Drames humains aux Pays d’en haut

 Cette époque charnière de l’histoire du Québec ne s’oublie pas

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Crédit photo: Bertrand Calmeau

Par Reik Von Wittelsbach

Les Belles histoires des Pays d’en haut est un téléroman totalisant 495 épisodes diffusés à la télévision entre 1956 et 1970.  L’œuvre de Claude-Henri Grignon marque la mémoire collective du Québec en y présentant la dure réalité des pauvres habitants qui tentent tant bien que mal de coloniser le Nord du Québec. Il y a eu trois films suivant le téléroman et maintenant, un remake avec les Pays d’en haut. D’ailleurs, j’ai assisté au visionnement des deux premiers épisodes de la série.

C’est dans le petit village de Sainte-Adèle dans les Laurentides que tout commence autour de 1886. Nous sommes rapidement plongés dans la triste réalité des lieux. Les conditions de vie sont exécrables et les pauvres habitants font tout pour survivre à cet environnement hostile. Malgré tout, il y a de l’amour dans l’air. La jeune Donalda (Sarah-jeanne Labrosse) n’a que 20 ans, mais elle est une fille débrouillarde et brillante. Elle n’a de yeux que pour son cousin Alexis ( Maxime Le Flaguais). N’oublions pas qu’à l’époque, c’était chose courante. Il y a aussi Séraphin (Vincent Leclerc), un homme avide de pouvoir et de richesse, qui a le béguin pour la jolie blonde. Le triangle amoureux évolue au rythme du quotidien de plusieurs personnages. Le Curé Labelle( Antoine Bertrand) n’est absolument pas l’homme du clergé habituel. Il est épicurien et use de ses contacts pour faire bâtir le chemin de fer qui reliera les Laurentides à Montréal. Évangéliste ( Gaston Lepage) est le père de Séraphin et maire de Sainte-Adèle. Le vieil homme est illettré et n’arrive plus à contrôler les ambitions démesurées de son fils. Notons aussi l’excellente performance d’Anne-Élisabeth Bossé qui incarne Caroline, tenancière de l’auberge du village et dotée d’un très fort caractère.

Crédit photo: Bertrand Calmeau

Des personnages plus vrais que nature sont incarnés par une belle brochette d’acteurs. Les décors sont réels étant donné que le tournage a eu lieu au village Canadiana de Rawdon. J’ai été surpris de constater que le personnage  affirmé de Donalda est loin de l’image soumise de la femme dans l’ancienne série. Oubliez totalement le vieux téléroman plus mielleux. Ici, la misère humaine et la pauvreté sont au cœur des intrigues. Attendez-vous à rester surpris par la gravité de la violence dans certaines scènes. Une série à ne pas manquer.

La série de 10 épisodes prendra l’affiche sur Ici Radio-Canada, dès le lundi 11 janvier 2016, à 21 heures.

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