Les soeurs Boulay : rentrée montréalaise

Un retour en force pour un public conquis

© François Daoust/MatTv.ca

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Les attentes étaient grandes et palpables de la part du public au Club Soda le jeudi 17 octobre dernier. Un auditoire impatient de redécouvrir, après plus d’un an et demi d’absence, le duo des sœurs Boulay.  Tandis que l’automne nous apportait sa première tempête de pluie, de froid et de grands vents, derrière les murs de l’amphithéâtre, le temps s’était, quant à lui, arrêté. Comme toujours, pas assez longtemps pour la foule, qui en aurait pris davantage. C’est d’ailleurs pour la sortie de leur dernier album La mort des étoiles que cette rentrée montréalaise nous a été présentée.

Deux belles jeunesses sur scène avec le désir de célébrer leur retour et la volonté de reconquérir un public qui, lui, leur a prouvé sa fidélité d’avant en les acclamant sous grands fracas d’applaudissements après chacune des interprétations. Accompagnées de Francis Mineau, Gabriel Gratton et le Quatuor Esca tout en musicalité.

Un retour à la suite d’un arrêt pour une, ayant pris le soin de peaufiner un petit Léonard. Vivant une nouvelle maternité qui la rend assumée et resplendissante. L’autre ayant profité de l’absence de sa cadette pour apprendre à apprivoiser le silence de son être, se découvrir en tant qu’unique en ayant perdu, un certain temps, sa moitié. En passant par la méditation trouvée sur Wikipedia et la sortie d’un album solo, Ce que je te donne ne disparaît pas. On la sent, elle aussi, tout autant accomplie, malgré la brève séparation qui l’a transformée. Bref, il était temps que cette intermède cesse pour notre plus grand plaisir.

Avant le début de la soirée, elles nous ont invités à leur faire parvenir, via leur compte Instagram, la réponse à une question existentiel à savoir « ce que nous nous souhaitions pour le futur »? La lecture des réponses s’est faite, sans filtre et autodérision, tout au long de la soirée, créant de beaux moments improvisés. Un fil conducteur du début à la fin. Il nous a amené des instants de confidences qui, tantôt, nous ont fait rire aux larmes et, tantôt, imprégnés de parcelles de souvenirs d’enfance captés sur caméra par leur papa et retransmis sur le grand écran en fond de scène, nous ont fait chavirer dans l’univers des p’tites Boulay. Une Mélanie pas plus haute que trois pommes qui titube en dansant auprès de sa sœur Stéphanie, qui, initiant les pas de danses tout en chantant dans un décor tout droit sorti des années ’90 sous les airs de Fais attention des B.B. 

Rencontrer la complicité qui s’est établie en si bas âge nous fait encore plus apprécier la soirée.  Aucun hit n’a échappé à la liste des prestations. Couteaux à beurre, Shooters, Nous après nous et j’en passe. La liste était admirablement longue à notre grande satisfaction.

Une entrée en la matière avec Le chignon du cou pour nous reconnecter avec la symbiose et la complicité qui nous ont été habituées par la plus belle des fratries que le Québec nous a permis de connaitre. Dynamisant du coup l’auditoire pour un 90 minutes de pur bonheur.

Des chansons entrecoupées d’anecdotes, d’histoires, d’explications sur l’origine des titres, redonnant encore plus de prestances aux paroles. Mappemonde existe, heureusement, en raison du fait qu’un garçon n’a pas voulu sortir avec la jolie Stéphanie. Une écriture qui a permis le hit qu’on lui connaît. Merci d’ailleurs à cet anonyme. Comme quoi, il y a parfois du positif dans ce que l’on croit perdu.

Un mélange de trois albums. Le poids des confettis, 4488 de l’amour et La mort des étoiles. Une combinaison parfaite pour renouer et unir nos voix aux leurs et, ajoutée aux belles découvertes de leur dernier album. Des instants d’euphorie et d’autres où le moment de recueillement se fait sur fond de ballades.

Les moments forts de la soirée furent nombreux, la reprise du monument de la francophonie : Pour que l’amour qu’il nous reste de Francine Raymond fut, quant à elle, saisissante. Chanté en unissant leurs doigts au clavier pour s’accompagner. Un moment de puissance et de légèreté.

Une finale avec Show de boucane où les premières rangées dansaient sous le dynamisme des sœurs. Un public hypnotisé et subjugué. Réclamant encore plus. Trop d’énergie dans l’assistance pour nous laisser partir ainsi. S’en est suivi un rappel de trois derniers titres de leur dernier album. Se sont alors succédées La mort des étoiles, Je rêve et la belle Immensité.  La mort des étoiles tout à fait spectaculaire visuellement. Couchées au sol, nous invitant, en une belle suggestion, à la découverte d’un ciel étoilé. Un moment feutré, rempli de recueillement et imprégnant.

Vous pourrez voir Les soeurs Boulay en spectacle partout au Québec. Pour plus de détails, c’est ici

En première partie, une belle découverte qui sortira son premier album au début 2020 : Thierry Larose. Un artiste émergent rempli de charisme qui a su bien jumeler sa voix tout en douceur au rythme de ses interprétations dont Cache-cou, de qui, on lui connaît déjà un vidéoclip. À suivre.

Crédit photo : © François Daoust/MatTv.ca

Texte révisé par : Annie Simard

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