Roger Hodgson séduit la Place des Arts

Une nostalgie d’actualité

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©Martial Genest/MatTv.ca

Par Marie-Claude Lessard

C’est devenu un incontournable, une sorte de tradition:  Roger Hodgson se produit en sol montréalais  environ tous les trois ans, si ce n’est pas moins. L’ancien chanteur,  auteur et co-fondateur de la formation Supertramp a pris d’assaut nulle autre que la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jeudi et vendredi derniers pour offrir deux soirées absolument électrisantes, voire salvatrices.

L’histoire d’amour entre la star de 65 ans et le Québec ne se dément visiblement pas. En plus de lui réserver un accueil immensément chaleureux avant le début du spectacle, le public a ovationné Hodgson à plusieurs reprises lors des plus grands hits de Supertramp, notamment pendant Take The Long Way Home et School qui ont ouvert le spectacle. Admirateurs de longues dates et jeunes fans à en devenir (une petite fille  âgée de 5 ans a remis à Roger Hodgson un joli bouquet de fleurs!) ont crié, souri et chanté à tout rompre du début à la fin au son de Dreamer, Breakfast In America ou encore  The Logical Song. Même si le nouveau matériel de l’artiste remonte en 2000 (l’excellent Open The Door), la foule était ravie de replonger dans des souvenirs et sonorités toujours aussi pertinents aujourd’hui.

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L’acoustique de la salle a servi à la perfection les mélodies hypnotisantes de Hodgson et son band. Des arrangements riches et variés ont littéralement immiscé et submergé les spectateurs à l’intérieur des chansons, créant l’impression de les vivre complètement. Le solo de piano troublant de Kevin Adamson dans School et Child Of Vision, ses claviers enjoués dans Breakfast In America, les percussions tropicales de Bryan Head dans la percutante Death And A Zoo, l’incroyable talent de David J. Carpenter à la base ainsi que l’harmonica endiablé d’Aaron Macdonald dans  School ont donné droit à d’extraordinaires moments musicaux d’une rare intensité. Les textes, même s’ils datent de près de 40 ans, demeurent très actuels. Les hauts et les bas de la vie amoureuse ont été délicatement traduits dans la magnifique Lovers In The Wind, les tourments existentiels contenus dans The Logical Song trouvent encore écho dans notre monde de plus en plus dingue et confus, et Give A Little Bit incarne à merveille ce que les gens ont besoin pour les années à venir: entraide et espoir.

S’adressant fréquemment en français, Roger Hodgson a fait preuve d’une grande générosité avec l’audience. Avec les fleurs de la jeune admiratrice bien en évidence au pied du piano, Hodgson a offert une chanson exclusive aux spectateurs qui ont été présents le 3 et le 4 décembre. Grâce au guestbook disponible sur son site Internet officiel, le chanteur prend régulièrement le pouls de ses adeptes de ville en ville. Sur scène, il mentionne alors certains témoignages et dédient certaines chansons à des fans ayant exprimés de profonds attachements à celles-ci. Une spéciale attention touchante qui est tout à l’honneur de l’artiste multidisciplinaire aguerri.

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Pour ma part, la chanson qui m’émeut le plus du répertoire de Roger Hodgson est Fool’s Overture. Lorsque j’étais jeune, elle m’horripilait car mon père la jouait en boucle. Deux décennies plus tard, je suis en mesure de savourer les hallucinantes transitions musicales, et déceler toute la complexité et la véracité des paroles fort engagées. En plus, elle a conclu de manière épique un spectacle grandiose qui m’a confirmé que je ne me tannerai jamais d’entendre les classiques immortellement contemporains de Roger Hodgson!

Comble de joie, on sent que le sentiment est réciproque. Comme l’a si bien dit Roger après trois rappels rassembleurs, à l’an prochain j’espère!

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Pour en savoir davantage sur la tournée Breakfast In America, visitez le http://www.rogerhodgson.com

Crédit photos : Martial Genest/MatTv.ca

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