Dans les Katacombes avec Mononc’ Serge

Trois lancements plutôt qu’un

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©Myriam Francoeur

Par Marie-Hélène Amyot

C’est en début de semaine aux Katacombes que Mononc’ Serge a lancé son dernier album sobrement intitulé Mononc’ Serge 2015. Retour sur un 5 à 7 sous le signe de la conscience sociale et de la bonne musique en compagnie de cet artiste qui jadis, a étudié en philosophie et en histoire, et que l’on connait  comme étant un homme qui n’a pas la langue dans sa poche.

À mon arrivée, Mononc’ Serge rencontrait ses admirateurs, échangeait quelques mots avec eux et les remerciait de leur présence, et ce, à quelques minutes de monter sur scène pour présenter quelques pièces de son nouvel album. Il a débuté avec Coupe Couillard, dans laquelle nous ne retrouvons pas de solo vu les coupes dudit gouvernement provincial. Serge Robert ne manque pas d’humour, ni de mordant. « Il faut trouver soit une façon comique ou, des fois, juste un peu percutante de le dire. Ça, ça demande du travail. » C’est effectivement ce que l’on a pu constater en écoutant les paroles de Charlie Hebdo. Encore une fois, cette chanson confirme que le chanteur est aux faits de l’actualité et qu’il n’a pas peur d’aborder les sujets qui lui tiennent à cœur.

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D’ailleurs, s’il avait eu à écrire une chanson dans les derniers jours, elle aurait porté sur la libération d’Omar Khadr. « Je parlerais de Stephen Harper sous l’angle d’Omar Khadr. C’est un des cas où c’est assez flagrant que ce gouvernement-là est idéologique. Cette espèce de droite théorique qui a décidé de prendre cet homme-là comme un symbole du terrorisme alors qu’il avait 14-15 ans quand les événements qui lui sont reprochés sont arrivés et le Canada est le premier à se vanter, sur la scène internationale, qu’il lutte contre les enfants soldats. Quand je l’ai entendu parler devant les médias, j’ai trouvé qu’il y avait une espèce de sagesse chez cet homme-là, qui aurait pu être hargneux, en vouloir au monde entier. Et tu voyais juste quelqu’un qui était content enfin d’être libre. Évidemment, c’est juste l’opinion vague que j’aurais exprimée là-dedans. Maintenant, entre ça et faire une chanson, il y a un gros fossé. Il faut trouver une façon de l’amener. »

Les admirateurs, qui apprécient sa verve et son franc-parler, lui ont offert un tonnerre d’applaudissements. Leur enthousiasme était palpable. L’artiste s’est adressé à eux avant de présenter la prochaine chanson, portant sur l’information contrôlée dans les médias. Il a partagé le fond de sa pensée sans mâcher ses mots, tel que le public le connaît et l’apprécie. D’ailleurs, ce dernier s’est fait un plaisir de participer à la performance en scandant les paroles de la chanson à répondre PCP et PKP : « PCP, dans yeule! PKP, dans l’cul! » A-t-il un filtre lorsque vient le temps de composer des chansons, quant au choix de paroles? « C’est le genre d’affaire dont on ne se rend pas nécessairement compte sur le coup. Ça m’est arrivé de dire des affaires et de me dire que j’étais allé trop loin. C’est sûr que j’aime faire des trucs d’un peu mauvais goût, un peu limite, ou même un pied de l’autre bord de la ligne par rapport à tout ce qui est bon goût, acceptable socialement. J’aime aller dans les trucs disons un peu controversés. »  Ce petit côté revendicateur de l’artiste fait qu’il se démarque des chanteurs de type bon enfant et c’est ce qui fait toute sa particularité. La soirée s’est conclue avec Stephen Harper, chanson qui décrit bien le gouvernement en place.

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Après ces quelques heures en compagnie de Mononc’ Serge et de ses propos brillants, branchés sur une réalité que trop peu acceptent de voir, difficile de ne pas porter réflexion sur la société dans laquelle on vit. Pour vous imprégner de son énergie et baigner dans son univers, sachez qu’il sera en spectacle tout au long de l’été et qu’il lancera son album pour la 3e fois demain à Trois-Rivières.

Crédit photo: ©Myriam Francoeur

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