La chronique littéraire : les Prix littéraires du Gouverneur général fait connaître ses livres gagnants

Les femmes à l’honneur en langue française

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Par : Johanne Mathieu

Le 29 octobre dernier, le Conseil des arts du Canada a fait connaître ses lauréats dans le cadre des Prix littéraires du Gouverneur général (Livres GG) 2019. Cette année, le meilleur de la littérature en langue française se conjugue au féminin, puisque ce sont sept lauréates qui ont remporté un Livres GG dans les sept catégories. Voici les livres gagnants pour chacune d’elles.

Un LivresGG à son premier roman

À son premier roman, Céline Huyghebaert remporte un Livres GG. Le drap blanc, paru au Quartanier en 2019, touche aux thèmes de l’absence du père, de la mémoire et manques. Ce roman se situe entre le récit autobiographique, l’enquête journalistique et le journal intime. Également artiste, l’auteure est originaire de France, mais s’est établie à Montréal depuis 2002.

Deux auteures qui font leur marque en littérature jeunesse

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Dans la catégorie Littérature jeunesse, ce sont deux auteures qui font leur marque qui ont remporté un prix. Stéphanie Lapointe et Delphie Côté-Lacroix ont obtenu le prix de la catégorie Littérature jeunesse – livres illustrés, alors que c’est l’auteure Dominique Demers qui s’est démarquée dans la catégorie Littérature – texte.

On la connaît en tant que chanteuse et actrice, mais Stéphanie Lapointe se taille actuellement est une belle place en littérature jeunesse. C’est son livre Jack et le temps perdu (Éditions XYZ) qui lui a valu un Livres GG, ce conte inspiré de Moby Dick, une folle aventure où le pêcheur est prêt à tout quitter et même à perdre son âme. En 2016, l’auteure avait gagné un prix dans cette même catégorie avec son premier roman graphique, Grand-père et la lune (Quai no 5). Elle travaille actuellement comme réalisatrice-documentariste pour la télévision. Elle est également l’auteure de la série jeunesse Fanny Cloutier (Les Malins). Quant à Delphie Côté-Lacroix, Jack et le temps perdu est le deuxième livre qu’elle illustre. Son premier, Florence et Léon (Québec Amérique) a été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général, en 2016. Elle partage son temps entre illustration, design graphique et motion design.

Après avoir été avoir été quatre fois finaliste, Dominique Demers a remporté les honneurs pour une première fois pour la catégorie Littérature jeunesse – texte, avec son roman L’albatros et la mésange. Avec ce livre, l’auteure livre un roman empreint de passion, un récit touchant qui raconte la réalité de deux adolescents avec grande sensibilité. Elle y aborde des thèmes comme la religion, l’amour, la famille, mais aussi le viol, des sujets très actuels. Écrivaine, conférencière et formatrice, elle a signé plus de 70 œuvres pour enfants, adolescents et adultes. Elle a également été journaliste à L’actualité, critique littéraire pour Le Devoir ainsi que scénariste de longs métrages et conteuse pour Radio-Canada. Dominique Demers s’est illustrée autant en littérature qu’en journalisme, remportant de nombreux prix. Son implicaton est aussi reconnue en ce qui concerne la lecture auprès des enfants. Son ouvrage Au bonheur de lire, qui a obtenu le prix Raymond-Plantem, le prix Eureka et l’Ordre du Canada, le démontre bien.

Un premier essai remarqué

Anne-Marie Voisard s’est illustrée aux Prix littéraires du Gouverneur général, remportant un LivresGG pour son premier essai avec Le droit du plus fort. Nos dommages, leurs intérêts (Écosociété). L’auteure s’est intéressée ici à la critique du système de justice, notamment l’utilisation des tribunaux par des personnes et compagnies en situation de pouvoir. Avec cette question peu abordée au Québec, elle touche dans cet ouvrage au droit et à la liberté d’expression dans l’édition, mais aussi à la censure, avec des comparaisons au procès de Kafka. L’auteure a livré ici un ouvrage politique, d’une qualité littéraire exceptionnelle, qui contient des formules-chocs avec beaucoup d’ironie. Anne-Marie Voisard a été responsable des affaires juridiques de la maison d’édition Écosociété pendant l’affaire Noir Canada.

Théâtre, poésie et traduction

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La dramaturge et traductrice primée, Mishka Lavigne, a remporté la catégorie Théâtre, avec sa pièce Havre (L’Interligne). Cette œuvre raconte l’histoire de deux personnages, abordant les thèmes du manque, de l’absence et du vide, de même que celui des rencontres qu’on fait quand tout s’écroule. Créée par la Troupe du jour de Saskatoon, la pièce de théâtre a été jouée au POCHE/GVE à Genève et publié aux Éditions L’Interligne en 2019. Sa nouvelle création en français, Copeaux, sera produite par le Théâtre de dehors, en collaboration avec le Théâtre La Catapulte et les Créations In Vivo. La pièce sera jouée en mars 2020. Mishka Lavigne est aussi traductrice théâtrale et littéraire et a signé une douzaine de traductions tant en français qu’en anglais.

Le LivresGG en poésie revient cette année à Anne-Marie Desmeules pour son recueil Le tendon et l’os (L’Hexagone), qui parle de l’ambivalence d’une mère avec son jeune enfant. La narratrice démontre la noirceur qui s’infiltre dans la maternité. On se retrouve ici entre la dépendance mutuelle du ravissement, l’amour inconditionnel et l’impression de vivre une forme de parasitisme. Anne-Marie Desmeules est titulaire d’une maîtrise en études françaises. Elle a été finaliste du Prix de la poésie de Radio-Canada, et en mars 2019, elle a participé au Mois de la poésie. L’auteure a également participé à la création de plusieurs spectacles littéraires et a publié dans différentes revues. Cette personne très laide qui s’endort dans mes bras, paru à L’Hexagone en 2017, est son premier recueil. Anne-Marie Desmeules fait partie de la génération montante des jeunes poètes actuels. Elle habite actuellement à Lévis.

Pour sa traduction en français du livre Nous qui n’étions rien (Do Not Say We Have Nothing) de Madeleine Thien, paru chez AltoCatherine Leroux a remporté un LivresGG. Ce roman raconte l’histoire d’une fillette de 10 ans et de sa mère qui invite un réfugié chinois dans sa maison. Les thèmes qui y sont abordés sont l’injuste silence des disparus, la résilience, la force de la mémoire, le pouvoir de la musique et de l’écriture. L’auteure pose également une question pertinente : dans quelle mesure une société est juste? Un livre dense, très littéraire, la traduction se trouvant à la même hauteur que l’original. Romancière et traductrice, Catherine Leroux a reçu le prix John-Glassco pour sa traduction de Us ConductorsCorps conducteurs, de Sean Michaels. Elle a reçu également plusieurs prix et nominations pour ses romans La marche en forêt et Madame Victoria. Vivant à Montréal, elle travaille à l’écriture de son quatrième roman et sur de nombreux autres projets littéraires.

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