Le bébé boss : à moitié génial

Un scénario chaotique dessert un humour caustique

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Par : Marie-Claude Lessard

DreamWorks Pictures a bien compris que les films d’animation font autant, sinon plus, le bonheur des adultes que des enfants, surtout si certaines blagues salaces se glissent subtilement dans l’histoire. Sans atteindre le mordant des premiers opus de Shrek, Trolls a fait honneur à la réputation du studio en octobre dernier à ce chapitre. Voilà maintenant qu’apparaît sur grand écran The Boss Baby, une oeuvre cherchant clairement à être le nouveau et incontestable symbole adorablement cinglant de la compagnie. Malheureusement, l’objectif n’est qu’à moitié atteint.

Relatant le quotidien de Tim, un enfant unique débordant d’imagination qui voit son existence parfaite chamboulée par l’arrivée d’un bébé mâle, le film s’amorce avec une prémisse classique, mais parvient à apporter des variantes intéressantes. Alors que les frimousses embarquent vivement dans les aventures intercontinentales du garçon (que ce soit dans la brousse africaine ou à bord d’un bateau de pirate), les moins jeunes, en plus d’être émerveillés par la véracité des couleurs et textures de l’animation, interprètent le scénario comme une habile métaphore sur les méandres de l’enfance.

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Tim extériorise ses craintes et ses questionnements en se réfugiant dans un univers tissé de fantasmes. À ce niveau, The Boss Baby transmet avec brio l’importance de la créativité, qu’on ait 7 ou 77 ans. Le nouveau membre de la famille crie et pleure à profusion. Ses désirs doivent être exécutés à l’instant où il les commande. Exactement comme un patron. C’est pourquoi Tim, à travers son regard de grand frère naïf, dépeint le bébé avec un complet, une mallette et une voix grave (celle, savoureusement rauque et énigmatique, d’Alec Baldwin).

Aux yeux des adultes, cette image abstraite séduit et fait sourire. Or, le tout se complique lorsqu’on apprend que le fameux poupon parle véritablement, car il est bel et bien un patron de la compagnie Bébé CO qui distribue, telle une cigogne, la marmaille. Il est descendu du ciel pour ruiner les plans de  Puppy CO, une corporation animalière qui menace de mettre en faillite celle pour laquelle il oeuvre. Le script devient alors complètement chaotique. Les péripéties totalement grotesques ennuient et rendent les 97 minutes du film interminables. Les gags dérivent dans l’immaturité et la prévisibilité.

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Heureusement, l’ensemble comprend des référents culturels alléchants. Les clins d’œil à Mad Max : Fury Road, Toy Story et autres divertissent. Il en est de même pour les mimiques mignonnes et juste assez détestables du bébé. Oui, les dessinateurs en abusent légèrement, mais ça fonctionne. Et sauve la mise quand le scénario donne cruellement envie de soupirer ou de quitter la salle.

Note : 2,5 / 5

Ce film est à l’affiche depuis le 31 mars 2017.

Texte révisé par : Annie Simard

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