Chronique littéraire : Tuer la poule

Si Sex and the City et Misery avaient un bébé

Tuer la poule
©En couverture : Linh Buitrong / Conception graphique : Claudia McArthur

Par : Anny Lemire

Auteure de chick lit, la Montréalaise Katia De Luca a réussi, après des années de travail, à se tailler une place parmi les grands auteurs de comédie romantique au Québec. Elle mène une vie trépidante avec en prime : plusieurs apparitions à la télé, un amoureux new-yorkais, une chronique littéraire bien à elle et une offre d’adaptation cinématographique pour son roman. Elle rayonne, elle est au top, jusqu’au jour où un gros scandale éclate. À la suite de celui-ci, et jumelé de plusieurs échecs et de mauvaises décisions, elle dégringole et se retrouve seule et fauchée. Deux ans plus tard, elle revient en force avec une idée du tonnerre : écraser et éliminer la compétition, puis s’en inspirer pour écrire un livre qui lui permettra de se repropulser au sommet.

Avant de débuter le roman de Karine Glorieux, j’avais de grosses attentes. Le synopsis m’alléchait avec sa promesse d’une auteure déchue qui planifiait de se débarrasser de ses trois plus grandes rivales littéraires en les amenant dans un chalet éloigné. Malheureusement, en cours de lecture, j’ai vite déchanté : à travers les 292 pages, une impression d’incomplétude m’a narguée. Je suis vraiment restée sur ma faim.

17342696_10155921836049115_2293202997074980700_n©Martine Doyon

Bien qu’il est essentiel d’établir avec attention son sujet et de donner une histoire crédible aux différents personnages, l’introduction du roman était longue et ponctuée de retours en arrière légèrement décousus. Je me suis questionnée quelques fois sur la pertinence de certains passages au niveau de l’impact sur la trame narrative. Il m’a donc fallu plus d’une centaine de pages avant de vraiment m’éprendre de l’ouvrage. Parce que, oui, on finit par s’y attacher pour l’humour qui s’en dégage et la plume unique de l’auteure. Celle à qui on ne s’attache pas, par contre, est le personnage de Katia De Luca. Envieuse, jalouse, excessive, elle n’a pas une personnalité typique des héros du chick lit. On se pose souvent des questions sur ses motivations et ses agissements. Toutefois, ça m’a franchement fait du bien de détester un personnage à ce point-là et ça fait changement des autres romans où les protagonistes sont presque parfaits.

J’ai également bien aimé la petite incursion dans les dessous de l’édition au Québec et aux nombreuses contraintes de celle-ci. Par contre, la raison primaire pour laquelle j’avais choisi cet ouvrage – soit le volet plus sadique du meurtre au fond des bois – m’a profondément déçue. Il n’occupe, en effet, pas autant de place qu’il devrait et est amené si tardivement dans l’histoire que le personnage n’a pas le temps de bien exécuter son plan. Un beau travail de recherche a été effectué par Karine Glorieux, mais le tout est amené de manière faible et se termine en une aventure rocambolesque et étrange. Certaines actions des filles au chalet me semblaient également un peu trop exagérées (dans le sens que je doute fort que ce soit des réactions normales dans la vie quotidienne) et manquaient de logique par moments.

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©AddictMontréal

Bref, même si ce n’était pas selon mes attentes, j’ai tout de même été surprise par le roman que j’ai bien apprécié au final. C’est une petite lecture qui se prend bien et qui remplit avec succès son rôle de divertissement.

Le roman, publié aux éditions Québec Amérique, est disponible en magasin depuis début avril.

Texte révisé par : Annie Simard

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