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Quand la musique fait voyager

Marie-Pierre Arthur & Louis-Jean Cormier aux FrancoFolies

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© Benoit Rousseau

Par Sara Avakian

Les FrancoFolies nous ont offert tout un cadeau en programmant un spectacle unissant les talents de Marie-Pierre Arthur et Louis-Jean Cormier. Les deux artistes étant aussi de bons amis, on se doutait un peu qu’ils allaient nous réserver quelques surprises pour ce spectacle au Métropolis, et on n’a pas du tout été déçus.

Rockeuse Marie-Pierre

À 21 h tapantes, Marie-Pierre Arthur et son groupe – composé d’un claviériste, un batteur, deux guitaristes et deux choristes — ont lancé le bal avec La toile. Dès cette première chanson, on se sentait déjà transportés dans leur univers, un qui était définitivement plus rock que celui que l’on retrouve sur disque. Ces nouveaux arrangements étaient musicalement très captivants, mais malheureusement, ils enterraient souvent la belle voix de la chanteuse.

Pendant l’heure qui lui a été allouée, Marie-Pierre a enchaîné une dizaine chansons en s’arrêtant seulement quelques fois pour remercier la foule. À la voir sautiller en jouant de la basse, le sourire aux lèvres, c’était évident qu’elle était ravie d’être sur scène entourée de ses amis. Au milieu de sa performance, Louis-Jean Cormier en a profité pour faire une apparition et, par le fait même, déployer ses talents de danseur et de joueur de maracas. Un beau moment de complicité entre musiciens!

Côté setlist, même si les pièces de son plus récent album Si l’aurore étaient clairement mises de l’avant, ElleFil de soie et Si tu savais, qui elle s’est terminée sur un électrisant solo de batterie, ont toutes deux eu leur moment de gloire. Bonifiée de jeux de lumières éblouissants, la chanteuse nous a livré une performance très envoûtante.

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© Benoit Rousseau

Généreux Louis-Jean

L’auteur-compositeur-interprète est monté scène à 22 h 30 en interprétant, comme lors de son lancement, Les hélicoptères, St-Michel, puis Si tu reviens. Ça fait peut-être juste trois mois que Les grandes artères occupent les tablettes des disquaires, mais les fans ont vite appris les paroles. On l’a senti notamment pendant Si tu reviens, le premier single de l’album. « Wô là. Merci les choristes d’être aussi en feu! », a lancé Louis-Jean avant d’entamer un drôle de discours allant un peu de tous bords tous côtés. « La seule chose à retenir de ce cafouillage, c’est qu’on veut te faire rire, te faire pleurer, te faire voyager… », a-t-il finalement abouti. Et pour nous faire voyager, ça, il l’a fait. En l’espace d’une centaine de minutes, le chanteur nous a donné l’impression d’avoir assisté à trois concerts distincts : une grosse production bien rodée accompagnée d’une section de cuivres, une session de jam entre vieux chums, et un spectacle acoustique d’un duo.

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© Benoit Rousseau

Après l’enchainement impeccable de Tête première, Vol plané et Le jour où elle m’a dit je pars, Cormier a quitté son « set up original pour un set up pas vraiment original » pour enfin nous offrir quelques pièces de l’album Le treizième étage. Dans cette ambiance de concert improvisé, tous les musiciens présents se sont rassemblés pour jouer des versions revampées et plus rythmées de Bull’s eye, Le cœur en téflon et Tout le monde en même temps. Ça chantait, ça dansait, ça riait…Un vrai party, quoi!

Pour reprendre son souffle après cet interlude festif, Louis-Jean Cormier s’est muni de sa guitare sèche et s’est placé devant un micro avec la pétillante Marie-Pierre Arthur à ses côtés. Ensemble, ils nous ont fait cadeau (il n’y a vraiment pas d’autres mots) d’une sublime interprétation d’Oublie pas de Karkwa. C’était beau à en donner des frissons. Par bonheur, ce charmant segment acoustique a été prolongé avec la chanson qui clôt Les grandes artèresMontagne russe.

De retour dans le set up original, le chanteur a repris avec une version plus rock de Faire semblant, un choix qui m’a surprise puisque Marie-Pierre Arthur, qui chante le chœur sur la version enregistrée, était dans la salle. Traverser les travaux, Un refrain trop long (dédiée aux gens qui se mobilisent contre le forage pétrolier), puis finalement La fanfare ont suivi. Le groupe a quitté la scène sous les cris retentissants de la foule, pour y revenir seulement que deux minutes plus tard pour un rappel qui était composé des pièces Complots d’enfants et Deux saisons trois quarts.

Fidèle à son habitude, le charismatique Louis-Jean Cormier a offert un concert de grande qualité tout en se montrant extrêmement généreux et proche de son public. Pas surprenant qu’il soit l’un des chouchous de la scène musicale québécoise!

 

Crédit photo : © Benoit Rousseau, ©Andrée-Anne Joly/MatTv.ca (couverture)

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