les relations qui parsèment sa vie. Par exemple, la pièce Selfless puise son texte dans une relation amicale dans laquelle une trahison est survenue. Sa pièce Let me be vise quant à elle à rappeler à ses auditeurs qu’il faut toujours suivre son intuition. Bref, ses textes évoquent les hauts et les bas qui surviennent dans toutes relations interpersonnelles et l’idée de s’en servir pour grandir.

 

Nous nous sommes donné rendez-vous sur Zoom le 1er septembre dernier et malgré quelques bugs de la part de Zoom, nous avons discuté de son nom d’artiste, de sa collaboration avec Robert Robert, du processus derrière son album et de la différence de faire de la musique en groupe versus en solo. Voici le résultat de cette discussion!

Myriam : Qu’est-ce qui t’a amené à faire de la musique?
Laroie : Ça fait quand même longtemps que je suis dans le milieu de la musique. J’ai commencé il y a environ dix ans à travers le groupe Heartstreets. Ça fait quelques années, je dirais depuis 2018, que j’ai eu ce besoin qui s’est développé de vouloir me découvrir comme artiste solo et voir dans quoi je me retrouvais comme artiste individuelle et juste explorer ça davantage. Je suis vraiment contente de la direction que j’ai prise et comment ça se passe.

Myriam : Qu’est-ce qui t’inspire le plus pour créer une chanson?
Laroie : Je pense que mon écriture me vient souvent naturellement quand je m’inspire des gens autour de moi, des relations interpersonnelles que je vis au quotidien ou bien juste des relations qui m’ont marquée peut-être de mon enfance ou de voyage. Pour moi les constructions sociales et les fondements sociaux ça influence beaucoup l’humain j’ai l’impression. On dirait que ça m’inspire, peut-être parce que moi je fais souvent de l’introspection par rapport à ça et que je vois comment les différentes relations m’affectent ou me font grandir. Donc on dirait que ça me vient naturellement de m’inspirer de ça.

Myriam : Tu l’as dit un peu tantôt, tu fais partie du duo Heartstreet. Tu as dit qu’en 2018 tu as voulu te lancer en solo, pourquoi?
Laroie : Je pense que c’est sain, tu sais quand ça fait 10 ans que tu t’épanouis au sein d’un groupe c’est super cool, mais je pense que c’est sain, c’est normal de vouloir un peu de vouloir figure out on est qui en tant qu’artiste solo, qu’est-ce qui vient nous chercher artistiquement, «créativement». Car tu as une identité qui se développe au sein d’un groupe, mais après ça je pense que ça peut arriver dans la vie d’un artiste de vouloir se poser la question «moi, sans ce groupe-là, comment est-ce que je me représente, à quoi est-ce que je m’identifie?» et vouloir aller explorer à ce niveau-là et je pense que c’est qui m’a motivé à aller commencer mes recherches de création.

Myriam : Pourquoi avoir choisi le nom d’artiste de Laroie?
Laroie : Je reviens un peu toujours à la même explication. C’est comme si je voulais… je me suis réapproprié le mot roi, je l’ai conjugué, j’ai fait «je m’en fous complètement, je le reprends, je suis pas la reine, je suis la roi», j’avais envie de souligner autant mon côté féminin que mon côté masculin, je trouvais que ma musique laissait parler un côté, je voulais que mon nom laisse parler un autre côté. J’ai fait un mélange de ce genre.

Myriam :Tu as collaboré avec Robert Robert pour ton EP. Comment cette collaboration est-elle arrivée?
Laroie : Arthur [Gaumont-Marchand] et moi, quand moi j’ai commencé à faire mes démarches de recherche et création plus en 2018, c’est une personne avec qui j’avais un intérêt à vouloir explorer, on avait travaillé ensemble pour des remix de Heartstreets, j’aimais sa direction. On a travaillé ensemble un peu, mais ça donnait rien de concret, rien qui faisait «on tient de quoi!» L’année dernière je me suis embarquée dans des demandes de subventions, à essayer de me donner plus de ressources pour justement pousser davantage mon exploration et j’ai organisé une retraite d’écriture pendant un mois où est-ce que j’avais différents producers, collaborateurs, qui venaient passer du temps et on faisait juste créer créer créer et […] Arthur est venu passer une semaine avec moi, on a mis le doigt dans le mille de la pop qui lui aussi l’attirait donc ça a été pour les deux une réalisation à ce moment-là, on s’est dit «on tient de quoi» et je me suis dit «OK, c’est vraiment ça, mon premier projet va sonner comme ça, ça va être ça ma direction artistique en terme musical». On s’est lancé dans le EP par la suite. Il y a des chansons qui se sont développées pendant la retraite. On a continué de peaufiner le EP de retour à Montréal je suis très contente de cette collaboration.

Myriam : Je suis vraiment désolée, ça a «buggué» pendant ta réponse… Les artistes venaient te rejoindre et…? C’est ce bout-là qui est nébuleux…
Laroie : C’était une retraite d’un mois et chaque semaine il y avait des artistes, producers, collaborateurs qui venaient passer du temps avec moi, avec qui on créait sans balise, sans barrière, très free-for-all, très touche à tout et on essaie de mettre le doigt sur ce qui moi vient me chercher, voir en termes de relation, de collaboration, comment ça fonctionne avec chacun. Arthur et moi ça a été naturellement un coup de cœur.

Myriam :Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais?
Laroie : J’ai toujours chanté en anglais, Heartstreets aussi on chantait en anglais. Je pense que pour moi je ne me suis jamais trop posé la question. Oui, on est au Québec, c’est sûr que le marché est plus favorable pour la chanson francophone, mais pour moi c’était plus naturel d’y aller en anglais, parce que c’est mes inspirations de jeunesse, ce que j’écoute est en anglais. Oui j’écoute les Daniel Bélanger de ce monde et j’adore, mais c’est pas ça qui m’a fait connecter avec le chant, la musique quand j’étais plus jeune, c’était The Fugees, Lauryn Hill, les artistes américains anglophones qu’on connait tous. À cause de ça on dirait que c’était juste naturel pour moi de continuer dans cette lignée-là et je pense que quand j’écris mes mélodies, mes paroles on y voit mes influences initiales.

Myriam : Avec le confinement qui se desserre de plus en plus dernièrement, comment prévois-tu vivre ton lancement? Ton EP a été lancé il y a trois jours, ton lancement est le 9 septembre prochain en personne. Tu peux faire un lancement en vrai, il va y avoir un public, est-ce que tu penses ensuite te lancer dans une tournée, prévois-tu faire des spectacles ou c’est encore trop incertain?
Laroie : Moi c’est certain que je reste super ouverte pour des spectacles, j’adorerais ça, ça faisait partie de mon quotidien avant que la pandémie nous bardasse (rires). C’est sûr que les shows pour moi c’est une manière tellement particulière et unique de partager sa musique, de connecter avec les gens, de développer son audience, donc c’est sûr que c’est quelque chose qui est très cher pour moi. Je ne dirai pas non aux opportunités mais pour l’instant ça se développe tranquillement. J’ai vraiment hâte à la semaine prochaine parce qu’en effet ça va être un contexte de show avec un public et ça va faire du bien à l’âme et en plus c’est à l’extérieur donc on dirait qu’il y a pas ce… je sais que dans les salles en ce moment, la vibe est différente, il y a de la distanciation en termes de placement, le masque… ça ajoute un petit côté un peu froid de ce qu’on connaissait avant du concert live en salle ou non. C’est tellement de contraintes que ça change vraiment la dynamique donc je suis contente que là j’ai pu trouver […] le Boxermans avec qui je vais collaborer en extérieur et ouvert à tous.

 

Myriam : Si tu pouvais prendre ma place de journaliste pour une question, quelle question te poserais-tu, en y répondant?
Laroie : Je pense que je me demanderais : c’est comment être dans un monde solo aujourd’hui après 10 ans de performance en duo?
Parce que c’est définitivement différent (rires). Tout est différent, c’est comme une réadaptation, un réapprentissage du milieu, c’est vraiment spécial, c’est comme des cheminements qu’on connait mais qu’on recommence avec une vision et un regard extérieur complètement changé. Autant que c’est challengeant parce que tu n’as pas nécessairement l’appui sur l’autre que tu as dans un contexte de groupe, de band, mais en même temps tu as tellement une liberté créative, tu as tellement un rush d’adrénaline différent en termes d’accomplissement, de création et d’objectifs qu’on se lance personnellement. Je trouve que c’est une aventure plus excitante.

1. Ton lecteur de musique plante sur une île déserte, tu peux seulement écouter une chanson, c’est laquelle?
And The Beat Goes On – The Whispers

2. Ta chanson de rupture préférée?
Hard Place – H.E.R

3. Ta chanson d’amour préférée ?
Like You’ll Never See Me Again – Alicia Keys

4. Un.e artiste que tu aimerais que les gens connaissent davantage ?
Emmavie

5. Si tu pouvais écouter un seul album pour l’année à venir, ce serait lequel?
Texas Sun by Khruangbin & Leon Bridges

6. La chanson qui te rend le plus heureux ?
Show Me LoveRobin S & If You Could Read My Mind – Stars on 54

7. Un.e artiste / groupe qui t’inspire beaucoup ?
Daniel Bélanger

8. La chanson qui t’obsède en ce moment?
Coco Blood – Celeste

9. Une chanson que tu aimerais avoir écrite?
Killing Me Softly With His Song – The Fugees

10. Ta chanson (à toi) préférée?
Gather My Love – Laroie

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