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La nuit de la déprime

Tester positif à la déprime

Christian BéginMaryse Phaneuf/MatTv.ca

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Le troisième lundi du mois de janvier, surnommé lundi blues, serait, dit-on, la journée la plus pénible et la plus déprimante de l’année dont, le point de convergence fait face à de nombreux facteurs négatifs : résolutions non tenues, rigueurs de l’hiver, manque de soleil, hiver qui ne finit plus de finir …

Faute de pouvoir se célébrer le 17 janvier dernier compte tenu des restrictions de fermetures des salles, La nuit de la déprime, dans sa deuxième édition, s’est tenue le 11 avril au Théâtre St-Denis devant une salle comble et plus que comblée.

Plutôt que de s’apitoyer sur notre sort, plusieurs artistes nous ont, ainsi, permis de nous sortir de notre gouffre et, souligner de façon remarquable cette journée emblématique qui nous entraîne dans les bas-fonds de la déprime

Animation en temps de covid

Émilie et Paul Daraîche

Plusieurs artistes se sont succédé pour nous chanter des œuvres teintées de paroles qui pourraient nous ajouter à la déprime et qui, entrecoupées d’introductions de la part de l’animateur de la soirée, Christian Bégin, ont suscité de grands éclats de rires.

Christian Bégin a, pour une deuxième année, relevé avec brio ce grand défi de faire rire un public en supposé pleine tristesse. Coup de chapeau au costume de l’animateur qui, faute d’informations, croyait que la soirée serait diffusée par visioconférence d’où la tenue vestimentaire veston-cravate et bas de pyjama. Entamant l’introduction avec un: Je vous regarde la face … du moins ce qu’il en reste! Prétextant avoir l’impression d’animer devant un colloque d’hygiénistes dentaires. Saluant par la même occasion la foule en hurlant un: Comment ça va ma gang de pas de bouches!

 Le retour sur scène d’artistes adulés

Kim Richardson

Une belle variété d’artistes s’est présentée sur la scène sous les acclamations de la foule. Plusieurs d’entre eux se sont même vu offrir des ovations grandement méritées.

L’incomparable Luce Dufault nous a offert avec sa voix majestueuse et puissante Quand les hommes vivront d’amour du célèbre Raymond Lévesque. S’en est suivi d’une belle surprise. Les premières notes de Dors Caroline de Johanne Blouin qui a su obtenir la participation de la foule pour chanter avec elle. Personne ne s’est d’ailleurs fais prier.

Paul Piché a ému le public avec sa reprise si bien interprétée avec une gestuelle poétique de son succès L’escalier. Tout comme Boom Desjardins qui a repris son grand succès Calvaire. Christian Bégin dira d’ailleurs de son intense prestation: Toute la douleur de l’Abitibi dans le seul corps du même homme. 

Kim Richardson, a interprété I will survive à sa façon. Un silence emplissait l’amphithéâtre tant sa voix subjuguait l’auditoire. La puissance de sa voix était saisissante, touchant au passage l’âme et le cœur de tous. Un des moments forts de la soirée. Le rideau s’est baissé pour un entracte sur les notes envoûtantes de la diva et que le public en redemandait.

Le retour de l’entracte fût souligné en hommage à Renée Martel, qui nous a quittée récemment, par son ami de toujours Paul Daraîche accompagné de sa fille Émilie Daraîche. Je pars à l’autre bout du monde étant largement approprié puisqu’il s’agissait de la chanson primée du dernier album de Renée et Paul.

Ceux qui nous ont émus et surpris

Fanny Bloom et Christian Bégin

Ines Talbi, artiste multidisciplinaire, a choisi une interprétation de Nothing Compares 2 U de la star Sinéad O’connor. Vibrante dans cette démonstration de son talent unique. Fanny Bloom a, pour sa part, rendu un vibrant hommage à Karim Ouellet en partageant ce moment précieux, assise au piano ou ses doigts, sur les notes blanches et noires a interprété de façon remarquable et émouvante Nos cœurs. Un hymne qui n’a pas manqué d’être acclamé et salué.

Marina Orsini, avec sa voix qui possède un grain unique a chanté Ailleurs de Marjo. Elle a su rendre captif le public qui dansait et chantait sous ses vocalises. Christian Bégin l’a, d’ailleurs qualifié de seule femme au Québec qui fait un pudding chômeur en riant le matin et nous fait brailler le soir dans un téléroman. Ça en dit beaucoup des talents multiples de l’artiste.

Jean-Sébastien Girard nous a interprété, pour une deuxième année son Medley de chansons tristes à souhait pour un célibataire. Accompagné de sa mère pour interpréter Tu t’en vas de Alain Barrière.

Daniel Boucher

C’est dans une langoureuse complainte sur l’amour que Ariane Roy, accompagnée de sa guitare a interprétée Miracle tirée de son dernier album Medium plaisir.

Le plaisir d’entendre Elliot Maginot s’accompagner au piano avec la pièce Voir un ami pleurer de Jacques Brel. Un moment rempli de sensibilité.

Le seul humoriste de la soirée, André Sauvé, c’est improvisé professeur de passe-temps pour tuer le temps, nous rapprochant peu à peu de la mort. La confection d’un centre de table sera, dorénavant, loin d’être un mystère pour tous.

Une finale invitante à une troisième édition

Martine St-Clair

Martine St-Clair a été remarquable avec Y’a de l’amour dans l’air. La voir et l’entendre était un retour en arrière, révélant un intemporelle artiste. Daniel Boucher, pour sa part, a su inviter le public a danser sur La désise. Les premières notes de guitare et la foule s’est enflammée. Toujours maître de la scène en invitant l’animateur à le suivre à improviser les gestuelle du refrain.

Une troisième édition

Le troisième rendez-vous prévu le 23 janvier prochain aura tout un défi à relever compte tenu des succès des deux premières éditions. Présenté à nouveau au Théâtre St-Denis, sous l’agence Les agents doubles.

La 3e édition du spectacle sera assurément aussi désespérante et plus tordante, nous le souhaitons. Les billets seront en vente ce samedi 16 avril à midi.

Pour vous faire une idée de la première édition, vous pouvez suivre ce lien

Crédit photo : Maryse Phaneuf/MatTv.ca

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