Véronique Bilodeau dévoile un premier album

Une nouvelle étape dans la carrière de Véronique Bilodeau

Photo: La P’tite Photographe / Annie Diotte

Par: Mattv.ca

Après plusieurs mois de préparation, le premier album de l’auteure-compositrice-interprète Véronique Bilodeau, que nous avons pu voir notamment au Festival International de la chanson de Granby en 2018, sera enfin disponible dès demain sur toutes les plateformes.
Intitulé «Seule et vivante», ce nouvel opus réalisé par Philippe Trudel Chevalier (Andy St-Louis) et Marcus Quirion (Marie Onile) propose une pop-folk de qualité, des textes sentis et illustre le parcours choisi par l’artiste lorsqu’elle s’est affranchie d’une relation qui l’étouffait.

À quelques minutes du début de son lancement d’album, Mattv.ca a pu échanger quelques mots avec elle.

Ton premier album est maintenant disponible, comment te sens-tu?

Tellement bien, soulagée aussi je dirais! J’ai travaillé sur « Seule et vivante » pendant près de trois ans, donc de pouvoir enfin partager mon matériel après tout ce temps, ça devient libérateur! Je t’avoue aussi que je suis un peu fébrile – j’ai écrit de manière tellement personnelle et je n’ai pas hésité à me faire face et à dire les choses telles qu’elles sont, donc c’est confrontant de partager ça avec les gens. Toutefois, les commentaires que j’ai eus jusqu’ici sont HYPER positifs – beaucoup me disent qu’ils se reconnaissent dans mes textes, que les chansons leur reste en tête, qu’ils ont envie de danser en écoutant l’album… Donc au final, c’est juste du beau!

«Seule et vivante», ça veut tout dire et ça doit surtout parler à bien des gens, mais pour toi, c’est quoi la signification?

« Seule et vivante », ça part d’une chanson que j’ai écrite il y a trois ans – la première du projet. À l’époque, j’étais dans une relation qui m’endormait – littéralement, j’avais toujours envie de dormir! – et j’avais peur de quitter mon confort parce que justement, c’était confortable, même si je savais que j’aspirais à autre chose au final. Pour moi, d’affirmer que je suis « Seule et vivante », c’est de dire que je n’ai pas besoin d’être accrochée à quelqu’un pour avoir envie de profiter de la vie, de rire, de prendre le temps.

Éventuellement, j’ai été amenée à vivre beaucoup de deuils – ma tante (qui était comme une deuxième mère pour moi) est décédée subitement, et mon beau-père est aussi décédé en octobre dernier. À ce moment-là, c’est devenu encore plus important pour moi de dire que je suis « vivante », parce que malgré le fait que leurs départs m’ont vraiment affectée, je n’ai pas arrêté de vivre pour autant – et encore, c’est comme si j’ai voulu encore plus profiter de la vie!

« Seule et vivante », c’est donc une affirmation de moi-même, de mon indépendance, mais aussi de mon énergie.

De quoi souhaitais parler sur cet album, tu avais un concept en tête?

Depuis le début du projet, j’ai eu une ligne directrice… qui a changé assez souvent! J’avais peut-être trois ou quatre chansons d’écrites quand j’ai eu l’idée d’aborder la solitude par choix – de choisir d’être seul(e) avec soi-même. C’est ma mère qui a vraiment été un modèle pour moi là-dessus – elle m’a élevée de façon monoparentale, et elle m’a donné tellement de conseils pour ne dépendre de personne, que ce soit mentalement ou financièrement. J’avais envie d’aborder la solitude de manière positive, comme quoi c’est correct de choisir d’être seul(e), et qu’on est pas plus malheureuse(se) pour autant!

J’ai sorti l’album en trois phases au cours du printemps pour vraiment mettre en lumière mon parcours quand j’ai choisi d’être seule, parce que ça n’a pas toujours été facile. Autant la première phase, « Mouvance »  était plus festive et dans l’espèce de buzz de se découvrir à nouveau, la deuxième phase « Vertiges » m’a permis de raconter le moment où je me suis perdue solide à chercher l’approbation des autres. La troisième phase (les quatre dernières chansons de l’album) m’a permis de m’amuser avec les arrangements et les textes – je sens que je suis lucide dans le propos, peut-être plus posée aussi…

Sur l’album, j’utilise l’amour comme un prétexte pour parler de moi, parler de mes travers, ma façon de réagir à la solitude que j’ai choisie, mon besoin d’indépendance et d’être validée aussi. Je voulais que le propos soit affirmé et assumé, sans toutefois que ça devienne une « fausse » revendication et que je vante la solitude comme la solution à tous les problèmes. Je suis pas mal transparente sur les moments plus difficiles et je ne me gêne pas pour dire que même si je l’avais choisie ma solitude, crime que je ne l’ai pas toujours trouvée facile!

Photo: La P’tite Photographe / Annie Diotte

C’est une question difficile, mais quelle est ta chanson coup de coeur sur ton album et pourquoi?En effet, c’est difficile haha! Je pense que ça change à tous les jours! Aujourd’hui, je choisirais « Par un matin de juin » parce qu’elle m’a permis d’expérimenter avec ma voix parlée, avec le propos aussi.

Au départ, c’était un texte que j’avais écrit et que je voulais tourner en chanson, mais on dirait que je n’avais pas envie de faire de compromis sur les mots que j’avais choisis pour correspondre au piétage d’une chanson. J’avais juste envie de jaser. Jaser de mon sentiment par rapport à un certain rythme de vie, jaser de mon envie de tout sacrer là par moments… Quand le refrain arrive, je sens que j’utilise ma voix chantée comme un exutoire, comme si c’était ma façon d’avoir de l’impact. Je pense aussi que ça me ramène au sens premier et tellement essentiel d’écrire des chansons et de chanter, pour moi. J’ai confiance en ma voix quand je chante, j’apprends encore à avoir confiance quand je parle… Bref, je la trouvais parfaite pour terminer l’album, dire que je suis encore un work-in-progress et surtout, ouvrir la porte sur le sous-texte de l’album pour une deuxième écoute… et sur la suite aussi!

Cet album reflète bien les dernières années que tu as vécus, dans 5 ans tu te vois où?

Avec autant d’énergie, un peu plus de maturité… et un deuxième album en poche! 🙂

Les spectacles, c’est la suite?
Oui! Avec mes musiciens, on a monté un nouveau spectacle que j’adore – c’est festif, c’est vivant, c’est même touchant par moments. Un peu à l’image du chemin que je propose dans l’album, mais qui fait encore plus de bien, j’ai l’impression. Y’a quelque chose de spécial à se retrouver 50, 200 ou 1000 personnes ensemble, à se reconnaître tous en même temps dans une même chanson, à danser et à chanter comme si c’était nos propres mots… C’est ce qu’on veut créer sur scène, et à voir la réaction aux lancements de l’album, j’ai l’impression qu’on est sur le bon chemin!


Photo: La P’tite Photographe / Annie Diotte

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