La chronique littéraire : Affaires privées

Apparences et zones d’ombre

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© Page Facebook de l’auteur/Photographe Michel Cloutier

Par : Johanne Mathieu

 

C’est toujours une joie de tomber dans la lecture d’un Marie Laberge. Cette semaine, on retrouve le duo franco-québécois des inspecteurs Vicky Barbeau et Patrice Durand, que l’on a connus dans Sans rien ni personne et Mauvaise foiAffaires privées (Québec Amérique) est le troisième roman policier de l’auteure.

Ariel, une jeune adolescente de 15 ans, décède des suites d’une dose mortelle de somnifères. Un cas de suicide apparent. Malgré les sombres raisons qui ont poussé la jeune fille à commettre ce geste, tout semble s’expliquer, ce qui a mené à classer l’affaire rapidement. Sa mère, en plus de ne pas accepter la mort de sa fille, n’adhère pas du tout à la thèse du suicide. C’est pourquoi Rémy Brisson, directeur de l’escouade des crimes non résolus, demande à Vicky Barbeau de reprendre et d’éclaircir cette affaire. Brisson ne peut absolument rien refuser à cette mère éplorée, une ancienne flamme, que la douleur aveugle. Mais même pour apaiser la souffrance de parents éprouvés, et même si les raisons d’un tel acte demeurent floues, on ne peut tout bonnement transformer un suicide en meurtre…

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© marielaberge.com

Bien que cette affaire s’annonce une simple question de routine et de vérification, et que certains indices laissent croire à un mal de vivre ressenti par l’adolescente, celle-ci demeure mystérieuse. Pourquoi cette jeune fille, si pleine de vie et de talents, qui réussissait bien et qui avait des amis s’est-elle donné la mort? Plus Vicky Barbeau creuse et avance dans son enquête, moins celle-ci est claire. Quand l’enquêtrice doit en plus faire face à un passé qu’elle préfère oublier, tout s’embrouille de plus belle. C’est ainsi que Patrice Durand, son collègue français, entre en jeu, afin de l’aider à garder toute son objectivité et à élucider ce cas plus complexe qu’il n’y paraît.

De main de maître, Marie Laberge nous entraîne dans les zones d’ombre de l’être humain, en faisant de la perte d’un enfant et du suicide des thèmes centraux et le point de départ de son livre. L’auteure met en scène une enquête apparemment classée, mais qui se corse au fil des pages. Au début, tout ne semble que suppositions, mais les questions et les pistes se multiplient et la vérité emprunte bien des chemins et échappe au raisonnement initial. Ainsi, par des dialogues de qualité et un suspense fort, Marie Laberge fait évoluer son intrigue de mystère en mystère et maintient son lecteur en haleine et dans le doute tout au long du roman. Vous ne lâcherez pas ce livre d’une semelle! Imprévisible et prenant. Le genre policier réussit très bien à l’auteure. Du Marie Laberge à son meilleur!

Affaires privées, de Marie Laberge, Éditions Québec Amérique, Montréal, 2017, 527 pages.

Texte révisé par : Cloé Lavoie

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