On vous présente : Larynx

Larynx, un « beau bol fusion musical »


© Larynx, Photo de presse

Par : Myriam Bercier

MatTV vous offre encore et toujours la chronique On vous présente, qui a pour objectif de vous présenter des artistes qui passent sous le radar de la musique populaire. Cette semaine, on découvre ensemble Larynx!

Larynx est le projet solo d’Alexandre Larin, auteur-compositeur-interprète. On a pu le découvrir dans les groupes Helena Deland et Rust Eden. L’artiste a une poésie directe, assumée et souvent inattendue. Le projet solo a été officiellement lancé avec la chanson Lumière d’espoir, qui est comme une microdose équilibrée entre psychédélisme et la chanson française, assortie d’un clip DIY. Cette chanson, selon l’artiste, en est une faite sur mesure pour les peines d’amour, les mal-aimés, les incompris et les absurdités du monde.


© Pochette officielle de Ruche de mouches de Larynx.

Son premier album, Ruche de mouches, sortira le 2 octobre (demain!). On y retrouvera des chansons à saveur psych rock 70 francophones bien arrosées de reverb. L’album suit la fin d’une relation trouble. On y entend toutes les étapes d’une rupture : le retour à l’arrière, le regard à l’avant, l’aide des amis chers qui permettent d’avancer et les nouvelles rencontres. Larynx y aborde les dichotomies du deuil et de l’extase et de l’amour et de l’amitié, le tout, bien balancé entre l’absurde et le réalisme. On peut y percevoir sa vision de l’amour. En bref, son premier projet solo lui a permis de laisser libre cours à son imaginaire absurde et fantaisiste.

J’ai donc appelé Larynx le 17 septembre dernier, et on a discuté, entre autres, de chansons de fête pour les amis, de la terreur que pourrait inspirer une ruche de mouches, du fait de chanter en français et finalement de visages malveillants que l’on peut apercevoir dans des sacs de poubelle si on les regarde trop. Intriguant, n’est-ce pas? Toutes les réponses ici-bas!

Myriam : Qu’est-ce qui t’a amené à faire de la musique?
Larynx : Je viens d’une famille de musiciens, mon grand-père est musicien, mon père est musicien, ça a toujours été dans la famille. C’est sûr que je ne me suis jamais posé trop la question s’il fallait que j’en joue ou pas, ou « papa j’aimerais avoir une guitare », ça m’était offert naturellement. Je pense que c’était juste dans le portrait. À un moment donné, mon père a transformé le garage en home studio et j’ai tout de suite commencé à enregistrer des trucs. J’ai jamais passé par le moment « ah, faudrait que je compose des chansons », j’ai tout de suite commencé à enregistrer dès 13 ou 14 ans. Ça a toujours été dans l’air.

Myriam :  Qu’est-ce qui t’inspire le plus pour créer une chanson?
Larynx : Je m’inspire pas mal du monde autour de moi. J’ai peut-être à mon actif une trentaine de chansons que j’ai faites pour la fête à des amis (rires). À chaque fois que c’est la fête à du monde, je leur fais une chanson. Admettons qu’une sur quatre est vraiment bonne, le reste c’est juste niaiseux. Mais il y a des chansons là-dedans que j’ai juste utilisées dans mon album, j’ai juste changé quelques insides qui étaient peut-être un peu trop pas “disables” (rires). J’ai juste modifié quelques chansons de fête, et ça a fait du bon matériel. Quand je pense à quelqu’un, c’est sûr que les idées viennent vite, même pour les textes c’est facile de trouver des petits clins d’œil qui vont faire rire la personne ou qui vont toucher cette personne-là. Je te dirais donc que c’est principalement les amis.
Myriam : Attends, quel genre de chanson d’anniversaire fais-tu? Est-ce que tu fais une belle chanson sur la personne genre : Cher Dave, tu es une belle personne, je voulais te dire que tes cheveux sont beaux ou plus Hey bonne fête! C’était le fun de te connaître?
Larynx : Ça finit souvent par des bonnes fêtes. C’est là parce que j’ai pas le choix d’enlever ça parce que ça serait juste des chansons qui finiraient par bonne fêêêêête! (rires) Par exemple, j’avais une de mes amies qui avait eu je-sais-plus-quoi, pas une bursite, mais elle avait eu un problème à son bras, et son bras était réparé. Je lui ai fait une chanson sur son bras qui est réparé et sur le fait qu’elle fait des bons biscuits. Je fais juste transformer ça un peu. Il y a une chanson sur mon album qui s’appelle Muffin aux bananes cowboy qui est sur un de mes amis qui faisaient des pains aux bananes pour le Cégep du Vieux [Montréal]. Je faisais juste partir là-dessus, c’était sa chanson de fête, mais finalement à force de l’entendre un petit peu dans le portrait, d’en entendre parler, je me suis dit « on va modifier quelques petits éléments, on va enlever les mots bobettes et on va en faire une chanson sérieuse. »

Myriam : Avant de te lancer avec ton projet solo, Larynx, tu as fait partie des groupes Helena Deland et Rust Eden. Qu’est-ce qui t’a mené à te lancer en solo?
Larynx : On dirait qu’avec Helena et Rust Eden, on est arrivés à une étape où c’était rendu… je sais pas comment dire ça sans dire que c’était une job, c’est juste qu’il y a un moment donné où est-ce qu’avec Helena on faisait de la tournée, des trucs comme ça et je trouvais que ça me manquait la petite étincelle du début de quand j’ai commencé à faire de la musique, quand je pensais pas du tout au côté performance ou juste d’avoir des bonnes critiques, des trucs comme ça. À moment donné, il y a des petites pressions qui s’amènent avec l’industrie de la musique si on veut. On dirait que je m’ennuyais de faire de la musique juste pour faire de la musique. Tu sais, faire une chanson pour un ami, je n’ai aucune pression à la faire, à me demander « vas-tu l’aimer ta chanson de fête? » Les gens tripent tout le temps. Moi je me fais du fun à les faire aussi. Je voulais retourner à cette étape-là du début, d’être bien naïf, de faire des chansons tout seul, de me faire plaisir à moi avant de penser à si ça va pogner, est-ce que ça va être bon? Ça vient aussi avec le fait de penser toujours à la logistique d’avoir plein de monde autour, d’avoir un groupe, de jouer pour quelqu’un d’autre, c’est très différent. Je pense que ça a fait du bien de me faire plaisir à moi, de me dire « OK, je vais faire un album en français, je vais ramasser des chansons que j’aime, y aller le plus simplement possible. »

© Larynx, Photo de presse

Myriam : Pourquoi avoir choisi le nom de Larynx pour ton projet solo?
Larynx : Larynx, moi on m’appelait de même au secondaire, en secondaire 1. « Alexandre Larin? » « Larynx? Wouah! Hey Larynx! » et à moment donné les gens m’appelaient Larynx. Au début le groupe était supposé s’appeler Ruche de mouches, j’avais lancé ça de même, je me disais « ça serait fou que je m’appelle Ruche de mouches! » Ça me faisait rire parce que mon père à chaque fois me disait « tu vas pas appeler ton projet Ruche de mouches?! » je répondais « ben oui p’pa, ça va être parfait, ça va pogner! » Là, finalement l’album va s’appeler Ruche de mouches (rires) parce que j’en ai tellement parlé à tout le monde en niaisant que je me suis dit qu’il fallait que ça reste quelque part. Je trouvais que Larynx c’était un nom qui me colle à la peau depuis le secondaire et ça se dit bien.
Myriam : Mais pourquoi Ruche de mouches?
Larynx : (rires) J’aimais l’image parce que j’ai fait une liste d’une centaine de noms de band complètement absurdes et Ruche de mouches revenait tout le temps parce que je trouvais que ça sonnait bien pour aucune raison en fait (rires). Je trouvais ça quand même drôle de m’imaginer une ruche de quelque chose d’autre que des abeilles, c’est tellement gracieux, des abeilles, elles font leur miel et tout. Là, c’est comme « des mouches, c’est dégueulasse! » J’aimais l’image qu’il y ait une ruche de mouches, je trouvais ça un peu effrayant (rires). Imagines-tu, tu as une ruche de mouches dans le coin de ta chambre, c’est comme un cauchemar!
Myriam : Ça serait terrifiant! J’avoue que j’ai regardé les coins de ma chambre pour être sûre qu’il n’y avait pas de mouches…
Larynx : C’est ça! Pogne un bâton pour détruire la ruche de mouches! Au moins elles piquent pas, mais elles vont venir t’attaquer et elles sont très gossantes! (rires)

Myriam : Avec ton ancien groupe, Rust Eden, vous chantiez en anglais, alors que dans ton projet solo tu as décidé de chanter en français. Pourquoi?
Larynx : Rust Eden, on chantait en anglais parce que nos influences étaient pas mal toutes des groupes en anglais, on a été élevés avec ça, donc on s’est pas trop posé la question, on se disait « on va chanter en anglais. » Puis à moment donné je me rappelle qu’on avait fait une entrevue dans une radio universitaire en anglais et à ce moment-là, j’ai vraiment pogné un mur, je me disais « ça a pas d’allure », je me sentais tellement imposteur de chanter en anglais, je me disais « on est même pas anglophones c’est quoi cette affaire-là? » (rires) Autour, tous les amis que j’avais qui étaient plus dans l’industrie nous disaient « on aimerait bien vous aider, mais nos contacts sont tous en français ici au Québec. » Ça a toujours été un défi, je me suis toujours dit « à un moment donné, je vais le faire » mais j’ai toujours trouvé ça… sans dire imposant… un petit peu… comme une montagne à surmonter de chanter en français, je me disais que c’était difficile d’avoir des bons textes en français. Finalement, je me suis juste lancé. Justement, pour les chansons de fête je le faisais déjà au final, il fallait juste le faire avec une approche plus sérieuse et l’assumer surtout. Ça s’est fait tout seul et finalement j’adore ça, j’ai plus le goût de chanter en anglais pantoute!

Myriam : À quoi peut-on s’attendre de ton premier album musicalement?
Larynx : J’ai essayé d’y aller dans différentes atmosphères. C’est sûr que c’est cool des fois des albums qui sont vraiment uniformes, que c’est quasiment une seule chanson tout le long, mais on dirait que je suis pas capable de faire ça. Je veux pas que ce soit redondant, donc je pense que j’ai essayé d’aller dans le spectre le plus large que je peux aller dans le style que j’ai. Il y a des chansons plus smooth, des chansons qui bûchent plus, qui ramassent un peu plus, d’autres trucs un petit peu plus 70, 60, un peu plus psychédéliques, je pense que c’est une belle salade, un beau bol fusion un peu poké bowl musical d’un mélange de différents mood quand même.


© Larynx, Photo de presse

Myriam : Si tu pouvais prendre ma place de journaliste pour une question, quelle question te poserais-tu, en y répondant?
Larynx : Si j’avais à me poser une question, je pense que ça serait celle-ci : Bonjour Larynx, comment vas-tu? Oui, ok, merci!
Cette question est : est-ce que ça t’arrive parfois la nuit de regarder dans le coin de ta chambre un sac de poubelle et d’y voir des visages malveillants?
Et moi de répondre : merci d’avoir demandé, c’est très gentil de poser la question, car en effet ça m’arrive 100 % du temps.
Myriam : (rires) Oh mon Dieu, pour vrai ça s’en allait pas où je pensais que ça irait, j’adore. Bravo, 10/10. Je pense que tu as déclassé quand même beaucoup des réponses que j’ai eues à cette question-là (rires). Tu vas être officiellement dans mon top 3, je pense.
Larynx : Je pense que j’aimerais ça me faire poser cette question-là, ça me ferait vraiment plaisir!
Myriam : Je vais essayer d’y penser la prochaine fois.
Larynx : Tu sais, les visages malveillants…
Myriam : Mais ça t’arrive pour vrai?
Larynx : Ça m’arrivait souvent quand j’étais petit de voir des visages dans le tas de linge, mais j’aime ça m’imaginer que… en ce moment on est en train de se préparer pour un vidéoclip qu’on va faire en fin de semaine, ma chambre est un vrai bordel, il y a plein de sacs, c’est sûr que si je les regarde pendant plus d’une minute il y a un visage malveillant qui va apparaître.
Myriam : Je comprends, fais attention aux visages malveillants là! (rires)

 

1. Ton lecteur de musique plante sur une île déserte, tu peux seulement écouter une chanson, c’est laquelle?
En fait, je triche. Je me grave un CD MP3 avec 6 h de toutes mes chansons préférées que je transitionne une dans l’autre (t’sais comme les DJ font). Si les enquêteurs de l’île déserte arrivent, je leur dis que c’est une seule et longue toune de prog!

2. Ta chanson de rupture préférée?
The Crying Game par Dave Berry

3. Ta chanson d’amour préférée?
Mélane de Fred Fortin

4. Un.e artiste que tu aimerais que les gens connaissent davantage?
Delirium Desh (C’est de la musique de Noël un peu étrange.)

5. Si tu pouvais écouter un seul album pour l’année à venir, ce serait lequel?
Fast Emotion de UZEB (Ça garde motivé pour tout genre de projets)

6. La chanson qui te rend le plus heureux?
Livin Thing par Electric Light Orchestra

7. Un.e artiste / groupe qui t’inspire beaucoup?
Gregoncel, ils ont beaucoup de stock, leur premier album a 60 chansons weyon donc!!!

8. La chanson qui t’obsède en ce moment?
Je sais, je sais de Marjo (groooooosse toune!)

9. Une chanson que tu aimerais avoir écrite?
Don’t talk (Put your head on my shoulder) des Beach Boys, c’est une toune qui ne se peut pas. Je ne comprends pas (positivement là)!

10. Ta chanson (à toi) préférée?
J’aime bien Lumière d’espoir car c’est la première chanson à avoir tracé la voie de l’album et elle est énergiquement agréable (comme une pierre d’abondance quasiment).

Merci MatTV (Non, merci à toi, Larynx!)

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