#M4MTL15 : Hey Rosetta! + Yukon Blonde

Soirée indie-rock d’un océan à l’autre

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© Scott Blackburn

par Mélissa Thibodeau

M pour Montréal se concluait hier soir avec une autre foule de spectacles présentés un peu partout sur l’île. Alors que le Metropolis de Grimes affichait complet, j’ai plutôt préféré me rendre au Théâtre Corona afin de m’imprégner de l’indie pop, rock et folk de Hey Rosetta! et de Yukon Blonde, deux groupes bien en vue sur la scène musicale canadienne. Cet arrêt montréalais s’inscrivait dans une tournée coplateau automnale pancanadienne.

Yukon Blonde

« Yukon Blonde? Are you Yukon Blonde? » me demande un homme âgé en faisant référence à ma tignasse garnie de mèches blondes alors que j’attendais dans la file. Il blaguait bien sûr. J’ai le regret de vous avouer que je ne suis pas un orchestre indie pop rock originaire de la Colombie-Britannique. Mais je pense que cette troupe aime autant danser que moi, si une telle chose est bien possible.

Yukon-Blonde

Photo : Facebook du groupe

Cette troupe originaire de Kelowna sur la côte pacifique canadienne, est formée de Jeffrey Innes, à la guitare et la voix principale, Rebecca Gray, aux claviers, Brandon Scott à la guitare, Graham Jones à la batterie et James Younger. Le groupe a lancé en juin dernier, On Blonde, leur troisième enregistrement complet en carrière, avec lequel il présentait à leurs fans, anciens et nouveaux, un son plus synthé, plus dansant avec des mélodies accrocheuses à souhait.

Le groupe avait commencé à l’heure pile. Malheureusement pour moi et pour quelques centaines d’autres spectateurs, nous étions encore dans la filée, à attendre que chacun d’entre nous passe aux détecteurs de métaux, consignes de sécurité obligeant.  J’ai donc malheureusement manqué une bonne partie du spectacle. Heureusement, les quelques minutes que j’ai pu passer avec eux étaient bien joyeuses. On nous a livré des hooks sérieusement estivales qui contrastaient allègrement avec la froideur de novembre qui nous attendait sagement à l’extérieur. J’ai pu reconnaître l’appropriée Saturday Night, le premier extrait radio de leur dernier album, et j’ai aussi secoué un peu mon popotin sur Radio, que l’on trouve sur Tiger Talk, paru en 2012.

La prochaine fois, je gagnerai d’être plus en avance.

Hey Rosetta!

Ce petit orchestre indie roule sa bosse depuis plus d’une décennie. Après plusieurs années à jouer dans des pubs miteux, des bars étudiants et même à faire du porte-à-porte afin de chanter des chansons de Noël, le septette a acquis une réputation de scène solide et ne cesse de gagner de nouveaux fans. D’ailleurs, la dernière fois que je les ai vus était justement dans un pub miteux de Moncton, il y a de cela plusieurs années. Quelle belle évolution depuis…

La salle a accueilli le groupe sous un torrent d’applaudissements et de cris d’approbations. Alors que les membres prenaient place sur la scène, celle-ci se transformait avec la descente d’un rideau scintillant grâce aux ampoules installées un peu partout. Ce spectacle de lumière a donc accentué avec intensité la musique rassembleuse du groupe tout au long de la soirée.

Au centre se trouve Tim Baker, le chanteur et parolier principal de ce septette, qui possède un coffre vocal à la fois puissant et vulnérable, un médium parfait pour sa poésie contemporaine, inspirée de la quête de vérité à travers des histoires d’amour et de luttes quotidiennes. Bakes est entouré de musiciens extrêmement talentueux qui ajoutent des nuances et textures multidimensionnelles à ses textes. Phil Maloney tient le rythme derrière sa batterie, Josh Ward complète la section rythmique à la basse, alors que Adam Hogan, manie la guitare électrique. À ceux-ci s’ajoute Kinley Dowling que l’on a vu jouer du violon, du clavier ainsi que des percussions. Mara Pellerin a saupoudré la musique avec ses cuivres. Romesh Thavathan jonglait les instruments parfois même pendant la même chanson passant du violoncelle aux claviers, aux percussions. Tous contribuaient aux harmonies vocales.

Que ce soit des balades remplies d’émotions ou des hymnes mobilisateurs, Hey Rosetta! a manié la foule qui était remplie de fans finis. Ces derniers se sont d’ailleurs mis à scander le nom du groupe à quelques reprises pendant le spectacle, au cas où on aurait eu le malheur d’oublier qui était sur la scène. Après un spectacle haut en émotions, on a insisté pour un rappel.

Un rappel qui n’aura pas déçu. Le groupe est revenu sur scène et a invité Yukon Blonde à se joindre à eux afin qu’ils puissent interpréter ensemble, Land You Love, chanson protestataire anti-Harper sortie pendant les dernières élections fédérales. Une sortie encore appréciée du public, même si un nouveau gouvernement s’est installé depuis. Pour terminer le tout, le groupe a offert une reprise bien sentie du classique Stand By Me, autrefois interprété par Ben E. King.

Hey Rosetta! et Yukon Blonde poursuivent leur périple canadien et se dirigent maintenant vers ma région d’origine, la Côte-Est, après un arrêt dans la capitale nationale. La tournée se terminera dans la ville d’origine d’Hey Rosetta, Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador.

Pour en connaître davantage sur les groupes www.heyrosetta.com et www.yukonblonde.com.

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