Edgar et ses fantômes reviennent hanter Montréal

Des nouvelles rencontres incroyables sur des airs classiques

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Par : Alizée Calza

Les spectateurs était nombreux le 19 octobre dernier au centre Pierre-Péladeau pour assister à la première d’Edgar et ses fantômes 2. Après le succès du premier spectacle, la foule était excitée à l’idée de revoir Edgar Fruitier et Catherine Perrin fouler les planches de la Salle Pierre Mercure de Montréal.

Après Mozart, Bach et Beethoven, Catherine et Edgar nous font rencontrer Verdi, Haydn, Tchaïkovski et Gerschwin. Tout le long de ce spectacle de 2h30, les comédiens qui ont endossé la peau de quatre des plus grands compositeurs de musique nous partagent avec émotion leurs amours, leurs drames, leurs failles et leurs victoires au son de leurs plus célèbres compositions jouées par un orchestre dirigé par le talentueux Jean-Pascal Hamelin.

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 ©Frank Desgagnés

C’est dans un magnifique décor de vieux magasin de disques que se joue l’intrigue. Alors que Catherine Perrin vient interviewer Edgar Fruitier, un orchestre surgit de la fumée pour se placer et accueillir dignement Sébastien Dhavernais qui interprète un Giuseppe Verdi au caractère intempestif et aux répliques bien formulées.

« Lire ma vie, non merci ! Je l’ai vécue, ça suffit. »

Le compositeur raconte alors sa vie au son de ses plus grands opéras. Pour mieux jouer les épisodes poignants de son existence, Myriam Leblanc et Keven Geddes, deux chanteurs d’opéra, viennent interpréter ses pièces et mimer les épisodes qui les ont inspirées.

Puis, c’est au tour du jovial Joseph Haydn d’apparaître. Interprété par Antoine Durand, le compositeur du 18e siècle ne manque pas de charmer le public avec sa joie de vivre communicatrice qui se transmet si facilement dans ses compositions.

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 ©Frank Desgagnés

Pyotr Ilyich Tchaïkovski, interprété par Jean-François Blanchard, fait ensuite une entrée remarquée pour partager sa tragique histoire. Sur le son de Casse-Noisette et Le lac des cygnes, le compositeur raconte son homosexualité impossible et sa descente aux enfers après un mariage sans amour. Si l’acteur ne montre pas tant d’émotion, sa musique se charge de tout et le public ne peut s’empêcher d’être peiné par l’histoire tragique du compositeur.

Si la première partie du spectacle reste dans la musique classique des siècles passés, la deuxième partie nous plonge dans une époque plus contemporaine avec le jazz de Georges Gershwin. Interprété par Gilbert Lachance, Gershwin est drôle et séducteur. La rencontre entre son style contemporain et les compositeurs du passé est tout simplement savoureuse.

Ce deuxième tome d’Edgar et ses fantômes se tourne vers des compositeurs plus actuels et permet donc de voir l’évolution de la musique. Si les personnages ne sont pas tous d’excellents comédiens, on peut sentir leur passion commune et on se laisse volontiers prendre au jeu. Saluons tout de même la belle performance de Catherine Perrin qui a su se montrer drôle, danser et même jouer du piano.

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 ©Frank Desgagnés

Alors que certains dialogues de la pièce semblent forcés, d’autres sont tout simplement croustillants, comme le commentaire sur la tumeur au cerveau qui a tué Gershwin certainement causée par les produits contenus dans la brillantine qu’il mettait sur ses cheveux :

« Comme quoi à trop vouloir briller, on finit par s’éteindre. »

Au final, les morceaux déjà poignants de ces quatre compositeurs prennent une autre dimension lorsqu’ils sont accompagnés des épisodes de vie qui les ont inspirés. Ils profitent également du fait qu’en plus d’avoir des voix splendides, les deux chanteurs, Myriam Leblanc et Keven Geddes, jouent les scénettes avec passion en nous plongeant au cœur de l’émotion.

Edgar et ses fantômes 2 est tout simplement le meilleur cours d’histoire de la musique qui puisse exister et une façon passionnante de découvrir les œuvres des plus grands compositeurs du monde classique.

 

Texte révisé par : Marie-France Boisvert

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