On vous présente : Dylarama

Dylarama, l’alter ego artistique de Mathias Pageau


© Dylarama, photo trouvée sur sa page Facebook

Par : Myriam Bercier

Ma chronique On vous présente est de retour pour l’année 2021! En guise de rappel, On vous présente vise à vous faire découvrir des artistes qui passent sous le radar de la musique populaire. Cette semaine, je vous présente Dylarama!

Dylarama, c’est le projet indie pop de Mathias Pageau. Ce dernier porte plusieurs chapeaux : DJ, musicien et blogueur notamment pour Ton barbier. Il a été auteur-compositeur pendant 10 ans sous le nom de Mathias Mental. Il a sorti son premier EP sous le pseudonyme de Dylarama, Certified Cutie, en 2018. Il comporte quatre chansons, dont la pièce dream pop Les yeux fermés qui aborde l’amour de jeune adulte naïf, léger et interdit ou encore Chantal, qui représente un idéal qu’on n’arrive pas à atteindre.


© Dylarama, photo trouvée sur sa page Facebook

En août 2020, il a lancé son deuxième EP Parle-moi de ça dans lequel l’artiste confirme un univers pop et électro qu’il avait déjà esquissé dans Certified Cutie. On peut y déceler des influences de bedroom pop lo-fi ainsi qu’un mélange de modernité et une touche de sonorité des années 1980. Il y aborde plusieurs thèmes comme le désir, les regrets et le dialogue amoureux.

Pour l’entrevue, à l’instar de P’tit Belliveau et Zoo Baby cet été, Dylarama m’a demandé de lui envoyer mes questions par écrit. Il m’a envoyé ses réponses et voilà le fruit de notre échange, dans lequel il a été question entre autres de recommencer sous un nouveau nom, de l’impact du producteur et musicien Jean-Nicolas Doss sur sa musique et d’équipements sonores! Bonne lecture!

Myriam : Qu’est-ce qui t’a amené à faire de la musique?
Dylarama : Ce n’est pas quelque chose que j’avais prévu. Je savais que je voulais être un artiste, mais je m’imaginais plus écrire. Pendant que je travaillais là-dessus, je me suis mis à apprendre les accords de guitare, j’ai mis quelques chansons sur MySpace, j’ai eu un bon accueil. Ça m’a pris du temps avant de comprendre que ce n’était pas un détour, mais plutôt une destination pour moi.

Myriam: Tu as longtemps fait de la musique sous le nom de Mathias Mental, qu’est-ce qui t’a poussé à tout recommencer sous le pseudonyme de Dylarama?
Dylarama : Je sentais que j’avais fait un bout de chemin avec le projet Mathias Mental, et j’étais un peu tanné de ce nom que j’avais choisi à la blague, à mes débuts. En redémarrant mon projet sous un nouveau nom, c’était une occasion pour moi de faire table rase. Ça reflétait aussi mon évolution dans la vie, je me sentais à un endroit très différent.

Myriam : Pourquoi avoir choisi le nom de Dylarama?
Dylarama : Ça vient du roman White Noise de Don DeLillo. Ça fait référence à une drogue post-moderne. Je trouvais le concept cool, et c’est un de mes livres préférés, alors ça avait du sens pour moi.

Il y a des gens qui disent que ça les fait penser à Dollarama… Ben j’aurais aimé ça m’appeler les Rolling Stones, mais c’était déjà pris. Pas mal tous les noms cool sont déjà pris. Dylarama, c’est mieux que rien.

Myriam : Qu’est-ce qui t’inspire pour créer une chanson?
Dylarama : Je n’écris pas des chansons autobiographiques, mais j’utilise quand même des émotions de ma vie de tous les jours pour m’inspirer. J’aime ça écrire des chansons d’amour, parce que c’est un paradigme universel qu’on peut saisir immédiatement.

En fait, mes chansons parlent plus souvent qu’autrement des sentiments qui n’ont rien à voir avec l’amour. Je peux parler d’un ami, d’un collègue, d’un chat… C’est une façon de prendre tout le bon et le mauvais de mon quotidien et d’essayer de trouver le beau là-dedans.

Myriam : Quel est ton processus de création?
Dylarama : Il y a des petits trucs que j’utilise pour rester créatif. Je ne peux pas décider d’écrire une bonne chanson, mais je peux décider d’écrire des chansons jusqu’à temps qu’il y en aille une de bonne. Je passe généralement des heures à jouer de la guitare en attendant que quelque chose ait du sens. Je pense que la création vient beaucoup du subconscient. J’essaie juste de me tasser du chemin. Il y a des chansons que j’ai littéralement écrites dans mes rêves, d’autres plus délibérées. Ça dépend.

J’écoute aussi beaucoup de musique. J’essaie d’être au courant de tout ce qui sort. Je suis un fan de musique d’abord, et la musique que je fais est une extension de ma passion pour la musique des autres.

Myriam : Ton producteur Jean-Nicolas Doss semble avoir joué un grand rôle dans la production de ton premier EP, peux-tu m’en parler un peu?
Dylarama : JN est probablement mon musicien préféré au monde. Je l’ai connu à travers son groupe Wizaard – dont j’étais fan – et j’ai eu la chance de travailler avec lui pour mon EP Certified Cutie. Il a pris des démos de pré-production qui avaient frappé un mur de mon côté et il les a amenées ailleurs. C’était fascinant de le voir à l’œuvre.

Myriam : Est-ce que son travail sur ton premier EP a eu un impact sur ton deuxième EP?
Dylarama : Comme il est très occupé, on n’a pas eu la chance de travailler ensemble sur la production de Parle-moi de ça, mais c’est sûr que j’ai pensé à lui à plusieurs moments quand j’étais dans des impasses.

C’est un trip différent de travailler tout seul, mais j’espère quand même réussir à le convaincre de collaborer avec moi dans le futur, que ça soit pour Dylarama ou pour un autre projet.

Myriam : Ton dernier EP, Parle-moi de ça, est sorti en août 2020. Comment s’est passée sa création?
Dylarama : J’ai fait une grosse partie de cet album-là en voyageant. Je n’avais pas d’idée précise de ce que je voulais faire, je voulais juste des chansons qui reflétaient mes états d’âme à certains moments précis de cette année-là. Quand j’avais un instant, je sortais mon micro et j’enregistrais des idées. Je suis content d’avoir pris des chances et d’avoir expérimenté.

Myriam : Quel accueil a-t-il reçu jusqu’à maintenant?
Dylarama : La chanson qui a le plus joué en ligne s’intitule Mon année sans lumière. C’est une chanson que j’ai décidé de mettre sur l’album à la dernière minute. Je l’aimais beaucoup, mais je pensais que ça ne rejoindrait personne. Elle s’est retrouvée sur de bonnes playlists sur Spotify. Je suis satisfait.

Pour moi, il y a vraiment une déconnexion entre le geste de faire de la musique et le concept d’avoir des gens qui écoute l’album une fois qu’il est sorti. C’est un processus tellement personnel de passer des mois ou des années sur quelque chose, pour ensuite le partager avec des inconnus. C’est plus abstrait que jamais avec les streams qui s’accumulent. Je peux voir les statistiques en ligne, je sais qu’il y a des milliers de personnes qui m’entendent partout à travers le monde. Je ne sais pas ce qu’ils font, s’ils écoutent vraiment… Il y a quelque chose de très romantique dans cette relation intime avec des étrangers.

Myriam : Qu’est-ce qui t’attend en 2021?
Dylarama : Pour 2020, j’avais prévu aller courir les festivals de musique électronique en Europe, je me suis retrouvé enfermé dans une chambre à réécouter les 10 saisons de Friends.

Une seule chose est certaine pour moi en ce moment, je vais profiter de cette année pour écrire les chansons de mon prochain EP.

Myriam : Si tu pouvais prendre ma place de journaliste pour une question, quelle question te poserais-tu, en y répondant?
Dylarama : Probablement une question qui m’amènerait à parler de gear. Les musiciens, on aime ça parler d’instruments de musique et d’équipement sonore…

Je m’auto-demanderais qu’est-ce que j’ai le goût de m’acheter. La réponse est que je passe présentement d’innombrables heures sur les sites de magasins de musique à essayer de me convaincre que j’ai les moyens de me payer une carte de son UAD et une Stratocaster Am Pro II… Parce que t’sais, quand tu y penses, c’est déductible d’impôt, et c’est pas une vraiment une dépense, mais c’est plus comme un espèce d’investissement, right?

Ton lecteur de musique plante sur une île déserte, tu peux seulement écouter une chanson, c’est laquelle?
Pienso en tu mirá de Rosalía, en espérant ressortir de là parfaitement fluent en espagnol.

Ta chanson de rupture préférée?
Landslide de Fleetwood Mac. Il y a une version sur YouTube, c’est une musicienne qui joue cette chanson dans le métro et c’est vraiment touchant.

Ta chanson d’amour préférée ?
Paper Bag de Fiona Apple. Ça pourrait peut-être se qualifier en tant que chanson de rupture, mais je la compte comme une chanson d’amour. J’aime mieux les chansons d’amour impossible, c’est plus divertissant. Le clip est malade.

Un.e artiste que tu aimerais que les gens connaissent davantage ?
J’ai entendu Hether récemment. De l’excellente bedroom pop avec une production intéressante. Je ne sais pas s’il est connu ou pas, mais je suis content de connaître sa musique.

Si tu pouvais écouter un seul album pour l’année à venir, ce serait lequel?
Untrue de Burial. Ça fit avec mon mood des derniers mois, et je sens que ça me prendrait au moins une année pour analyser toutes les nuances de ce classique absolu.

La chanson qui te rend le plus heureux ?
アイム・ミー de CHAI

Un.e artiste / groupe qui t’inspire beaucoup ?
Deux artistes canadiens: Homeshake et Andy Shauf.

La chanson qui t’obsède en ce moment?
Le groupe Press Club a fait une reprise de The Killers pour la série Like A Version. C’est la pièce When You Were Young. J’aime l’originale aussi, même si j’ai toujours considéré The Killers comme une espèce de Strokes diète.

Une chanson que tu aimerais avoir écrite?
Hollywood Forever Cemetery de Father John Misty. Ça serait trop long d’expliquer pourquoi…

Ta chanson (à toi en tant qu’artiste) préférée?
Parmi les chansons de Dylarama, je choisirais probablement Comme des dominos et Saison Estivale.

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