Les serpents

Le conte fantastique de Marie Ndiaye

© Caroline Laberge

Par : Stefan Puchalski
D’entrée en jeu, l’homme est absent. Du moins, on ne le voit pas. À l’occasion, on l’entend grogner, on l’entend crier des noms, mais c’est tout. Cette fois-ci, il reste seul dans sa maison isolée, entourée de champs de maïs.

Marie NDiaye, qui s’est fait connaître comme autrice, – elle remporte le prix Femina (Rosie Carpe) en 2001 et le prix Goncourt (Trois femmes puissantes) en 2009 – elle se tourne graduellement vers le théâtre. Dans sa pièce Les Serpents, qui a pris l’affiche pour la première fois en 2005 en Suisse, l’homme est alors absent. Dans la mise en scène de Luce Pelletier, on parle de lui et de son absence tout au long de la pièce. Et de ses enfants. Madame Diss (jouée par Isabelle Miquelon), veut savoir si son fils lui prêtera l’argent dont elle a besoin pour se sortir d’une situation délicate. Par contre, elle reçoit une fin de non-recevoir de sa belle-fille, France (jouée par Catherine Paquin-Béchard), la femme soumise qui a peur de son époux et qui tient à faire échouer toute rencontre avec lui, afin de ne pas provoquer sa colère et de protéger ses deux enfants. Enfin, Nancy (jouée par Rachel Graton), la première épouse de l’homme, veut connaître le sort de leur fils, Jackie, disparu dans des circonstances obscures. Lorsque Nancy pénètre enfin dans la maison, elle n’y voit rien, ni son ex-mari, ni son enfant, ni les enfants de France.

© Caroline Laberge

L’homme est-il un monstre? Est-il un ogre? A-t-il battu son fils? Lui a-t-il fait encore pire? Dévore-t-il des enfants? Toutes les questions sont permises puisque les réponses ne sont pas forcément données.

À l’affiche à l’Espace Go jusqu’au 7 décembre.

Texte révisé par : Marie-France Boisvert

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