La chronique littéraire : la rentrée littéraire (partie 2) chez Druide et Boréal

Bien des nouveautés intéressantes pour les lecteurs

© editionsdruide.com/editionsboreal.qc.ca

Par : Johanne Mathieu

À quoi ressemblera la rentrée littéraire chez Druide et Boréal? Elle réserve bien des nouveautés qui intéressera à coup sûr les lecteurs, avec notamment un recueil de nouvelles d’Hugues Corriveau, une biographie sur Anne Hébert, un roman dessiné par Dany Laferrière et… un défi de Sonia Sarfati lancé à 15 auteurs!

Chez Druide

Selon la maison d’édition, le livre « événement » de la rentrée automnale est Tuer la une, un collectif sous la direction de Sonia Sarfati. Déjà, seulement le titre pique la curiosité du lecteur. Ils écrivent les manchettes, les lisent et les mettent en onde. Ils sont treize reporteurs, un caricaturiste et son complice : Marc Cassivi, Pierre Cayouette, Serge Chapleau et Yvon Landry, Marie Charrel, Luc Chartrand, Michel Jean, Catherine Lafrance, Robert Lamarche, Claudia Larochelle, François-Guillaume Lorrain, Isabelle Massé, Florence Meney, Hugo Meunier et Michèle Ouimet. Ils prennent ici la plume parce qu’ils se sont faits lancer un défi par Sonia Sarfati : livrer une nouvelle ayant le journalisme comme toile de fond et dans laquelle on « tue la une ». Tuer la une est une expression désignant le fait de changer les grands titres d’un journal à la dernière minute, sous le coup d’une nouvelle majeure. Les crimes iront du photographe de presse assassiné, au match de soccer truqué, en passant par une épidémie de dérapages politiques à une infiltration qui tourne mal. Vous croyez bien connaître la profession de journaliste? Grâce à Sonia Sarfati et aux 15 auteurs participant à Tuer la une, vous découvrirez le journalisme comme vous ne l’avez jamais vu… Le livre est paru le 11 septembre 2019.

Paru également le 11 septembre, Druide présente la dernière œuvre de Pierre ChagnonRéparer Philomène. Marqué par ses plus beaux étés, ceux de son enfance passés chez ses grands-parents en Beauce, l’auteur livre ici un roman touchant, soit l’histoire d’un petit garçon qui grandit en Beauce, près de la route du Président-Kennedy, né d’une mère triste et d’un père qui fait revivre les carcasses mortes. Ses journées se passent à nourrir un chien perdu et à prendre soin de Philomène, une sœur d’adoption qui n’est pas comme les autres, qu’il aimera au-delà du malheur. Alors qu’il est laissé à lui-même parmi les carcasses de voitures abandonnées et qu’il est bercé par la rumeur d’une famille sur le point d’éclater, prendra-t-il la route à son tour afin de rejoindre et d’aller à la rencontre de celle qu’il a aimée par-dessus tout?

Quant à Hugues Corriveau, celui-ci propose un recueil de nouvelles, inspiré du travail du photographe Gregory Crewdson, avec Dérives américaines. Comme il le mentionne lui-même dans son avant-propos, le travail photographique de Crewdson « se prête tout particulièrement à l’interprétation […] Devant ces photographies, nous sommes portés à nous conter des histoires ». Grâce à cette inspiration, l’auteur interprète à sa façon l’envers du rêve américain, nous faisant plonger au cœur de l’Amérique contemporaine, avec ses paradoxes et ses idéaux. Chaque nouvelle du recueil traduit une fascination pour l’humanité dans toute sa diversité et présente des personnages qui nous révèlent leur fragilité comme leur force. Des personnages qui résistent à leurs peurs et acceptent leur singularité. Le recueil est paru le 18 septembre 2019.

© editionsdruide.com/editionsboreal.qc.ca / Jean-Claude Labrecque (photo Hugues Corriveau), Martine Doyon (photo Sonia Sarfati), Louis Ducharme (photo Pierre Chagnon)

Chez Boréal

Il y aura de gros titres cet automne chez Boréal et il serait bien difficile de n’en nommer qu’un! Tout d’abord, la chroniqueuse Rima Elkouri, nous offre son premier roman avec Manam, une fresque familiale émouvante, un regard de l’intérieur sur le génocide arménien et sur l’importance de témoigner. Léa est institutrice. Tous les mois de septembre, elle brandit le dictionnaire devant ses élèves et leur dit qu’ils ont là tout ce qu’il faut pour raconter le monde. Mais le secret, le silence, n’est-ce pas une grande part de l’héritage qu’elle a reçu de sa grand-mère Téta, qui vient de mourir à 107 ans? Car il était un sujet dont celle-ci refusait de parler. Au siècle dernier, alors que sa famille habitait Manam, tous ont trouvé la mort sous les coups de l’armée turque. Comment sa grand-mère et les siens avaient-ils survécu au massacre? Ce roman sous forme de quête est à paraître le 1er octobre.

Serge Bouchard nous revient avec L’allume-cigarette de la Chrysler noire, la suite de C’était au temps des mammouths laineux et des Yeux tristes de mon camion. Qu’avons-fait du passé, de l’héritage de nos parents, des premiers peuples qui ont habité notre pays? Que faisons-nous de la nature qui nous entoure et nous nourrit? Quel sens avons-nous aujourd’hui de notre humanité? L’anthropologue aborde ces questions au plus près de lui-même et de sa vie, comme une biographie en pièces détachées. Un regard singulier sur le monde contemporain, où la marginalisation des peuples autochtones côtoie la nostalgie de l’enfance et les mystères de l’écriture. Ce nouveau recueil de textes paraîtra le 22 octobre.

Marie-Andrée Lamontagne nous arrive avec une première biographie sur Anne Hébert, Anne Hébert, vivre pour écrire. Femme discrète et auteure qui a laissé une œuvre pleine de beauté, de violence et de vérité, qui était cette femme qui est une figure majeure de la littérature québécoise et francophone? La biographe, critique et journaliste chevronnée s’est penchée sur le « mystère Anne Hébert » et n’a rien négligé afin de dresser un portrait complet sur cette grande dame. À paraître le 29 octobre.

Partir pour raconter… Michèle Ouimet a parcouru la planète, du Rwanda à l’Arabie saoudite, en passant par l’Afghanistan et l’Égypte. Elle a couvert les guerres, les révolutions et les désastres naturels. Elle offre ici le passionnant récit de sa carrière de grand reporter international, où les grandeurs et les misères de l’être humain en situation extrême sont révélées. Elle nous raconte aussi ce qui l’a poussée à partir malgré tout, pendant toutes ces années. Un récit enlevant, un parcours impressionnant. À paraître le 5 novembre.

Vient finalement le nouveau roman dessiné de Dany LaferrièreVers d’autres rives. Il s’agit d’un roman-roman entièrement dessiné à la main, même le texte. Il raconte ici le temps où il a vécu à Miami, au début des années 1990, après son premier séjour montréalais. Cette nouvelle œuvre se veut un hommage aux poètes et aux peintres d’Haïti. Ce roman graphique paraîtra le 12 novembre.

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