Naufrage chez Nestor

Biz livre un fracassant roman

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©Martial Genest/MatTv.ca

Par Marie-Hélène Amyot

C’est au Nestor que le dernier roman de Biz, Naufrage, s’est amarré le temps d’un instant avant de reprendre sa route vers le cœur des gens. L’auteur y aborde des thèmes tels que la culpabilité, la compassion et le pardon, et c’est avec la verve qu’on lui connaît, en toute franchise et vérité que l’auteur m’en a dit davantage sur cet ouvrage. Voguant sur une mer d’amour, sur un océan de drame, il porte au voyage à l’intérieur de soi.

Naufrage est poignant, et les thématiques qu’il renferme sont universelles. Vivre avec le sentiment de culpabilité, éprouver de la compassion pour quelqu’un qui, à notre avis, ne le mérite pas ou accorder son pardon, toutes des choses qui nécessitent un travail personnel ardu si on veut poursuivre son itinéraire sur une eau calme et paisible. « Pour moi, c’est le cœur de cette histoire-là. C’est exactement ça. Quand, dans un couple, il arrive quelque chose dont l’un des deux est responsable, il y a le coupable qui doit gérer sa culpabilité, puis, il y a celui qui a subi l’action et qui doit, ou non, accorder son pardon. Accorder son pardon des fois, d’un point de vue intellectuel, tu peux le faire, mais d’un point de vue du cœur, c’est strictement pas possible. »

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Biz a une plume imagée et poétique dont la richesse du vocabulaire et les références démontrent cette grande culture qu’on lui connaît. Bien que Naufrage mette de l’avant un tragique événement, on ne peut passer sous silence la grande tendresse et tout l’amour qui habitent ce roman. Frédérick, personnage principal, aime d’une façon pure et touchante. Véritable point d’ancrage, sa femme Marieke et son fils Nestor forment un tout réconfortant pour cet homme dont le parcours professionnel prend une tangente qui apportera son lot de conséquences.  « Le moteur de mon livre, c’est l’amour que j’ai pour mes enfants, vraiment, et je pense que Frédérick, au début du livre, quand son travail s’effondre, il est tabletté littéralement dans son ministère et donc, il a perdu tout son référent et sa valorisation professionnelle. Il ne lui reste que sa famille. Sa femme en particulier et son enfant, l’amour qu’il a pour son enfant. Il se raccroche à ça. » Féministe assumé et respectueux de la fonction publique, Frédérick tout comme Biz, est aussi un fin critique de la société qui l’entoure, bien que l’auteur ne partage pas tous les points de vue de son principal protagoniste.

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Après un processus de création et de recherche d’une durée de deux ans, l’artiste souhaite un monde plus souple, plus ouvert d’esprit. « On a beaucoup besoin de compassion à l’ère des réseaux sociaux et un peu moins de fiel, de haine et de jugement. On juge en 140 caractères, on ne connaît rien de ce qui est arrivé et on porte un jugement. Moins de jugement, plus d’analyse, plus de compassion, même si ça fait très judéo-chrétien, je m’en rends compte après coup. »

C’est donc dans une salle aux allures d’une cale de bateau, que Naufrage a amorcé sa traversée, au son de la voix de Jean Barbe, éditeur des livres de Biz depuis la première heure. Comme l’a dit l’auteur de ce roman coup de point lors de son allocution, le bonheur n’a pas d’histoires, mais parfois, elles sont racontées de si belle façon, qu’on ne peut passer à côté, même si on sait qu’elles fracasseront le cœur des lecteurs.

Crédit photos : Martial Genest/MatTv.ca

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