Un Michaud sur son 36 en mode symphonique

Patrice Michaud : Un souvenir harmonique pour les oreilles

© François Daoust/MatTv.ca

Par : Marie Eve Archambault

Il y a quelques années, jamais nous nous serions attendu à ce qu’on jumelle musique pop et musique classique. Maintenant, tous les ans, nous sommes témoins de collaboration fortuite et délicieuse. Jeudi soir, Patrice Michaud s’est mêlé à l’Orchestre symphonique de Québec, sous la direction du maestro David Martin, afin de survoler son fabuleux répertoire.

Le spectacle se passe en deux parties. Dans un premier temps, le chanteur a expliqué à son auditoire comment il a été initié à la musique classique. Comme la plupart d’entre nous, ce fut par la musique de films, plus particulièrement par celle de Star Wars. Bien que la description du spectacle parle que Michaud serait sur son 36, à ce moment précis, nous avions devant nous un jeune homme âgé de 7 ans fasciné par la science-fiction.

 

Le chanteur n’a jamais été aussi en forme vocalement parlant. Les textures sonores réussissaient à mettre de l’avant la voix de Michaud. Et puis, tant qu’à monter entièrement un spectacle, pourquoi ne pas se gâter totalement et jouer des chansons qui n’ont pas été interprétées depuis belle lurette. Comme par exemple, nous avons eu l’immense privilège d’entendre Apocalypse Wow. Le travail de Gabriel Desjardins et d’Antoine Gratton aux arrangements sonores était impeccable. Autant les musiciens que Patrice Michaud avaient leur moment de gloire. Certains spectateurs ont mentionné que c’était beaucoup trop de stimulus pour l’œil. En fait, c’était un spectacle pour les oreilles puisqu’au niveau sonore, tout était parfait. Il faut se le dire, ajoutons des instruments tels que du violon, violoncelle, contre-basse ou même trompette, cela donne une autre dimension aux chansons notamment pour La Saison des pluies qui a suscité beaucoup de réaction dans la salle.

Le pouvoir des mots 

Je l’ai toujours dit, Michaud est un excellent conteur. Il choisit parfaitement ses mots pour que nous puissions bien imaginer ses histoires. Ce n’est pas pour rien qu’il réussit à estomaquer une Salle Wilfrid-Pelletier comble par un poème que l’on retrouve sur son album Le feu de chaque jour intitulé La faille de San Andreas. Le chanteur semblait d’ailleurs honoré de voir que le public était ouvert à ce genre de proposition. Dans la deuxième partie, Patrice Michaud se lance dans un discours comparant la mémoire et l’oubli. Selon le chanteur, les deux sont inventifs. Il espère que ses souvenirs de cette soirée (c’est la première fois qu’il remplissait une aussi grande salle) demeurent intacts avec le temps. Vous ne trouvez pas que cela est poétique? D’ailleurs, non seulement il s’exprime bien, il ajoute à ses discours une parcelle d’humour qui est toujours de bon goût : « Donc, je suis parti en tournée (deux dates à Québec et une seule à Montréal) avec mon band (faisant référence à l’Orchestre symphonique de Québec). »

Mon seul regret de la soirée est une question sur le long terme. C’était si parfait que j’aurais apprécié qu’il y ait une captation du spectacle pour pouvoir savourer cet événement unique encore et encore. C’est une demande précieuse qui, je l’espère, pourra se faire s’il y a d’autres représentations en mode symphonique.

Crédit photo © François Daoust/MatTv.ca

Texte révisé par : Annie Simard

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