La chronique littéraire : Le dernier caribou

La nature à l’avant-plan

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Par : Johanne Mathieu

Avec le déclin continuel des populations de caribous forestiers et de bélugas du Saint-Laurent, les efforts déployés jusqu’ici pour leur éviter l’extinction ont-ils été suffisants? Le biologiste et auteur Michel Lebœuf signe ici son dernier ouvrage, Le dernier caribou, publié aux Éditions Multimondes

Les jours de certaines espèces sont en danger, même comptés. Quel est le sort réservé aux espèces qui sont actuellement en péril, menacées de disparaître? Ce n’est pas comme si nous n’avions pas tous les outils nécessaires pour remédier à la situation. Présentement, les stratégies de conservation de la nature, fondées sur la protection d’une espèce rare, sont inefficaces. Plutôt que de s’attarder au sort d’un seul animal, la clé résiderait-elle dans le fait de sauvegarder l’intégrité d’un écosystème auquel sont liés tous les êtres vivants? Michel Lebœuf croit que notre vision de la nature n’est peut-être pas la bonne. Il invite à une prise de conscience sans équivoque, où seraient attribués à la nature des droits fondamentaux, comme ceux que l’on reconnaît à tous les humains sans distinction.

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Dans Le dernier caribou, le biologiste sonne l’alarme. Les lois actuelles de conservation de la nature sont infructueuses et n’arrivent pas à freiner la disparition des espèces et la dégradation des écosystèmes. L’auteur met de l’avant de sérieuses pistes à suivre dans cet ouvrage divisé en quatre actes. Il propose ainsi d’en finir avec la compétition, en portant davantage attention aux interactions positives plutôt qu’aux interactions négatives entre les espèces; avec l’espèce elle-même, en pensant autrement le vivant et en reconsidérant cette notion; avec l’érosion de la biodiversité, en s’intéressant aux interrelations entre tous les organismes vivants; et finalement, avec les lois inefficaces, en changeant notre façon de concevoir le milieu naturel. Il y est aussi question des principales menaces qui planent sur la biodiversité et d’une nouvelle approche juridique, qui concerne la notion des droits de la nature.

Michel Lebœuf démontre que c’est l’équilibre des milieux naturels qui est en jeu, car lorsqu’une espèce disparaît, cela a une incidence directe sur ses relations avec toutes les autres espèces, quelles qu’elles soient. Selon lui, « ce n’est pas l’animal ou le végétal lui-même qu’il faut protéger, c’est tout ce qui l’entoure. » Ce livre contient des stratégies et concepts judicieux à envisager, pour éviter de dire le dernier caribou, le dernier béluga, la dernière abeille. Un ouvrage éclairant qui place la nature à l’avant-plan. Un ouvrage sur lequel s’attarder pour les lecteurs s’intéressant au sujet.

Le dernier caribou, de Michel Lebœuf (2020), Éditions Multimondes, Montréal, 222 pages.

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