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Notre-Dame de Paris

Plus grandiose que jamais

©Maryse Phaneuf/MatTv.ca

Par:  Mylène Groleau

C’est en ce mardi, 9 août, que la célèbre pièce Notre-Dame de Paris, œuvre de Luc Plamondon et Richard Cocciante, a foulé les planches de la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal. Devant une salle comble de spectateurs qui voyaient ou revoyaient la pièce, parue, bientôt, 25 ans auparavant. Tirée du roman de Victor Hugo, l’œuvre, quelques peu ajustée au fil du temps, a su conserver sa qualité exceptionnelle de chef d’œuvre théâtral.

Un retour sur scène inespéré et fort apprécié

Les premières notes de la soirée sont revenues au personnage Gringoire, troubadour campé par nul autre que Bruno Pelletier (pour quelques représentations exclusives) avec l’incomparable Le temps des Cathédrales. Une salve d’applaudissements s’en est suivi pour se répéter à chacune des apparitions de Bruno pelletier et son acolyte Daniel Lavoie. Son aisance autant sur scène que pour interpréter ses titres musicaux attribués à son personnage ont vibré bien plus fort que le bourdon qui compose la sonnerie du mythique monument. Au sortir de la salle, tous s’entendaient à dire que la voix de l’interprète ainsi que de celle de Daniel Lavoie dans le rôle de Frollon résonnaient en eux, encore et pour longtemps. Des voix justes et fortes qui transpercent l’âme et nous laisse sur la peau des frissons à chacune des interprétations.

Esmeralda, interprétée admirablement bien par Elhaida Dani (The Voice Italy 2013), nous a envoûté par son jeu d’interprétation. Une sensualité se dégageant par ses gestes et sa volupté fortement bien incarnée. Sa voix nous transperce comme son amour envers son Roi Soleil, Phoebus, Capitaine de la garde.

Quasimodo, avec sa voix grave, rauque et cassée reconnait en son interprète, Angelo Del Vecchio, l’image parfaite que l’on se fait d’un être tourmenté qui souffre, terré et seul mais qui survit grâce à l’amour qu’il porte secrètement envers Esmeralda. Danse mon Esmeralda, mettra, ainsi, un baume éternel sur son cœur meurtri que l’on peut apprécié dans le dernier tableau du spectacle.

Gian Marco Schiaretti qui, pour sa part, campe Phoebus, apporte à son personnage le loquace et l’image d’un séducteur, volage mais repentant devant sa dulcinée, une fois sa faute avouée. Tandis que Clopin, alias Jay, le prince de la Cour de Miracles et un vaurien, donne un ton plus soul et moderne à la pièce.  Fleur-de-Lys, joué par Emma Lépine, a, quant à elle, personnifié à merveille l’innocence de la promise à Phoebus. Sa voix, pure et cristalline apporte douceur et fraîcheur malgré sa jalousie envers Esmeralda.

Pas assez de yeux pour tout voir

La synchronicité, le mouvement des acteurs et de la mise en scène ainsi que le dynamisme de la pièce nous ont projeté à mille lieux d’ici. Changer d’époques pour nous situer en plein cœur de Paris, en plein centre de Notre-Dame de Paris en l’an de grâce 1482. Une mise en scène de Gilles Maheu exceptionnelle. Surprenante. Enlevante et enivrante.

Le passage des tableaux s’opère comme de la magie. Nous transportant dans une ère de bohèmes et de religion. Utilisant la façade du monument emblématique de Paris pour créer une dimension ajoutée à la pièce où se joue du mouvement. Des costumes aux couleurs franches et vives utilisés par des dizaines de danseurs et acrobates. Leur présence sur la scène pour représenter les sans-papiers et métamorphosé en alternance avec d’autre personnages qui se relaient selon les tableaux proposés. Qu’ils soient sur la scène, escaladant la pierre du bâtiment ou encore soulevés par les cloches, il n’en reste pas moins qu’ils apportent des souffles retenus dans l’auditoire.

La lumière et le visuel sont déployés de façon magistrale. Jouer avec des ombres chinoises pour manipuler les consciences ou nous situer au sein de Notre-Dame par ses percées de lumières au travers d’immenses vitraux. Illustrer le déchirement de Phoebus dans la pièce Déchiré par cinq danseurs illuminés un à la fois dans une séquence électrifiante sur fond noir. Les portes closes du Val d’Amour teintées d’un rouge écarlate, rappelant le sang de Phoebus et l’ensorcellement qui en découleront. Aucune couleur n’est ajoutée pur rien.

Un spectacle à voir ou revoir. Une soirée qui s’imprègne dans nos souvenirs pour y rester graver comme sur la pierre de Notre-Dame.

La tournée est actuellement à Montréal, du 9 au 20 août. Elle poursuivra sa route, par la suite à Québec, du 25 au 31 août, ensuite à Sherbrooke, du 7 au 10 septembre, pour terminer sa course à Trois-Rivières du 12 au 14 septembre.

Pour revoir l’article traitant de Notre-Dame de Paris vu en 2018, c’est par ici

Crédit photo : ©Maryse Phaneuf/MatTv.ca

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