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La chronique littéraire : Le sanatorium

Une affaire personnelle

Livre Le Sanatorium
© www.renaud-bray.com

Par : Johanne Mathieu

Dans cette nouvelle chronique littéraire, on parle du premier roman de l’auteure Sarah Pearse, Le sanatorium, paru chez les Éditions Michel Lafon. Un livre traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Éric Betsch.

Elin, un lieutenant des services de police d’Angleterre, qui est en congé prolongé, accepte l’invitation de son frère Isaac à venir célébrer ses fiançailles avec Laure, une amie d’enfance.  L’événement doit avoir lieu dans un ancien sanatorium transformé en hôtel de luxe, Le Sommet. Soudain, Laure disparaît mystérieusement, puis un corps mutilé est retrouvé, et un autre. Qui est responsable de ces crimes? Pour couronner le tout, une tempête s’abat sur la région, augmentant les risques d’avalanche et coupant l’établissement du reste du monde. L’hôtel doit être évacué, mais certains n’auront pas le temps de quitter les lieux. Les occupants qui restent seront ainsi livrés à eux-mêmes, piégés dans un huis clos qui s’annonce terrifiant, puisqu’un meurtrier rôde. Elin n’aura d’autre choix que de reprendre du service.

Cet hôtel a quelque chose de bizarre, quelque chose de flippant.

D’ores et déjà, avec un titre des plus inquiétants et une pochette de livre aux tons glacés et glaçants, Sarah Pearse laisse présager au lecteur une ambiance sinistre dès qu’il aura tourné la première page. Cette brique de 400 pages, très bien écrite, est divisée en de courts chapitres qui donnent un bon rythme au roman. L’intrigue tourne en grande partie autour du passé. Malgré une rénovation lui donnant un aspect moderne, le passé de l’hôtel est perceptible en ces lieux. L’endroit renferme bien des secrets, des vérités macabres. Les propriétaires de l’établissement ont voulu écrire une nouvelle histoire, mais l’histoire ne s’efface pas aussi facilement… En ce qui concerne Elin, elle est là dans un but précis : découvrir ce qui est réellement arrivé à Sam, son petit frère décédé tragiquement alors qu’elle et Isaac étaient enfants. Elle souhaite confronter celui-ci à ce sujet et trouver par la même occasion le moyen de laisser le passé derrière elle. Elle n’oublie pas cet objectif, alors qu’elle se retrouve à être la seule personne susceptible de résoudre cette affaire de crimes qui prend de plus en plus d’ampleur. Mais le temps presse, et Elin doit agir vite. Elle finit par en faire une affaire personnelle.

Sarah Pearse autrice de Le Sanatorium
© babelio.com

Dans ce roman, l’auteure ne dresse pas un portrait lisse et sans faille de son personnage central féminin. C’est une femme solitaire et introvertie. L’enquêtrice est plutôt tourmentée, sujette à des crises de panique, et doute sans cesse d’elle-même et de ses capacités. Mais au fur et à mesure des événements qui s’enchaînent, elle retrouve peu à peu son aplomb pour faire éclater la vérité sur les crimes commis. Quant à l’auteure elle-même, si celle-ci parsème abondamment les indices, elle ne permet pas de prévoir entièrement le déroulement de cette histoire. Elle fait bifurquer la direction de cette intrigue à maintes reprises. Sarah Pearse signe ici un thriller tenant, maintenant une tension constante, captivante. Ce roman laissera le lecteur béat, quant à son issue finale. (Le sanatorium, de Sarah Pearse (2021), Éditions Michel Lafon, 400 pages)

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En bref…

© Jimmi Francoeur/RuGicomm

Littérature et cinéma vont de pair ici, car Go Films, une filiale de Sphère Média, annonce le début du tournage et la distribution du film Le plongeur. L’œuvre cinématographique sera réalisée par Francis Leclerc, scénarisée par Eric K. Boulianne et Francis Leclerc, et produite par Marie-Claude PoulinLe plongeur est une adaptation du roman éponyme de Stéphane Larue, paru chez les Éditions Le Quartanier en 2016 et qui a remporté le prix des libraires et le prix Senghor. Quant au tournage lui-même, celui-ci s’amorcera à Montréal le jour de la Saint-Valentin, le 14 février, et se poursuivra jusqu’au 31 mars. Deux autres jours de tournage sont prévus, les 24 et 25 mai prochains.

Le long métrage mettra en vedette Henri Picard, dans le rôle principal. Le comédien sera entouré d’une considérable distribution : Charles-Aubey Houde, Joan Hart, Maxime De Cotret, Fayolle Jean Jr, Robin L’Houmeau, Marie-Ève Beauregard, Zachary Evrard, Gabrielle Côté, Jade Charbonneau, Guillaume Laurin, Anthony Therrien, Julien Leclerc, Stephan Allard, Justin Leyrolles-Bouchard, Luka Limoges, Emmanuel Schwartz, Éric K. Boulianne et Madani Tall.

Le plongeur raconte l’histoire de Stéphane, 19 ans, fan de métal, étudiant en graphisme qui rêve de devenir illustrateur. Mais depuis des mois, il est accro aux jeux. Endetté, sans appartement et évitant ses amis à qui il doit de l’argent, il trouve un emploi de plongeur afin de s’en sortir. Il découvre ainsi la vie survoltée d’un restaurant à l’approche des fêtes et sa galerie de personnages.

Le film prendra l’affiche au Québec en 2023.

 

 

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