Entrevue avec Patrice Michaud qui animera Star Académie en février

À la conquête d’un nouveau défi de taille

© Maryse Phaneuf/MatTv.ca

Par Marie Eve Archambault

Une zone de surprise a effleuré le Québec mardi avant-midi lorsque le producteur, Jean-Philippe Dion, a annoncé l’identité du nouvel animateur de la nouvelle mouture de Star Académie. Personne ne s’attendait à voir Patrice Michaud à la barre de l’animation. Pourtant, après une courte réflexion, c’était la personne tout indiquée pour relever avec brio ce mandat.

MatTv s’est entretenu avec l’auteur-compositeur-interprète au lendemain de la grande annonce.

On a appris que tu seras le prochain animateur de Star Académie pour les galas de variétés les dimanches soir. Est-ce que tu seras aussi celui qui assurera l’animation des quotidiennes?

Il n’y a pas de mandat d’animation pour les quotidiennes. Elles prendront plus l’allure de docu-réalité. La réalisation sera plus sur les candidats, le musical, l’apprentissage, la réalité de chacun et le diamant brut que chacun va porter en soi. Moi, mon premier mandat sera l’animation des grandes soirées du dimanche, mais c’est clair que je vais venir faire de petites visites sporadiquement pendant la semaine pour aller rencontrer ces jeunes-là autrement que la fin de semaine ou tout le monde sera à broil. Et j’irai aussi m’immiscer dans les cours de mes amis proches. Tout le nœud professoral vient de la musique. On fait tout cela dans la vie et nous avons tous quelque chose à amener ou à échanger avec ces jeunes-là. Et je vais le faire aussi de temps en temps.

À quel genre d’animateur peut-on s’attendre de Patrice Michaud?

J’en ai beaucoup discuté avec Jean-Philippe Dion, mais mon but premier c’est que les gens me reconnaissent! S’ils m’ont proposé ce mandat-là, ce n’est pas pour rien. J’ai rapidement senti que je n’avais pas à me prendre pour un animateur vedette ou à essayer de calquer le travail des gens que j’admire. Il y a deux pôles sur lesquels je vais m’attarder. Il y a d’abord celui de bien me préparer. J’ai une équipe formidable et bien expérimentée qui sait qu’elle travaille avec un animateur recru. Elle va travailler à bien me structurer et à bien me préparer. Dans ma vie professionnelle, je suis à mon meilleur lorsque j’ai beaucoup travaillé. C’est à ce moment-là que lorsque le moment arrive, j’ai l’air relaxe et en possession de mes moyens.

Je peux aussi être moi et c’est ce que je souhaite. Je ne vais pas commencer à casser du sucre sur des personnalités publiques ou commenter l’actualité de la semaine dans un petit moment éditorial. On n’est pas là pour ça. Je vais y aller avec mon humour, ma personnalité, mon sens du rythme et mon amour pour l’imprévu. Et j’ai une passion pour l’improvisation et c’est toujours important d’avoir ça en poche. C’est la télé que je préfère. C’est la télé qui est toujours on the edge et qui nous apporte le plus de surprises. Si je veux quelque chose de totalement canné, je vais aller acheter le DVD. J’ai envie de faire de la télé dans ce contexte-là et je pense que j’ai ce qu’il faut pour livrer ça.

© Photo officielle

Rapidement, je me suis posé la question : Patrice, est-ce que tu es en train de penser à un futur changement de carrière?

Comment as-tu réagi lorsque la production t’a approché pour être l’animateur de Star Académie?

J’ai été super surpris comme tout le monde à l’annonce mardi! J’ai demandé à Jean-Philippe Dion qu’on se rencontre pour qu’il m’expose les raisons pour lesquelles il avait pensé à moi. Quand il l’a fait, ça avait non seulement du sens, mais ça faisait aussi du sens avec sa vision de la prochaine mouture de Star Académie. Tout le monde fait partie du métier. Ça part de moi à Grégory Charles aller à Yannick Nézet-Séguin jusqu’à Mika. On a tous quelque chose à amener à ces jeunes-là parce qu’on a tous eu une carrière différente.

Rapidement, je me suis posé la question : Patrice, est-ce que tu es en train de penser à un futur changement de carrière? Rapidement, ce fut un non. Moi, je ne vois pas cela du tout comme une ré-orientation de carrière. Je n’ai aucune ambition télévisuelle. Dès ce moment, ça m’a tenté. Il n’y a pas de poids rattacher à devoir. Oui, je veux bien faire les choses, mais ce n’est pas dans le but que l’année prochaine on me rappelle ou dans l’optique de commencer une carrière télévisuelle. Pour moi, c’est un nouveau projet avec beaucoup de nouveautés et beaucoup de choses à apprendre. Ça, ça m’allume.

©Véronyc Vachon/ MatTV

Le stress va aller croissant, mais ça se désamorce par le travail. Il n’y a pas 36 000 solutions.

Comment appréhendes-tu ton rôle d’animateur? J’imagine qu’un léger stress s’installe puisque c’est certain que tu seras confronté à la comparaison.

C’est clair! C’est pour cela que je veux être bon! Ça ne correspond pas à un laisser-aller que je dise que je ne veux pas en faire une carrière. Je veux être bon tout en restant moi-même. C’est clair qu’il y a un stress. Il va aller croissant, mais ça se désamorce par le travail. Il n’y a pas 36 000 solutions. Je vais travailler les deux mains dans le scripte. Alors ce qui va sortir, ça va venir de moi. Si je n’étais pas stressé en pensant à ce poste-là, on aurait un sacré problème!

En spectacle, bien que tu aies une ligne directrice, tu réussis très bien à t’adapter selon le public auquel tu es confronté.

Je compte là-dessus. La connexion avec le public, c’est ce qui m’anime le plus dans mon travail. J’aime tout le reste, mais il n’y a rien qui me met sur un high comme ça. Je sais que ça se passe aussi même quand le public est assis dans leur salon et regarde un écran. C’est cette magie-là que je veux recréer tous les dimanches. Mon rôle, c’est de créer du rythme et d’attacher tous ces grands moments, ces grandes performances, de manière à ce qu’on ait l’impression d’assister à un spectacle de musique. C’est vers là qu’on se dirige. C’est un autre sujet sur lequel j’ai beaucoup parlé avec la production. On est beaucoup plus devant un spectacle musical qui va être à la télévision qu’une émission où l’on place de la musique. Ça va vraiment être axé sur la création et sur ce qui les anime. Comment on exploite ça? On n’ira pas gratter des bobos familiaux. Ça s’est fait. Ça l’a eu son succès, mais on ne va pas là et ça m’interpellait beaucoup.

Je n’aurai jamais mis autant de beaux costumes de ma vie! Et ça, c’est un gros défi pour moi! Je ne suis pas quelqu’un de très à l’aise. Je ne pourrais pas travailler à RDS à devoir être commandité par RW Machin (rires). Il faut que je sois beau. Je n’ai pas trop construit ma carrière sur mon apparence physique. Je vais être beau beau beau.

© Gabriel Talbot/MatTv.ca

Un peu comme à ton spectacle avec l’orchestre symphonique!

Oui, sur mon 36! Tu vois que je ne compte pas de mensonges! Le veston a pris le bord assez vite! Je vais être obligé de le garder. On rigolait avec ça, mais les gars de la production m’ont dit que ça sera super beau. Ce n’est pas comme si ma blonde n’était pas contente de la nouvelle.

Dis-moi Patrice, as-tu un souvenir relié à Star Académie?

Je me souviens surtout de la toute première édition. Je pense que c’était en 2003 parce qu’il y a un garçon que je connais qui a participé. On a fini notre secondaire à la même polyvalente en Gaspésie. J’avais écouté toute la saison. Je me rappelle que Denise Filiatrault avait été tellement dure avec lui.

Je me rappelle aussi de la dernière en 2012 à laquelle j’avais participé. Michel Rivard, lors des quotidiennes, invitait des artistes de la relève. Moi, à ce moment-là, mon premier disque était sorti. J’étais en tournée et j’avais été rencontré les participants. Ça avait été très chouette et il y en a plusieurs encore que je revois aujourd’hui qui ont trouvé leur place. Ce n’est pas toujours en musique, mais dans différents aspects du métier artistique. Ça, c’est chouette aussi! J’ai enseigné Éducation de choix de carrière dans une autre vie au secondaire. Ce n’est plus comme dans les années 60 où tu commençais une carrière et tu passais ta vie là-dedans. C’est applicable pour ces jeunes-là aussi! Ils vont chercher beaucoup de bagages. On ne sait pas où ils vont trouver leur X. C’est le fun de trouver quand c’est en dessous des projecteurs, mais la plupart du temps, le X n’est pas toujours là. On en conserve beaucoup de ces jeunes-là qui ont trouvé leur X ailleurs. Pis moi, ça, je trouve ça le fun parce que c’est branché sur la vraie vie. Parfois, ce n’est pas la vraie parce qu’ils apprennent le métier sur une vitesse grand V et ils sont appelés à performer devant un ou des millions de personnes à la télévision. C’est vraiment un privilège pour tout le monde autant pour les professeurs que pour les Académiciens. Un moment donné, la vraie vie va se représenter et il y a beaucoup de choses qu’ils vont apprendre à l’académie qui va servir pour leur futur.

© Photo officielle

On pourra voir les débuts à l’animation de Patrice Michaud dès le dimanche 14 février à TVA. D’ici là, dès vendredi, l’autobus parcourra les quatre coin du Québec ainsi que le Nouveau-Brunswick afin de trouver la perle rare. Dès janvier, il sera possible de voir 100 participants qui vivront un stage. Seulement 15 d’entre eux se frayeront un chemin vers l’aventure de Star Académie.

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