Pierre Lapointe à Montréal en lumière

Rentrée montréalaise de Punkt

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 ©Marc-Olivier Lebrun/MatTv.ca

Par Maxime D.-Pomerleau

En première partie Philémon Cimon venait présenter les pièces de son plus récent album L’été, lancé le 28 janvier dernier. Suite logique des Sessions cubaines parues il y a quatre ans, l’album porte bien son nom car Philémon nous porte sur des mélodies ensoleillées et chaleureuses. L’artiste a une voix ronde et chaude comme Pierre Lapointe et même si la structure des chansons est simple (voix, cordes, chœurs et percussions) elle ne tombe jamais à plat. On s’immerge volontiers dans la candeur et la douceur des compositions de Philémon. Une bonne mise-en-bouche pour un spectacle lumineux où la langue française était à l’honneur mardi.

C’est sur les notes de N2o et sous un immense Punkt rouge rappelant les populaires jeux gonflables que le spectacle de Pierre Lapointe a pris son envol. La courte pièce aux allures de fête foraine mettait la table pour ce qui suivrait dans le concert de près de 2h; surprises, émotions et démesure. Seul commandant à bord de ce navire de la pop qu’est Punkt, le chanteur populaire, qui revient d’une tournée en France, semblait heureux de jouer à Montréal les succès de son plus récent album dont il avait fait le lancement l’an dernier à Montréal en lumière.

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L’œuvre de Pierre Lapointe tourne autour des pulsions primales : l’amour, la mort, la violence et la sexualité. Sous un enrobage pop bonbon qui nous berne tous, ses textes traitent de joies, de tourments, de ruptures, de regrets et de rêves. Au fil des années on a associé le thème de la sexualité au chanteur, qui assume pleinement ce sujet à la fois comme partie prenante de l’existence humaine, à la fois comme source d’inspiration. L’artiste qui s’autoproclame « le sexe incarné » s’en est donné à cœur joie pour faire des blagues grivoises et taquiner le public célibataire avant d’entamer Nos joies répétitives.

Ça semble être une tendance dans le milieu d’avoir un moment de réunion acoustique autour d’un seul micro. Après Philémon pour Des jours et puis des jours, Pierre Lapointe a instauré son « gang-bang de tendresse », violent contraste entre l’aspect festif et éclaté du spectacle et la profondeur dont on le sait capable, en interprétant la poignante Tel un seul homme, un moment fort du spectacle.

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En plus de nous rappeler sa suprématie d’auteur, le spectacle Punkt aura aussi été l’occasion pour Lapointe de revisiter quelques classiques de son répertoire; une version à saveur électro pour Le Colombarium, de nouvelles paroles françaises dans La Sexualité des rythmes de Club Med à Cayo Coco ponctuant L’étrange route des amoureux. Le Théâtre Maisonneuve s’est levé pour danser sur les notes des dernières pièces Les ministères, Au bar des suicidés et Deux par deux rassemblés.

Mise à part l’incursion de Michel Robidoux en duo acoustique pour Les Enfants du Diable, il aura fallu patienter tout le concert pour voir Random Recipe et Ariane Moffat avec Philippe B, venir interpréter respectivement La Sexualité et Les Callas, sombre et magnifique pièce-titre du court album lancé par Lapointe en novembre.

Le concert n’aurait pas été le même sans l’incontestable sens de la mise en scène (Barbara, Vous, Le lion imberbe) et le savoureux sens de l’humour de l’auteur-compositeur-interprète. L’ambition de Punkt ne résidait pas tellement dans la scénographie du spectacle, somme toute efficace, mais dans cette proposition de l’artiste de nous emmener dans son univers, vif, éclaté et décadent. Pierre Lapointe a réussi son pari en créant un moment musical unique, dont l’auditoire captif se rappellera longtemps.

Crédit Photo: ©Marc-Olivier Lebrun/MatTv.ca

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