Peter Henry Phillips lance The Origin

L’artiste multi-instrumentiste nous présente enfin son projet solo

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©Barry Russel

par Mélissa Thibodeau

Pierre-Philippe Côté alias Pilou a enfin lancé son premier projet solo sous le nom de Peter Henry Phillips. Il a livré l’album presque dans son intégralité vendredi le 11 septembre dernier au Centre Phi accompagné de sept autres musiciens.

J’avais beau être arrivée tôt, la salle avait déjà son lot de gens et ça ne finissait plus de se remplir. Si au début de la soirée l’air climatisée de la salle nous soulageait de la chaleur extérieure, ses effets sont vite devenus nuls. On remarque dans la salle plusieurs personnes avec qui Pilou a déjà travaillé dont DJ Champion, Ariane Moffatt, Marie-Jo Thério, entre autres.

Avant même d’y avoir des musiciens, la scène, bien chargée d’instruments, faisait penser un peu au centre de contrôle d’un vaisseau spatial, laissait deviner qu’on allait voyager. En arrivant sur scène, l’auteur-compositeur-interprète a été accueilli sous un torrent d’applaudissements et d’acclamations : «Pilou! Pilou! Pilou! On t’aime Pilou!». La salle se fait peu à peu silencieuse alors que les musiciens s’installent.

Avant d’entrer dans l’album, tout doucement, on nous propose une pièce «Génèse», Bloom, qui figure sur son EP paru en mai 2014. On se glisse ensuite dans la matière, la très cinématographique The Wind, le premier titre sur The Origin. Après, Dreamcatcher, aux rythmes tribaux, nous fait voyager dans les forêts du Bouclier canadien. I Wanna Go, le premier extrait radio de l’album, nous ramène ensuite sur terre. Après avoir rêver de voyage, il est temps de prendre la route.

Il dédie plusieurs des chansons à des personnes qui ont marqué son existence: Henry, pour son grand-père, la Lennon-esque (pour bien citer l’expression dans le communiqué) Burn & Crash pour Gilles Gagné ainsi que Young Warrior, pour Philippe, peu importe où il se trouve dans l’éternité. Il a également indiqué que la pièce plus pop Walking Fast, était consacrée à tous ces gens pour qui la merde leur court toujours après et tout ce qu’ils trouvent à faire, c’est de la marche rapide.

Après nous avoir présenté l’album en entier, il termine avec Secret et Mirror, les deux autres pièces de son EP homonyme. Les chansons étaient accompagnées de projections de Loïc Thériault, sauf pour The Night, pièce écrite il y a de cela 13 ans pour un film étudiant. On a décidé de le diffuser en arrière-plan pendant la chanson.

L’heureux chef d’orchestre était bien entouré. Sur scène, on retrouve Le Futur, duo de réalisateurs et fréquents collaborateurs de Pilou formé de Thomas B. Champagne et d’Alexis Aubin-Marchand. On remarque aussi Justin Allard à la batterie, Pierre-Olivier Gagnon à la basse, les sœurs Julie et Sara Jasmin aux violons ainsi que Ben Bouchard, ingénieur et mixeur de l’album, qui était aux percussions et aux chœurs.

 

5 ans de gestation

Cinq ans, c’est long pour pondre un album, mais ce n’est pas comme si Pilou avait procrastiné. Il a travaillé sur de nombreuses bandes originales de films, dont Le règne de la beauté de Denys Arcand. Il a réalisé de nombreux albums dont les premiers de David Giguère et de Philippe Brach. Il était clair toutefois que cet album était très attendu, non seulement par l’artiste, mais aussi par le public.

The Origin semble être le résultat de ses nombreuses vies. Quelqu’un d’autre aurait pu facilement perdre le fil conducteur ou même l’intérêt. Mais ce n’est pas le cas ici: malgré les variantes entre les chansons, le fil conducteur les ficelle bien. On parle de retour à la nature après la route, du désir de la route après du temps en nature. L’artiste ne prétend pas lui-même ré-inventer la roue, mais reste tout de même que The Origin est une excellente oeuvre intemporelle qui saura sûrement plaire aux fans de Patrick Watson, Radiohead, Half Moon Run, etc.

Pour vous donner une idée, en voici un extrait:

L’album est en vente depuis le 4 septembre dernier.

 

Spectacles

Cet automne, Peter Henry Phillips sera en spectacle partout au Québec. Il sera de retour à Montréal le 4 octobre 2015, en première partie de Patty Griffin. Pour plus de détails, consultez le www.peterhenryphillips.com.

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