Ludovico Einaudi hypnotise Montréal

D’une fureur passionnée et passionnante

ludovico1©Mydreams.it

Par : Marie-Claude Lessard

Le samedi 15 octobre dernier, dans le cadre du segment Jazz à l’année du Festival International de Jazz de Montréal, le pianiste italien Ludovico Einaudi s’est produit devant une Maison symphonique remplie à capacité pour offrir ses plus grands succès et des pièces extraites de son plus récent album, Elements, paru en 2015.

Tout de noir vêtu, il a foulé la scène sans prononcer le moindre mot. À travers des mélodies élégantes qui vont droit au cœur dès la première note, Ludovico Einaudi, de dos aux gens assis en face de la scène, a laissé son instrument de prédilection être l’élément le plus éloquent de la soirée. Accompagné de cinq musiciens talentueux et polyvalents, le prodigieux artiste a plongé les spectateurs dans un tourbillon de sonorités percutantes et envoûtantes. Les percussions, le xylophone et les guitares s’harmonisaient à merveille avec le piano. Pour s’assurer de rendre ce voyage marquant, la scénographie réservait de bien belles surprises dont l’usage bien dosé de douces lumières et de stroboscopes qui ont rehaussé la portée des oeuvres et impressionné un public conquis d’avance.

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Après quelques pièces interprétées en solo, Ludovico s’est enfin levé pour saluer et remercier le public qui lui a témoigné son amour par une généreuse ovation. Souriant et humble, il affichait un irrésistible air de gamin avec ses lunettes noires et ses sneakers de couleur. Avec sérieux, le musicien s’est amusé et a, par le fait même, provoqué de vives émotions chez les spectateurs. Tout au long du concert, des mouchoirs, des reniflements et des raclements de la gorge se sont fait entendre, et ce n’était pas causé par la saison des rhumes qui pointe brutalement le bout de son nez par les temps qui courent. Devant des chansons si belles et poignantes, il était impossible de ne pas verser une ou quelques larmes. Les yeux fermés, les yeux grand ouverts, les doigts imitant maladroitement les notes… Cette expérience presque multisensorielle se dégustait de plusieurs manières. Les titres incitaient au recueillement intérieur. Source intarissable d’inspiration, ils déclenchaient dans la tête des spectateurs la formation de scénarios et souvenirs teintés de fureur et d’espoir.

Après un brillant mélange d’anciennes et de nouvelles pièces telles que les sidérantes et planantes Night, Divenire et Fly (tiré de la trame sonore du film Les Intouchables), le spectacle s’est conclu par la livraison de la grandiose Experience, probablement le plus grand succès à ce jour d’Einaudi dont nous pouvons nous délecter dans plusieurs publicités et longs-métrages comme Mommy et Samba. Évidemment, à la suite de ce moment exceptionnel et inoubliable, une seconde ovation méritée parsemée de cris et de bravos a fait vibrer la Maison symphonique. Celui qui était de passage dans la métropole pour la deuxième fois en moins de deux ans n’a pas attendu longtemps pour présenter un rappel à l’image de la soirée : saisissant de beauté.

Texte révisé par : Annie Simard

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