Le retour de 123 Punk!

Le retour aux sources

©Alexandre Charron/Le Belvédère – Studio Multimédia

Par : Ariane Coutu-Perrault 

Depuis le début de la pandémie, le secteur culturel se trouve en grande difficulté, bien qu’il y avait déjà une précarité chez les artistes, les productions et les salles de spectacles. Si le confinement n’a pas aidé à la cause, les producteurs, comme District 7 production ont dû se renouveler avec les évènements en ligne. Dans cet ordre d’idées, Karl-Emmanuel Picard, qui dirige District 7 production et co-propriétaire de l’Anti Bar-Spectacle, confie en entrevue qu’il a senti qu’il devait remplir la mission de garder la scène musicale vivante. Quelque temps après le début de la pandémie, il décide d’organiser, avec une équipe bien étoffée, plusieurs spectacles en ligne, en direct de son bar, qui est bien connu à Québec pour recevoir des artistes parfois dits plus marginaux. C’est d’ailleurs lui qui a approché Rej Laplanche pour faire Le retour de 123 Punk, émission culte vers les années 2000 sur les ondes de Musique Plus. Depuis quatre ans, le bar tenait un party de Noël 123 Punk, et la réponse était très bonne. Avec la pandémie, il faut dire que le projet tombe à point, tout comme les initiatives de Karl-Emmanuel Picard, plus que pertinentes.

Pour le premier épisode, on sent beaucoup de nostalgie chez les têtes grisonnantes qui ont connu la gloire du punk, au sens large, il y a de cela plus de 20 ans. C’est un samedi de Saint-Valentin pandémique qui réunit des gens d’un peu partout dans le monde pour revivre leur amour de jeunesse. La formation de punk mélodique MUTE, originaire de Québec, monte sur scène et démontre que leur 22 ans de carrière fait gage de succès et de talent. Ils livrent une excellente performance des plus rythmées, jusqu’à en déstabiliser le présentateur qui, comme tous les téléspectateur-e-s, s’ennuie des spectacles en salle. On en vient presque à ressentir la chaleur et la sueur de ces évènements, qui viennent mettre un baume sur nos cœurs confinés.

La première entrevue met en vedette Hugo Mudie, chanteur pour la formation The St-Catherines et co-fondateur du Pouzza Fest avec Hélène McKoy, qui semble réellement heureux de retrouver son vieux chum et de se remémorer les souvenirs des tournées. Il affirme, au grand bonheur des festivalier-e-s qu’il ne souhaite pas « tirer la plogue » du Pouzza Fest, qui a créé un grand vide lors de son annulation en mai 2020. Comme il le mentionne, les fanatiques de punk se sont approprié ce festival en s’identifiant à celui-ci. Il parle également de sa nouvelle maison de disque indépendante, Fantasio Club, lancée avec sa collègue Laurence Lebel, il y a quelques semaines. Bien qu’on y retrouve certains bands punk rock, tels que Lost love, le label présente « des artistes de tous horizons et styles, hors norme et originaux, trempés légèrement dans un punch aux fruits à saveur punk ».

Les souvenirs se poursuivent avec Martin, le drummer de MUTE et Fat Mike, qui ont tous les deux vécu de beaux moments, un peu trash avec Rej Laplanche lors des émissions et des tournées 123 Punk. Comme à l’origine de l’émission, à la suite des entrevues, l’invité lance un vidéoclip, avec une caméra beaucoup plus stable qu’à l’époque d’images mouvementées de 123 punk. On commence en nostalgie avec entre autres, Blink 182, Les vulgaires Machins et The St-Catherines. La brasserie artisanale Griendel est à l’honneur avec leur bière Mute punkrock, une double IPA qui « donne le goût d’aller dans le pit » la bouche un peu molle.

Si on comprend pourquoi le premier épisode se voulait un retour aux sources, présentant des vieux de la vieille, des pionniers de la scène punk, on peut espérer une vague de jeunesse et d’actualité dans les 11 prochains épisodes. Il est inévitable de constater qu’il n’y a aucune femme, femme trans ou de personne ne s’identifiant pas au genre masculin, dans la première présentation, mis à part Camille, Tania et Elsie dans l’équipe derrière la caméra, on les salue! Le punk rock actuel se veut beaucoup plus inclusive, safe space et gender fluid qu’à l’époque des débuts de 123 Punk. Le prochain épisode, le 11 mars, quelques jours après la Journée de la femme, aura Émilie Plamondon comme invitée, chanteuse et chroniqueuse très importante dans la scène punk. On espère que les épisodes mensuels continueront dans cette lancée en y incluant plus de minorités visibles, autant dans les invité-e-s que dans les vidéoclips présentés.

Ne ratez pas le prochain épisode qui mettra en vedette le groupe Carotté ainsi que Martin Coutu et Joey Cape. Suivez également les nombreux spectacles en webdiffusion présentés par District 7 production!

 

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