Stiff Little Fingers au Corona

Une soirée avec de bons vieux routiers du punk

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Crédit photo : ©Ashley Maile

Par : Mélissa Thibodeau

La dernière fois que j’ai mis les pieds au Théâtre Corona, avant hier soir, c’était pour aller voir les punks britanniques The Buzzcocks, le mois dernier. Ces derniers célébraient leur 40e anniversaire d’existence en faisant une tournée mondiale inspirant la nostalgie. Hier soir, j’y retournais pour voir d’autres vieux routiers du punk irlandais, Stiff Little Fingers, qui, eux, ajouteront une 40e bougie sur leur gâteau de fête en 2017.

Peu fidèle à mon habitude, je suis arrivée à l’avance, assez pour voir les deux premières parties, toutes les deux de Montréal. Tout d’abord, un jeune groupe (jeune lorsque l’on les compare aux deux autres), Powernap, fondé en 2012. Je suis arrivée, je présume, au début de son set. La salle était encore plus vide qu’occupée, mais le quintette punk y allait avec fougue et énergie. J’ai pu comprendre qu’il s’agissait d’une rare performance à Montréal pour ce groupe. Il a bien fait réchauffer la salle alors que l’auditoire entrait peu à peu. Certains costumés, d’autres pas, Halloween étant dans l’air.

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Powernap (Photo tirée de leur page Facebook)

 J’étais agréablement surprise de voir que The Nils était l’une des premières de la soirée. J’avoue que je n’avais pas bien pris le temps de me renseigner à ce sujet avant de partir pour le spectacle. Si Stiff Little Fingers sont des figures importantes de la scène punk irlandaise, The Nils a une partie prenante sur la scène montréalaise et canadienne.

Le groupe aurait pu certainement acquérir une renommée plus étendue que celle qu’il a connue si ce n’était pas de mauvaises tuiles qui lui sont tombées sur la tête au courant de sa carrière. Il avait même été surnommé les Replacement canadiens, ce n’est pas peu dire. Cela étant dit, malgré tout, hier soir, le groupe semblait en forme et il a été accueilli avec chaleur par un auditoire qui s’était rué vers la scène assez rapidement en le voyant s’y installer.

De 1978 à maintenant, beaucoup de choses se sont passées pour le groupe de Saint-Henri, pour le meilleur et pour le pire. Mais une chose qui reste, autre que sa garde-robe, est sa grande appréciation pour le genre. Le groupe ne joue pas beaucoup en ville, je me sentais privilégiée d’avoir pu le voir hier soir.

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The Nils / Prise sur leur site Web officiel

La soirée s’est déroulée à une vitesse assez folle, telle une chanson punk finalement. Peu d’attente entre les bands, donc pas le temps de s’impatienter. Stiff Little Fingers arrivent sur scène et tout de go, ils entament avec Waste My Life de leur premier album Inflammable Material, sorti en 1979. Sans même une pause entre les pièces, le groupe enchaîne avec Just Fade Away et Roots Radicals Rockers and Reggae.

Ensuite, en voyant le nombre de gens costumés dans la salle, le chanteur et guitariste Jake Burns explique que chaque membre du groupe a plutôt décidé de se déguiser en « vieux pet punk rockers » (traduction libre). Burns, le seul membre à être resté depuis les débuts, approche la soixantaine, mais ça ne paraît pas dans sa voix. À ses côtés, on y retrouve Ali McMordie à la basse, Steve Grantley à la batterie et Ian McCallum à la guitare. Vieux « pet », peut-être, mais malgré l’âge qui paraît dans leur visage, les hommes sont en pleine forme et présentent un bon dynamisme de scène.

S’ensuivent Guitar and Drums et la populaire Nobody’s Heroes dans laquelle je pouvais clairement entendre où Green Day a puisé ses influences pour faire Dookie. Je regarde au centre de l’auditoire, des spectateurs en début vingtaine plus qu’heureux de « thrasher » alors que Burns répète qu’il ne veut pas être le héros de personne.

Après avoir entonné Listen (£1.10 Or Less EP – 1982), Jake Burns explique que la chanson qui suit My Dark Places, est inspirée de ses propres expériences avec la dépression. Il rappelle à tout le monde présent qu’il est très important d’aller chercher de l’aide s’ils en souffrent eux aussi.

La prochaine pièce au rythme plus reggae Doesn’t Make It Alright est une reprise du groupe ska britannique The Specials. At the Edge, la chanson suivante rappelle aux gens de ne pas avoir peur de vivre ce qu’ils ont à vivre. Elle est suivie de Strummerville, inspirée par leur contemporain Joe Strummer dont le décès en 2002 a inspiré l’écriture de cette chanson.

Fly the Flag est une pièce plus politique. On se rappelle qu’en début de carrière Stiff Little Fingers exprimaient beaucoup leur désarroi par rapport à la situation trouble qui sévissait en Irlande du Nord et particulièrement dans leur ville natale de Belfast.

On poursuit avec la nostalgique When We Were Young, inspirée par le disparu Phil Lynott (Thin Lizzy) et Tin Soldier dans laquelle Burns partage les voix avec Ian McCallum. Le groupe termine son spectacle avec Suspect Device, le premier extrait commercial du groupe, sorti en 1978.

Fin brusque qui pousse le public à en vouloir plus. Le groupe offre deux rappels, qui comprend une version plus longue de Johnny Was, autrefois de Bob Marley and the Wailers. Il termine finalement avec ce qui est probablement l’une de ses chansons les plus connues, Alternative Ulster.

En saluant la foule une dernière fois, les hommes de Stiff Little Fingers avaient l’air bien heureux et satisfaits, et prêts à en prendre quatre autres décennies. C’est de bon augure pour leur tournée de 40e anniversaire qui sera bientôt lancée dans le Royaume-Uni.

 Texte révisé par : Annie Simard

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