La chronique littéraire : La loi de la gravité

De l’autre côté du pont

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Par :  Johanne Mathieu

Avec le texte de théâtre La loi de la gravité (Éditions Septentrion, dans la Collection Hamac), Olivier Sylvestre aborde une thématique de taille, soit celle de l’expression, de l’identité des genres et de l’orientation sexuelle. Il en dresse un portrait sombre et franc, mais qui comporte tout de même sa part de lumière.

Septembre marque une rentrée scolaire ordinaire à Presque-La-Ville. C’est là que se rencontrent Dom et Fred, qui vient tout juste de déménager. Ils ont 14 ans. Ils sont beaux. Mais ils sont mal sous leur peau. Ils se font le serment de traverser vers la Ville en juin, là où l’on peut être qui l’on veut. Mais le temps sera long. Les deux adolescents entameront un combat commun contre la norme qui tue. Mais à la fin de l’année, le pont les laissera-t-il traverser?

La loi de la gravité relate l’histoire de deux adolescents qui cherchent à se définir et à trouver leur place dans le monde. « Je crois que nous sommes loin d’en avoir terminé avec l’expression et l’identité de genre, l’orientation sexuelle, la biologie humaine », indique dans la préface Sara Dion, conseillère dramaturgique au Centre des auteurs dramatique de Montréal. La question est plus actuelle que jamais, le texte d’Olivier Sylvestre en fait foi. Si le personnage de Dom s’affirme, s’affiche et s’ancre davantage dans son identité, il en est tout autrement pour Fred, qui voudrait être comme les autres, qui voudrait être du « bon côté du monde ». Quel est ce bon côté?

Un combat où la crainte du rejet, la douleur, le mal-être sont omniprésents, mais où la complicité et l’amitié laissent poindre l’espoir. L’espoir de défier cette loi de la gravité, où chacun doit « tomber » dans la bonne case, au bon endroit. L’espoir de défier la norme sans être condamné, sans devoir fuir pour s’accepter et être accepté. Le questionnement que propose Olivier Sylvestre peut s’avérer inconfortable, n’offre pas de réponses claires, mais rend le tout concret, de manière sensible, humaine et ouverte.

La loi de la gravité, d’Olivier Sylvestre (2020), Éditions Septentrion, Collection Hamac, Montréal, 114 pages.

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