Des cowboys fringants électrisants

Et de 7 pour le groupe chouchou des Montgolfières!

cowboys1©Pascal Ratthé

Par : Marie-Claude Lessard

Irréfutable gage de réussite, la présence des Cowboys Fringants à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu attire un nombre impressionnant d’irréductibles fans qui, à chaque passage du groupe, semble encore plus massifs et endiablés. Le 19 août dernier, pour une septième année, la gang menée par Karl Tremblay a servi aux Johannais la crème de leur répertoire musical, ce qui a résulté en une soirée touchante remplie d’amour, de folie et de tendresse.

L’authenticité et la longévité de la relation entre les Cowboys Fringants et le public s’expliquent par plusieurs raisons, les principales étant la proximité et le respect. La formation, qui fête cette année ses 20 ans d’existence, sait pertinemment que la plupart des festivaliers prennent le temps de se déplacer pour entendre les chansons qui jouent fréquemment à la radio. Elle est également consciente que certaines pièces moins connues, même si elles datent de plusieurs ans, signifient énormément pour des admirateurs de longue date, et qu’elles méritent elles aussi une place dans le spectacle. La performance de vendredi n’a pas fait exception. Dans le cadre de la tournée présentant Octobre, le plus récent opus sorti le 23 octobre 2015, les membres ont proposé une divertissante combinaison des chansons de cet album et de vieux succès. Évidemment, ayant à leur actif plusieurs succès commerciaux, il est maintenant impossible pour eux de tous les interpréter et à la fois promouvoir leur nouveau matériel en dedans de 90 minutes. Donc, quelques spectateurs risquent d’avoir été déçus de réaliser que Comme Joe Dassin, Si la vie vous intéresse, La Catherine, Entre deux taxis, La tête haute, le phénomène Toune d’automne, La tête à Papineau, Mon chum Rémi et Télé n’ont pas été sélectionnées, mais il n’en demeure pas moins que le concert n’a pas manqué d’entrain.

cowboys2©Pascal Ratthé

La foule ne s’est pas fait prier pour crier à tue-tête les engagées La manifestation (qui bénéficiait de poignantes projections du printemps érable et d’un caméo de Dumas, la première partie du spectacle, au drum), Plus rien (qui s’est terminée par une époustouflante envolée instrumentale dirigée par de puissantes percussions), En berne (que le band avoue maintenant traîner comme un fardeau, comme un calvaire, car sa pertinence ne se dément pas malheureusement pas) et 8 secondes qui a été victime de problèmes techniques que les membres ont su rattraper avec humour en chantant un extrait de Retour à la terre de Plume Latraverse et en disant que le spectacle est en développement. Les titres Paris-Montréal (qui a été appuyée par une image alliant deux symboles emblématiques de ces villes : la Tour Eiffel et la Biosphère), Ti-Cul, La reine, Le shack à Hector (dans laquelle de multiples gazous ont été distribués) et Droit devant ont, eux aussi, suscité les passions. Dédiée à un ami qui est volé quelque part où le ciel est bleu (parole tirée de La reine), Les étoiles filantes a donné droit au moment le plus touchant de la soirée, surtout lorsque les spectateurs ont allumé leur cellulaire et pris plusieurs photos en rafale pour que les petites lumières flottent dans l’air comme des étincelles. Face à l’énergie contagieuse de Marie-Annick Lépine, aux pirouettes de Jean-François Pauzé et aux mimiques de Dr Jérôme Dupras, le public ne pouvait faire autrement que d’être tout aussi hystérique. Plusieurs fans ont concocté des pancartes affichant des demandes spéciales. Les Cowboys ont choisi la percutante Shooter.

Sous la pleine lune qui rappelle la lune rouge mis de l’avant sur la pochette d’Octobre, les membres ont fait découvrir (et fait plaisir à bien des admirateurs qui connaissaient chaque parole) les titres Bye Bye Lou, qui a ouvert le spectacle, Octobre, La dévisse, Pizza Galaxie, La cave et La marine marchande, dernier extrait radiophonique. Leurs textes, poignants de vérité et de charme, de même que leur générosité sans borne (le groupe a proposé cinq rappels dont Joyeux calvaire et Tant qu’on aura de l’amour sur laquelle des enfants sont montés sur scène pour devenir momentanément des choristes et des apprentis bassistes)  prouvent que les Cowboys Fringants méritent encore de briller dans le paysage musical québécois.

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