La chronique littéraire : Le stress d’une vie

Une vedette internationale de la médecine… basée à Montréal

© www.renaud-bray.com/www.editionsmultimondes.com (Julie Artacho)

Par : Johanne Mathieu

« Maudit stress! » Cette expression, on la répète souvent lorsque la tension monte de quelques crans! Dans Le stress d’une vie (Éditions Multimondes), l’auteur, journaliste et chercheur en communication Mathieu-Robert Sauvé nous propose d’en apprendre davantage sur les origines du stress et sur son découvreur, vedette internationale de la médecine : le Dr Hans Selye.

Saviez-vous que c’est à Montréal qu’a été découvert le stress? Le chercheur Hans Selye, venu d’Europe centrale, est parvenu ainsi à placer la métropole québécoise au cœur des travaux concernant ce concept. Au cours de sa prolifique carrière, le scientifique a fondé l’Institut de médecine et de chirurgie expérimentale de Montréal, a signé près de 1700 textes savants et a rédigé pas moins de 39 livres. Malgré le succès et la fortune, le prix Nobel lui a toujours échappé… Mathieu-Robert Sauvé met ici en lumière les tribulations de ce génie hors norme.

Quand un journaliste scientifique tombe sur un personnage comme Hans Selye,
il découvre le scoop de l’année. Malheureusement, dans mon cas,
j’avais 60 ans de retard. 

© www.ledevoir.com

Dans ce livre qui n’est pas tout à fait une biographie, ni un reportage, ni un essai à saveur journalistique, on découvre entre autres que les personnalités de ses deux parents auront une grande importance dans la vie de Hans Selye, tout comme l’environnement stimulant dans lequel il est très tôt plongé. Et dès son plus jeune âge, il y aura toujours « la motivation de l’homme qui ne se laisse pas abattre », ce qui l’aidera probablement dans sa course effrénée aux honneurs, la course au Nobel… en vain. Malgré tout, Selye est un grand homme de sciences, un bourreau de travail qui le restera jusqu’à la fin. Le stress d’une vie parle des années de gloire du chercheur, mais aussi quelque peu de son déclin, vers la fin de sa carrière. L’auteur nous dévoile d’autre part l’homme cultivé derrière la science, lui qui s’intéressait aux arts visuels, à la musique et à la littérature, de même que certains détails insolites, comme cette habitude de ponctuer ses journées de travail en sonnant le gong ou le stratagème mis au point pour se débarrasser d’un visiteur encombrant… On en connaîtra également plus sur les femmes qui ont fait partie de sa vie. Quant à Mathieu-Robert Sauvé, celui-ci a eu la bonne idée d’étoffer son ouvrage d’extraits d’un film biographique imaginaire sur le scientifique, ce qui ne manque pas d’enrichir le propos et de rendre notre découverte du personnage plus captivante.

Peu importe qui est l’homme, les événements qui l’ont marqué, sa motivation à toute épreuve, les rencontres qui ont parsemé son existence, les réussites comme les défaites ont façonné le parcours singulier et passionnant du chercheur, et son œuvre mérite assurément d’être mieux connue. L’auteur mentionne dans l’ouvrage : « Quand un journaliste scientifique tombe sur un personnage comme Hans Selye, il découvre le scoop de l’année. Malheureusement, dans mon cas, j’avais 60 ans de retard. » Mieux vaut tard que jamais, monsieur Sauvé. Une lecture à ajouter à votre liste.

Le stress d’une vie de Mathieu-Robert Sauvé (2021), Éditions Multimondes, Montréal, 270 pages.

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