Maxim Martin: Première de Fuck Off

Une première réussie pour Maxim Martin

© Officielle / Éric Myre

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C’était soir de première pour Maxim Martin, mercredi 30 octobre au Monument National de Montréal. À la radio, sur son show de “Ça rentre au poste” à Énergie, avant la présentation de son spectacle, Maxim Martin tentait de se trouver des trucs afin de vivre sereinement cette soirée de lancement. Son auditoire lui acheminant bon nombre de textos avec leurs recettes personnelles de contrôle sur soi, sur l’art d’être et de rester zen.

On ignore quel trucs efficace il a utilisé, mais, très honnêtement, il avait fonctionné! C’est un Maxim plutôt assumé et en contrôle que nous avons eu le plaisir de voir sur scène. Un peu plus tendre que je ne m’y attendais.

Celui qui cumule déjà 30 ans de carrière depuis son premier one man show Tolérance Zéro, il emboîte la cinquantaine et a choisi de faire un pied de nez aux conventions et choisi de se faire violence envers ce qui l’irrite. Pour preuve, son titre de show qui ne fait pas dans la prétention mais plutôt dans l’art d’assumer ce qu’il pense et dit. Fuck Off. Il en a plus rien à branler des convenances et son petit côté cru nous le rappelle rapidement.

Maxim Martin ne se réinvente pas. Ce n’est pas un personnage, c’est un unique. Qu’on aime ou non son petit côté plus vulgaire, il n’en reste pas moins que sa franchise est pleine de vérité. Tout est question de perceptions. Suffit d’être de sa génération X pour comprendre son point de vue. Et pour ceux qui connaissent moins bien sa carrière, ne lui faite pas savoir. Il pourrait avoir tendance à “deleter” le problème.

© Officielle / Éric Myre

Il prône davantage la responsabilité à l’individu et non, toujours, à la société. Il aime remettre les pendules à l’heure et ne se gêne pas pour le faire. À lui seul il recule l’heure du fuseau horaire automnale. “Si tu n’as pas tout dans la vie, ce n’est pas toujours à cause de quelques chose. Mais peut-être à cause de toi”

On revisite la virilité sous tous ses angles. Il est très transparent lorsqu’il aborde ce sujet. Pour lui, la virilité n’est pas, simplement, qu’une question d’ordre sexuelle. Pour lui, un homme qui dégage de la testostérone à distance, c’est un homme manuel, qui connait l’entretient des chars, qui réussit à nous surprendre dans une allée de centre d’achats voir même en lycra. Un homme qu’on voit, qu’on sent et qu’on interprète de très loin. Il y en a pour qui cette hormone les propulsent fièrement au premier rang de la virilité. À l’entendre, dès la petite école, il a plutôt cédé sa place pour se retrouver en queue de file. Allant même à se questionner où il aurait pu se situer dans une hiérarchie homo sapienne.

Il est très loquace et habite ses histoires de façon à ce que l’on puisse pratiquement se sentir mal pour lui lors d’un massage Thaï. Il aura donné le goût à son auditoire de ne lamais passer par là.

Il enchaîne sur les diverses définitions des générations. Tout l’alphabet pourrait facilement y passer. La meilleure est assurément la sienne. La génération X. Celle où la musique avait du sens. Où il a aimé replonger dans les cours de catéchèse, l’intimidation de cours d’école, la fugue. Soulevant au passage que les enseignants d’aujourd’hui manque clairement de supports.

Il ne pouvait passer sous silence l’attribut masculin. En fait, beaucoup de son attribut à lui. Soulignant qu’il est de la fière génération a avoir eu l’imagination plus que débordante pour s’être offert du plaisir sur de la pornographie fixe. Rien à voir avec celle offerte aux générations successives. Où la diversité des sujets n’a plus de fin.

© Officielle / Éric Myre

Pour sa cinquantaine, il s’est permis un virage vers l’autodérision. Il se donne le droit de dire son opinion (quoique ce n’est pas totalement nouveau).  Les critiques sont partagées. Faites donc comme lui, abstraction aux commentaires et fiez vous à vous-mêmes pour apprécier quelque chose. C’est libérateur d’avoir une opinion. Mais encore plus lorsqu’il s’agit de la sienne et que celle-ci est pleinement assumée.

Pour la liste des spectacles de Fuck Off, c’est ici.

En première partie de son spectacle, Francis Grenier qui a, admirablement bien, réchauffé la salle. Un humoriste à suivre.

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