On inverse les rôles

Daniel Grenier présente Maude Landry

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© Geneviève Grondin/MatTv.ca

Par : Ariane Coutu-Perrault

La semaine se poursuit en humour avec le Comédie Fest qui présente On inverse les rôles. C’est Daniel Grenier qui commence la soirée en beauté avant de présenter Maude Landry. Sur scène seulement pour 15 minutes, il déstabilise rapidement et efficacement avec son non-sens habituel, avant de laisser place à l’absurdité du quotidien de Maude Landry dans un humour naturel et imaginatif. Elle a fait une prestation avec son attitude détachée, son ton neutre accentué de moments d’exclamations inattendues, l’air un peu timide comme un ange cornu, avec un charme malaisant et déconcertant, ce qui décrit également bien Daniel Grenier. Elle termine son numéro avec une chanson à la guitare qui n’était pas nécessaire. Drôle par son choix de vocabulaire et son débit de voix, la chanson n’amène rien au spectacle. Elle réussit tout de même à faire rire en étirant, dans la chanson, une blague absurde et tellement longtemps, que le côté improbable rend le tout amusant. Puisqu’on aurait pris plus longtemps que les 45 minutes de son humour, la chanson terminait drôlement sa prestation, mais n’est pas représentative de l’ensemble du spectacle.

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© Gaétan Brunelle/MatTv.ca

Sylvain Larocque présente François Boulianne 

Sylvain Larocque couvre l’introduction de François Boulianne,  cadrant bien avec le ton négatif et pessimiste de son spectacle, il met bien la table pour ce qui reste à venir. Cependant, les blagues de Sylvain Larocque sont plutôt faciles, donnent dans le déjà-vu avec des sujets peu originaux et actuels. Son humour est principalement constitué de jeux de mots, donc peu recherché. Son numéro tourne autour de l’humour noir, mais sans jamais y accéder complètement. Il écorche maladroitement, au passage, quelques personnalités publiques du milieu. Il semble être le seul à trouver ces blagues aussi drôles, laissant naître de légers malaises, et ne consolidant pas sa présence sur scène.

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© Maryse Phaneuf/MatTv.ca

François Boulianne remonte l’énergie et les rires dans un humour bête et assumé, qui éclipse le numéro précédent. Humour plus actuel et mieux exécuté, il commence cependant un peu sec, sans numéro d’introduction clair. Sa première blague fait son effet malgré tout, grâce à ses mimiques excentriques et son air fâché. Il le dit lui-même, ce n’est pas de l’humour positif, puisqu’il déteste beaucoup de gens, ce qui le rend chialeux, humoristiquement parlant, ça fonctionne à merveille. Sa présence sur scène rappelle étrangement à un personnage de bande dessinée, le vieux grincheux et maussade. Son numéro est pigmenté de plusieurs mises en scène et d’interprétations de personnages fictifs. Toujours dans son énergie noire, ses imitations ne sont pas surfaites, et on y croit vraiment. Il flirte avec le consentement et la réalité que les femmes vivent notamment dans les bars. Ce qui le rend encore plus attachant, et termine la soirée sur une excellente note.

Boulianne

© Yvan Couillard

Crédit photo de la couverture : © Geneviève Grondin/MatTv.ca

Texte révisé par : Johanne Mathieu

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