Les Rendez-vous du cinéma québécois

Le programme ACCENTS D’AMOUR

©Noelle Rizk Garnier

Par Barbara Laurenstin

C’était le samedi le 27 février, la dernière journée des Rendez-vous du cinéma québécois, qu’avait lieu la présentation du programme ACCENTS D’AMOUR. Les courts-métrages Dead Flies, Dr. Lov, Jasmin et Macarons et En couleurs y étaient présentés à la salle Fernand-Séguin de la Cinémathèque québécoise.

Dans le court-métrage/documentaire Dead Flies de Jean-Marc Roy, nous faisons la rencontre du charmant Néo-brunswickois Timothée Valentin Jésus Richard, qui a un don et une passion pour la transformation des motos et je devrais dire, des mots! Vraiment charmant l’accent acadien.

Ian-Mathieu Ouellet nous présentait Dr. Lov. Après une rupture amoureuse, le personnage de Juliette consulte un psychologue qui s’avère le père de son amie Fani qui elle, n’en a que pour son chien et n’entretient pas une bonne relation avec son père. Le public semblait apprécier les chiens qui parlent dans ce film.

Le film de Martine Roquebrune, Jasmin et Macarons, raconte l’histoire d’une femme qui invite ses deux amies pour un afternoon tea parfait, mais qui tourne au vinaigre lorsque le thème des relations internationales révèle la nature amère de leur amitié.

Nous avons discuté avec Alexandre Richard, le producteur, réalisateur et coscénariste du court-métrage En Couleurs. Un film inspirant, dédié à sa mère décédée, qui traite du bonheur qui se fait plus rare à l’âge adulte qu’à l’enfance. Il y avait une belle leçon de vie à retenir qui a été bien véhiculée : ce sont les moments gris de la vie qui nous permettent d’apprécier le bonheur dans toutes ses couleurs. Afin d’imager la thématique, les scènes du film passaient du noir et blanc pour les moments sombres et malheureux, vers la couleur lorsque le personnage vivait un moment de bonheur.

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Le rôle principal est incarné par le comédien Maxime Tremblay que l’on a pu voir dans C.R.A.Z.Y, Providence et les publicités Rogers. On retrouve également d’autres visages connus du paysage télévisuel : Élizabeth Dupperé (Comment survivre au week-end) et Martine Francke (La cicatrice, La dernière fugue, Trauma).

La campagne de socio financement

Nous savons tous que la réalisation de films est dispendieuse et que les subventions ne sont pas toujours disponibles pour les jeunes créateurs. Pour le financement de la réalisation de son film, afin de ne faire  aucun compromis pour garder l’essence du film, l’auteur a eu recours à une campagne de socio financement Indiegogo et a été en mesure de récolter plus de la moitié des coûts de production. Le reste du budget a été autofinancé. Ce n’est pas rien. And the rest is history comme on dit!

L’inspiration : « On peut être joyeux par moments, mais c’est impossible d’être toujours joyeux » – Danielle Grondin

J’avais envie d’écrire quelque chose de léger qui parle du bonheur. La phrase de ma mère m’est venue à l’esprit, et nous avons commencé à écrire à partir de ça pour la thématique. C’est en prenant cette idée, qu’il faut passer pas le bitter pour mieux apprécier le sweet quand il se présente. Il ne faut pas s’acharner sur la douleur. Quand on vit quelque chose de gris, c’est pour nous ramener à la couleur.

La distribution des comédiens 

« Dès que je les ai approchés avec mon scénario, ils ont embarqué tout de suite dans le projet. Ils ont aimé ce que j’ai fait dans le passé. Et Maxime Tremblay, il est cool! Il n’était pas tant habitué de se faire approcher pour ce genre de projet, donc il avait bien apprécié.»

12788528_10156515826135333_156863366_o©Noelle Rizk Garnier

Qui sont les membres de l’équipe de production?

« Guillaume Falardeau fait le montage de tous mes films depuis le début de ma carrière et il est réalisateur aussi dans ma compagnie Cinearcale. C’est un bon partenaire avec qui je travaille souvent. Jerome Hof est un directeur photo avec qui je travaille souvent aussi. Le coscénariste, Samuël L. Härtl, est un auteur. Il écrit habituellement des romans, et je l’ai poussé à écrire des scénarios et j’écris avec lui un projet de télésérie à suivre. »

D’où vient ta passion pour l’écriture et la création de films?

J’aime raconter des histoires et j’ai beaucoup d’imagination. Depuis que je suis en 3e année du primaire que je veux faire des films. Je voulais être acteur, je voulais être comme Leonardo DiCaprio (soit dit en passant, il a ENFIN remporté son premier Oscar pour sa prestation dans The Revenant. Yé Leo!). Il était tellement convaincant dans ses rôles; j’en étais émerveillé.  Ma mère était une cinéphile; elle nous amenait au cinéma toutes les fins de semaine. D’ailleurs, c’est pour ça que le projet est aussi important pour moi.  En début de carrière, je me suis dit qu’il serait préférable de me concentrer sur être acteur/comédien ou être réalisateur. J’ai choisi de commencer comme réalisateur. Je veux pouvoir dire que je maîtrise la réalisation avant de devenir comédien. Quoique peut-être que je ne serai jamais satisfait!

12776831_10156515825815333_1897579402_o©Eric Brisson

Pourquoi la musique est un aspect important dans le film?

« J’ai été très inspiré par le réalisateur chinois Wong Kar-wai (In the mood for love, 2046). Dans son approche, il y avait souvent de la musique, et c’était la première fois que je faisais faire composer la musique avec un groupe de musiciens en studio. La musique est une pièce forte de mon court-métrage. »  La création musicale a été réalisée par Karine Betournay.

12789957_10156515826075333_980372547_o©Charles Bélisle

Comment décris-tu ton style artistique?

« Peu importe ce que je fais, j’aime toucher à tous les sujets. Je n’aime pas avoir un créneau précis (comédie, drame, etc.). J’aime beaucoup quand c’est bien écrit, réaliste, bien ancré dans une réalité que je croirais. Comme par exemple, si je fais un film de science-fiction, j’aimerais faire un film comme Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Du soleil plein la tête). C’est important que mon projet parle de lui-même plutôt que ce soit moi qui en parle. Je ne veux pas que ma vision soit imposée sur le projet et je n’ai pas envie que tous mes projets se ressemblent. »

En plus des RVCQ, En couleurs  a été présenté au Festival international de films Fantasia et au Festival de cinéma de la ville de Québec. Il a été acheté par TV5-Unis et au Japon. Il sera disponible en ligne sous peu.

En tout cas, nous avons du talent au Québec. Surveillez les traces de ce jeune créateur par le biais de sa compagnie de production Cinearcle. Il travaille présentement à l’écriture d’un autre court-métrage, un long-métrage et une télésérie.

Félicitations à tous les créateurs et bon succès!

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