Entrevue avec Matt Lang

Matt Lang: proche du coeur de son public

©Maryse Phaneuf/MatTv.ca

Par Marie Eve Archambault

De passage à Bromont dans le cadre de la tournée TD Musiparc, on fait un suivi avec le chanteur Matt Lang afin de voir les événements qui se sont passés depuis la sortie de son album.

La dernière fois qu’on s’est parlé, ton album n’était toujours pas sorti. Maintenant qu’il l’est, qu’on a pu l’écouter encore et encore. Finalement, est-ce qu’on peut dire que More est un succès?

Premièrement, c’était un moment qui était assez bizarre pour sortir un album. On l’a fait pareil parce que je trouvais que le monde avait besoin d’amour, de nouvelles choses et de nouvelle musique. Lorsqu’on a sorti l’album, on a dépassé le 2 millions de streams dès la première journée. J’ai rapidement réalisé que les gens étaient vraiment à l’écoute de ce qu’on fait et aime ce que l’on fait aussi. On a été dans les charts et most added. Ce que je lisais était seulement des bons commentaires. C’est le fun de voir que les gens aiment le country au Québec. On le voit avec tout ce que l’on fait, mais de voir tout ce qui se passe, de voir toutes les réactions à la suite de cette sortie, on est vraiment content de ça.

On voit que tu prends le temps de re-poster des stories Instagram de tes admirateurs qui écoutent ton album. Alors, c’est une preuve que ta musique les accompagne dans leur quotidien.

J’aime ça voir le monde et je regarde toujours tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux. C’est sûr qu’avec le temps, on perd un peu le fil parce qu’il y a beaucoup de messages. Et tu ne veux pas faire que cela de ta vie. Je tente de prendre le temps de répondre. Des fois, la personne ne feel pas et dit: « Hey j’écoute ta chanson et ça me fait du bien. » Toi, ça te fait de quoi parce que tu dis qu’elle t’écoute quand ça ne va pas bien et juste de répondre à une personne qui ne feel pas tant que cela, ça fait en sorte que la personne est heureuse que je lui réponde. Je suis comme un psychologue, mais pas psychologue, tu comprends? Si ça peut faire une différence, je suis content de le faire.

Tu as finalement retrouvé tes partenaires de travail, comment s’est passé les retrouvailles?

Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vus. Ça fait 4 mois qu’on ne joue pas. Honnêtement, ça fait du bien. C’est comme ma famille ces petits gars-là. On a joué à des jeux avant les shows. C’est vraiment le fun de se retrouver tout le monde ensemble et de faire des shows même si les personnes sont dans des voitures.

Quand vous vous êtes retrouvés, vous avez travaillé sur le setlist du spectacle que vous présentez présentement dans les musiparcs. Comment l’avez-vous monté?

C’est différent de ce que l’on fait habituellement. C’est un spectacle COVID. (rires) Dans les festivals d’habitude, on est dans le prélart tout le temps. Le monde bouge, boit une bière et a du fun. En musiparc, tu mélanges les festivals et les salles en même temps. C’est le fun parce que les gens nous écoutent dans leur char ou dehors. Alors, on s’est permis de monter le show de la même façon. Oui, un moment donné, ça respire un petit peu plus. On joue 3-4 chansons acoustiques avec mon guitariste. On se lance quelques jokes et on revient à la normale. Le country c’est ça. C’est simple. Lorsque tu as une chanson qui est facile à chanter, ça fait respirer la patente comme on dit. C’est sûr qu’on va faire nos chansons du premier album. Mais on ne fera pas toutes celles du deuxième album.

Mais pourquoi?

On veut garder de la viande pour la suite. On n’a pas eu de lancement d’album. On aurait vraiment aimé cela le faire. Alors, on s’est gardé trois chansons parce qu’on s’est dit qu’on allait les faire pour la première fois pendant un gros party festif avec pleins de monde et on va avoir du fun comme avec le premier. On va faire ça gros en jouant toutes ces chansons-là et plus encore. Par exemple, on ne jouera pas la chanson In the bar parce qu’on veut que la première fois qu’on va la jouer, qu’il y ait quelqu’un qui nous pète un show de violon là-dessus. Je joue un peu de violon, mais je ne suis pas rendu à dire que je vais jouer la chanson. Je commence! (rires)

Comment ça se passe ton expérience Musiparc pour le moment?

Ça va super bien sérieusement. J’aime vraiment ça. On espère ne pas être comme ça tout le temps, toute notre vie. C’est sûr que c’est différent. Moi, j’ai trouvé cela super cool, super sympathique. C’est quand même proche des gens. On peut retirer quelque chose de bien de tout cela. Pour des spectacles que nous avons faits, j’ai vu du monde qui arrivait avec des pick-ups et ils se sont ouverts des tables pour jouer au ping-pong en mettant mon album avant le show. C’est le fun! C’est un autre concept. Il y a en a qui sont sortis de leur voiture pour danser en ligne. Tu peux rester assis ou debout. C’est ton choix! Il n’y a pas de ligne directrice. Musicor a bien fait cela et ça permet de faire travailler du monde en même temps.

À ton spectacle de samedi dernier, il y a eu de la pluie. Malheureusement, Jordan Lévesque n’a pas pu présenter son spectacle. Tu l’as donc invité pendant ta partie. Pourquoi c’est important pour toi de lui offrir cette vitrine?

Je me mets à la place de Jordan qui a fait la route pour se rendre là et il regarde la pluie tombée et se dit:« Câline, je ne jouerai pas ce soir. » C’est sûr que les gens achètent le spectacle de Matt Lang. Donc le premier qui est coupé c’est lui. Le gars fait tout cela pour se faire connaître et ça n’a pas eu lieu. Je trouve ça plate. Je me suis mis à sa place, j’aurais été déçu. J’aurais aimé que le main act dit: « Viens chanter avec moi. Viens chanter tes chansons. Je vais te laisser la place.» C’est important d’aider la relève. On en a besoin. Le country, c’est ça aussi. C’est une grande famille. Ça ne me fera pas mal à moi, mais ça va l’aider. Il est super talentueux. Je ne pouvais pas regarder le gars qui me regarde en se disant: J’aurais pu jouer, mais là il mouille.

Tu figures dans le top 10 du Rising Star au Canadian Country Music Association Award. Qu’est-ce que cette nomination-là va t’apporter?

C’est un gala. On est dans la catégorie des découvertes de l’année. C’est une compétition qui va être assez féroce comme telle. Je ne vois pas cela comme une compétition. Je peux te dire que nous sommes rendus au deuxième round. Ce n’est pas nous qui a le contrôle de cela, c’est l’industrie. On est content d’être là. Qu’on gagne ou que l’on perde, ce n’est pas grave. C’est juste le fait qu’on est reconnu par cette industrie-là qui est le new country, je trouve ça le fun.

Tu commences à laisser ta trace aux États-Unis et en Europe, est-ce que ton but c’est de percer là-bas pour t’éloigner du Québec? 

Non. Jamais. Premièrement, c’est de là que je viens. Mes parents viennent du Québec, mes chums viennent du Québec. J’en ai des chums partout dans le monde, mais initialement quand j’ai commencé à faire de la musique, le monde qui m’a appuyé et la raison pour laquelle je suis où je suis présentement c’est à cause des Québécois. Je me sentirais mal de dire: « Je vais aux États-Unis, alors fuck it. » Je ne suis pas comme cela dans la vie et je dis ça humblement, mais je suis une personne très reconnaissante. Je ne serais pas capable de faire ça. Oui, je veux aller aux États-Unis et en Europe. Je veux que ce projet grandisse. Honnêtement, je ne dirai jamais aux Québécois que je ne suis pas un gars d’ici. Je ne cracherai jamais sur le Québec. Je ne suis pas comme ça. Au contraire, je veux amener le Québec avec moi. Quand je suis en Allemagne, en Angleterre ou partout au Canada, ça m’est égal. Moi, je viens d’ici. Je parle français et j’en suis fier.

Pour toutes les dates de tournée de Matt Lang, rendez-vous sur son site Internet https://mattlangmusic.com/

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