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Rentrée montréalaise de Joey Robin Haché

Repaver l’âme

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Crédit © Annie France Noël

par Mélissa Thibodeau

Joey Robin Haché foulait la scène de la Salle Claude-Léveillée mercredi soir afin de présenter au public montréalais son premier album solo, Repaver l’âme. Il assurait la première partie d’une soirée double plateau. Le Trio BBQ, de Montréal, a clôturé la soirée avec son jazz manouche.

Joey m’avait avoué être un peu nerveux à l’idée de monter sur cette scène de la Place-des-Arts. Il se sentait toutefois prêt et bien entouré de sa band de Gaspésiens : Eric Dion (guitares), Eric Proulx (batterie et percussions), Jean-Guy LeBlanc (basse), ainsi que Guillaume Arsenault (melodica, pédales et effets, guitare acoustique) qui signe également la réalisation et la direction artistique de l’album. Ce groupe de musiciens des deux côtés de la Baie des Chaleurs avait pu jouir auparavant d’une résidence d’artistes à la Place-des-Arts qui leur aura permis de bien ficeler le spectacle présenté mercredi.

Le groupe a interprété les 12 pièces de l’album. L’atmosphère folk planante a bien été établie avec In Limbo qui est aussi le premier extrait de son album. Parmi les autres pièces qui m’ont particulièrement marquées, soulignons Nigadoo, inspirée du village qui a vu grandir le musicien, lieu où il n’y a pas grand chose dans les alentours, dit-il, mais qu’il chante tout de même avec affection. Ensuite, Loin des vagues, dont la groove accrocheuse a fait bouger plusieurs sur son siège, dont ma voisine, qui m’a admis découvrir Joey la soirée même.

Nulle part est chez moi, la première chanson qu’il a pondue après sa participation aux Rencontres qui chantent pendant le Festival de la chanson de Petite-Vallée 2012, poursuit dans le thème de l’ennui et de ce désir d’aller voir ailleurs. Avec Calmer les loups, il rend hommage à un ami qu’il avait autrefois connu, pendant son adolescence, sa période punk. Il a interprété de façon acoustique Corail les alentours, pièce coécrite avec un autre auteur-compositeur-interprète acadien, Pascal Lejeune. Avant de terminer avec l’extrait Attraper la lune, il nous a offert Bourbon, la seule pièce qui ne figure pas sur l’album Repaver l’âme, mais qui est bien connue des gens qui suivent Joey depuis ses débuts.

La première fois que j’ai vu Joey en spectacle, sur la ruelle Robinson à Moncton, sa liste de chansons était composée majoritairement de reprises d’artistes et de groupes tels que Bernard Adamus et Les Colocs. Les quelques pièces de son propre cru démontraient toutefois un énorme potentiel en tant qu’auteur-compositeur-interprète. Quoiqu’on le sente toujours sous l’influence de ces artistes susmentionnés, Joey Robin Haché, avec l’aide de Guillaume Arsenault à la direction artistique, assume bien la transition du folk trash de ses débuts vers le folk ambiant qu’il nous propose maintenant. Ce tournant musical lui a permis également d’expérimenter davantage au niveau de l’écriture de chansons, jouant avec les mots de façon audacieuse et intelligente.

https://www.youtube.com/watch?v=PisXFum5BhY

Si certains membres du public étaient déjà conquis d’avance (plusieurs membres de sa famille de Montréal, étaient dans la salle, il a pris le temps de bien les saluer), d’autres le découvraient à ce moment là et l’ont applaudi chaleureusement. Joey est en contrôle de sa voix et possède une aisance solide sur scène. Ses interventions sont naturelles et pas forcées. Il est un autre de ces artistes de la francophonie hors-Québec à surveiller.

Joey sera de retour à Montréal dans le cadre des Francofolies de Montréal le dimanche 14 juin après un séjour au Festival de la chanson de Tadoussac. Il sera également des demi-finales lors du Festival international de la chanson de Granby.

Pour en savoir plus sur cet artiste acadien : www.joeyrobinhache.com.

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